Je découvre le service volontaire européen en Italie

photo 2 SVE en Italie
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Cette année,  j’ai me suis inscrite en master pour pouvoir faire un Service Volontaire Européen.  En attendant la réponse, je n’avais pas de statut. Quand on me demandait ce que je faisais, j’hésitais : étudiante ? Je me sens encore étudiante, même si officiellement, je ne le suis plus pour le moment. En attente de SVE ? Et là, ça donnait un peu ça :

– De quoi?
– Service Volontaire Européen, vous savez, un programme proposé par le gouvernement européen, pour des jeunes entre 18 et 30 ans, pour aller faire une mission quelque part en Europe…
– … ?
– Un peu comme de l’humanitaire.
– Ah, vous n’êtes pas payée alors ?
– Enfin, non. Enfin, un peu. Je suis logée, nourrie, je travaille 35 heures dans une association et j’ai un peu d’argent de poche… Vous voyez ce que c’est un service civique ? Et bien là, c’est un peu la même chose, mais dans un autre pays que la France !

Alors voilà. De septembre à janvier en fait, aux yeux de la société… Je n’étais «rien».

Bon, en soi, rien de dramatique, mais quand l’attente devient un peu trop longue et qu’après des mois je n’ai toujours pas de réponse officielle, je commence un peu à me questionner sur ce que je vais bien pouvoir faire du reste de cette année entre parenthèses. Puis la réponse est arrivée. Et là, tout s’est accéléré.

Rencontrer, partager, découvrir, apprendre…

D’abord, il y a le moment où il faut ranger trois ans de vie en solitaire dans des cartons, à stocker quelque part en attendant le retour, l’après. L’après à envisager alors que le pendant est à peine à portée de main. Et puis, il faut aller vite, parce que la réponse arrive tard et qu’il ne reste que deux semaines et demie avant le jour du départ.

Sur la route, entre deux blablacar, je commence à réaliser. Je pars, oui, cette fois c’est pour de vrai. Et ça fait tout drôle, un peu comme si le rêve de l’Auberge espagnole de mes quatorze ou quinze ans prenait forme.

Arrivée en Italie, je peux dire «Buon Giorno»… et voilà. Ça s’arrête là. Alors entre le français, l’anglais et cette langue qui fait écho à mes restes d’espagnol, me voilà à débarquer dans ce lieu d’accueil, dans lequel je vais vivre, travailler pour les neufs prochains mois, entourée de personnes encore inconnues.

Et je souris. Les premiers visages ont des expressions douces et bien intentionnées. Les mots chantent, même s’ils m’échappent encore, et l’aventure commence, enfin, après plus d’un an d’attente, d’espoir, d’envie, de recherches, de désespoir, d’incertitude, d’envie, encore et malgré tout.

Nous sommes deux Françaises en SVE dans la structure (un foyer d’accueil pour personnes handicapées), et les premières SVE à être françaises ici, bien qu’ils accueillent deux volontaires chaque année depuis 10 ans. C’est là que travaillons, mais aussi que nous vivons. Je souris des yeux qui brillent en évoquant Paris, la France. Je balbutie quelques mots pour essayer d’expliquer CHARLIE à ceux qui, inquiets, me posent la question, et je découvre la France vue d’ailleurs, d’ici, du petit village italien dans lequel je me suis installée pour les 9 prochains mois.

Au bout d’un mois, la langue est devenue familière (le grana padano aussi !), les rencontres sont formidables et des liens commencent à se former. La mission est passionnante et d’une richesse inestimable, les week-ends, on part à plusieurs volontaires pour découvrir les coins sympas de l’Italie du Nord.

Et on m’a demandé de dessiner ou d’écrire le volontaire idéal selon moi, au dernier meeting mensuel entre volontaires… Alors, j’ai griffonné sur un bout de papier, à côté d’un bonhomme au sac à dos de randonneur qui tient la main à deux autres bonshommes : « Rencontrer, partager, découvrir, apprendre, échanger, se (re)trouver, avancer, profiter, voyager…» Sans oublier d’ajouter, pour ne pas oublier : « Nobody’s perfect. »

Kanelle, 22 ans, volontaire en SVE en Italie

Crédit photo Flickr CC Irene Cavaliere

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