Manifs : pourquoi je « casse »

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Je suis ce que l’on appelle un « casseur ». C’est-à-dire que, parfois, dans une manifestation tendue, je me dissimule le visage, je casse certaines vitrines et affronte les forces de l’ordre.

« Des casseurs ravagent le centre-ville »

De manière générale, je suscite la colère, la condamnation et surtout, les fantasmes de la classe politique et médiatique, pour ma tendance violente, mon anarchisme exacerbé et ma supposée haine de la démocratie et de la libre expression.

« Des casseurs ravagent le centre-ville », « Une manifestation tourne mal », divers articles de presse relatent mes méfaits envers le pauvre contribuable, qui se réveille un matin avec son commerce détruit par moi ou mes semblables.

Et toi, t’es-tu déjà demandé pourquoi j’agissais ainsi ? Qu’est-ce qui me pousse à cette violence ? Si tu ne l’as pas fait, sache que je vais quand même te raconter.

Je ne sais pas si tu t’es déjà retrouvé, par hasard ou par erreur, dans un cortège de manifestation qui tourne mal, mais sache que c’est le chaos. Échange de provocation entre les flics et nous, premiers accrochages. Et il faut savoir que nous ne sommes pas toujours les premiers à lancer les hostilités, loin de là.

Que ce soit envie de se battre ou ordre d’en haut, il arrive souvent qu’un CRS te braque ostensiblement avec un flash-ball, charge timidement, avant de se replier rapidement, histoire de tâter le terrain et de réchauffer les esprits déjà bien chauds… Bref, la tension est à son comble et n’attend qu’une étincelle pour s’embraser. Cette étincelle peut prendre bien des formes : bris de vitrine, d’abri-bus, charge de CRS, tir de lacrymo, séparation de cortège… Souvent, un savant mélanges de tous ces éléments.

Encerclé, dans un brouillard de fumigènes

Une fois que la machine est lancée, elle est très difficile à arrêter. Imagine des courses effrénées accompagnées de grands cris : « Ils arrivent par la droite», « Ils ont des flash-ball », « Ils ont chopé quelqu’un ». Et entre deux nuages de lacrymo, tu peux apercevoir des gens se faire tabasser, du sang par terre, des gens en train d’arracher des pavés pour s’en servir de projectiles.

A ce moment, deux possibilités : sois tu es là par hasard, et ta réaction est totalement imprévisible. Tu ne peux pas t’en aller, puisque l’on est totalement encerclé, dans un brouillard de lacrymo et de fumigènes. Il est difficile de se cacher, puisque les manifs se déroulent sur de grands boulevards ouverts. Bon courage pour te rendre, puisque dans ce genre de moment, les flics ont tendance à taper d’abord et penser après. Dans tous les cas, je te souhaite bon courage pour ne pas passer pour un casseur.

Mais tu es peut-être là en sachant ce qui peut se passer. Comme je l’ai déjà dit, c’est mon cas.

Bon pour un procès

Là, c’est parti, je me masque pour ne pas me faire filmer par les flics, je ramasse quelques pierres. Je cherche des banques, des compagnies d’assurances. J’en trouve une, je casse la vitrine. Le sentiment d’agir enfin contre ces représentants de l’ordre établi que je hais de tout mon être, même si c’est symbolique, même si personne ne m’entend. Et je sais que quelques-uns m’entendront malgré tout. Ici, je vois un camarade se faire chopper par les CRS qui se mettent à le frapper derrière leurs lignes, là, c’est un type qui est poursuivi par un agent de la BAC. Je peux encore l’aider celui-là. Je jette un pavé sur le flic, puis je cours vers lui pour le bousculer, il tombe, je me barre. Le type aussi. Petite victoire.

Si j’ai de la chance, je ne me ferai pas arrêter. Sinon, je suis bon pour un procès.

Maintenant que tu vois à peu prés comment se passe une manifestation tendue, je vais essayer de te faire comprendre mes actes.

Pas une brute anarchiste sans cervelle

Pour moi, casser une vitrine de banque, c’est symbolique. Je désigne le véritable ennemi commun, au-delà de tel ministre ou de tel maire responsable d’une loi ou d’un arrêté municipal, c’est à dire le capitalisme que la banque représente parfaitement. Et je ne casse pas d’autres vitrines. Ni celles de commerces, ni celles d’associations ou autres. Et je peux te promettre que mes camarades font la même chose. Comment se fait-il qu’elles soient tout de même cassées me diras-tu ? Il s’agit parfois d’accidents, parfois de gens qui profitent de ce genre de moment pour se défouler sans réfléchir, et bien souvent, de policiers en civil qui veulent nous faire passer pour des dangers publics, et étouffer notre message. Parce que c’est plus simple de dire « ils ont tout cassé » plutôt que « ils ont cassé des vitrines de banques ». Tu n’y crois pas ? Je t’invite à aller chercher quelques vidéos sur internet après la prochaine manif, avant qu’elles ne soient supprimées, c’est édifiant.

Parce que finalement, mon message, ce n’est pas de te dire de venir casser avec moi, même si ça pourrait être sympa, ni d’approuver mes actes, même si ça me ferait plaisir, mais de te les faire comprendre et de les faire comprendre aux autres, pour que je n’entende plus que je suis une brute anarchiste sans cervelle.

On peut désapprouver la violence, mais se contenter de la condamner sans réfléchir, c’est aussi idiot que la commettre sans réfléchir.

Emile, 21 ans, étudiant en histoire, Toulouse

Crédit photo Charlotte Christiaën

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8 RÉACTIONS
  • Camille
    Camille 26 mars 2016

    « On peut désapprouver la violence, mais se contenter de la condamner sans réfléchir, c’est aussi idiot que la commettre sans réfléchir. »

    Oui… Mais non. Hors cas de légitime-défense, la violence est condamnable, quel que soit le contexte. Que tu ne sois « pas une brute sans cervelle », que tu aies des raisons d’agir ainsi, qu’il s’agisse d’actes symboliques, que la police se montre souvent plus violente que les manifestants… Tout cela je veux bien l’admettre.

    Mais la rébellion par la violence ne fonctionne pas. A moins que tu n’aies l’intention de monter une vraie révolution et de renverser le gouvernement par la force, ce genre d’actes ne fait qu’empirer la situation. Il donne une mauvaise image des manifestants en général et fait perdre son impact au mouvement. La contestation doit pouvoir s’exprimer en manifestant, mais il y a une différence entre investir la rue et l’envahir. Tes actes sont nuisibles à absolument tout le monde et tu auras beau tenter de les défendre, tu devrais toi-même te rendre compte que tes arguments ne tiennent pas la route.

    Tu te plains que les gens ne s’intéressent pas aux motivations des casseurs? Vu ce que je viens de lire, c’est mieux comme ça, parce que cet article se résume à « Je fais ça parce que je suis en colère. ». Fort bien, sauf que moi aussi, je suis en colère, et à croire les sondages, la majorité de la population l’est aussi. Ce n’est pas une raison pour se conduire comme un idiot. Des amis à moi se sont fait tabasser par des CRS en manif, et même si les principaux responsables sont bien sûr ces flics brutaux, les gens comme toi ne font que les rendre pires. Tu as aidé quelqu’un à se dégager alors qu’il se faisait plaquer par un flic? Félicitation! Sauf que pour chaque pavé que tu lances, tu es responsable de dix autres manifestants au sol, et vu que tu es tranquillement en train d’écrire pour ce site, j’en conclu que tu n’as jamais vraiment eu à en payer les conséquences. Tant mieux pour toi, mais dis-toi que d’autres les ont payé à ta place.

    Je dois quand même te féliciter d’avoir osé t’exprimer et partagé ton opinion. Même si je désapprouve complètement tes actes, je suis heureux d’avoir pu lire un texte comme celui-là qui n’aurait jamais été publié dans un des grands médias, et je ne peux que t’encourager à t’exprimer librement sur internet. Mais si tu t’exprimes, tu dois aussi être prêt à recevoir les réactions de ceux qui entendent ton message. En l’occurrence voilà la mienne, en tant que manifestant et libertaire :

    Toi et tes semblables êtes nocifs. Pour moi et la majorité des manifestants vous êtes l’ennemi tout autant que l’est la police. Vous pensez peut-être servir une noble cause, mais le seul effet positif de votre action est d’apaiser vos petits nerfs et votre envie de vous battre, envie que la plupart ne partagent pas. Je vous déteste et l’article que je viens de lire n’a rien arrangé à mon opinion de vous. Je ne vous demande pas d’excuses, je ne vous demande pas de payer, je ne vous demande qu’une chose : restez chez vous. Parce que les seuls personnes heureuses de vous voir en manif’ sont les CRS qui cherchent une excuse pour se lâcher.

    • Futur pour tous 26 mars 2016

      Merci d’avoir formulé cette réponse intelligemment.
      Pour ma part je pense que la véritable révolte se construit par la discussion, et, comme le disaient le comité invisible dans des extraits qui avaient été cités lors des manifs faisant suite au meurtre de Rémi Fraisse, scinder les contestataires entre pacifistes et casseurs est en soi une victoire du pouvoir, une manipulation qui élude une réalité plus complexe (les « casseurs » étant parfois aux cotés des « pacifistes », et inversement) tout en affaiblissant les perspectives d’action de ces deux ‘groupes », qui en réalité, ont vocation à n’en faire qu’un.
      A ce propos : je ne suis pas « casseur » moi-même, mais je soutiens ceux qui le ‘sont’, et je réagis à votre commentaire car, malgré sa mesure, je trouve qu’il passe à la trappe certains faits et clôt certains aspects du débat qui ne devraient pas l’être.
      « Hors cas de légitime-défense, la violence est condamnable »
      mais, à vrai dire, pourquoi associer légitime-défense et violence ? cela est à mon avis hors sujet : la violence lorsque dirigée contre des objets, des bâtiments, du mobilier urbain, est elle de la légitime-défense ?
      non, parce que ce terme implique la violence d’une personne contre une autre, du coup les casseurs ne sont pas violents puisque les objets ne sont pas violents – en ce sens les casseurs ne font que redécorer symboliquement, et cela n’a pas lieu d’être nommé violence.
      ou bien… en fait si, parce que ces objets sont violents, ils représentent la violence de personnes contre personnes, et leur persistance dans l’accord tacite généralisé de les laisser intacts est en soi une violence, une menace réelle sur nos vies. Le pouvoir, ce n’est pas seulement les matraques et les uniformes, c’est aussi tout ce qu’on nous apprend à reconnaître comme normal, inoffensif, et en fin de compte, bon pour nous.
      Cette analyse, la majorité des « casseurs » la partage, et je vous en prie, réfléchissez-y. Vous me répondrez sans doute que sans discours explicite en dehors des actes de destruction, cette pratique est caduque puisque les médias et les « responsables politiques » vont nous expliquer avec l’aisance de ceux qui réactivent les dispositions intériorisées à l’obéissance que c’est une violence aveugle et injuste.
      Mais le problème est là ; il faut parvenir à montrer en quoi ceux qui cassent font passer un message que PERSONNE D’AUTRE n’émet, il faut que tous ceux qui ne manifestent pas puissent comprendre pourquoi ils agissent ainsi. Vous verrez que beaucoup ne les condamneront pas.
      Vous qui êtes « pacifiste » et condamnez les « casseurs », qu’avez vous fait à part marcher dans la rue avec vos slogans, de toute manière eux aussi ignorés des masses, dans une répétition mesquine d’un acte « citoyen » ridiculement inoffensif et contrôlé qui lui non plus ne fait pas de « vraie révolution » ?
      Et si votre devoir était de faire en sorte que les « casseurs » ne soient plus perçus comme des individus dangereux, mais de joindre à leur défouloir une explication qui pourrait inverser la perception conditionnée par le pouvoir qu’en ont les masses ? Et si votre rôle était de propager une autre manière de comprendre la politique que celle que les institutions nous imposent ???

      Faire de la politique, ce n’est pas seulement faire ce qui est autorisé, j’espère que vous le concevez. Accepter ce qu’on nous enjoint d’accepter, c’est accepter que, puisque nous ne posons pas problème, l’on nous ignore. Et y’en a marre d’enchaîner manif sur manif pendant que rien ne change, et que nos « représentants » politiques agissent de manière totalement indépendante de la volonté de la majorité de notre population.
      Je regrette qu’on doive donner des occasions de bavure aux policiers pour se faire entendre, je regrette qu’on doive opposer une logique victimaire pour gagner en légitimité sur la scène politique.
      Mais je regretterais encore plus que nous nous contentions de ce qui ne vaudra rien de mieux qu’un paragraphe neutralisé dans 20minutes, entre deux pages de pubs, elles, en grand format. A rapport de force inégal, nous ne changerons rien en pointant du doigt ceux qui veulent la même société que nous par des moyens qui nous rebutent, au contraire, c’est oublier que le discrédit est causé par les dominants, les détenteurs du pouvoir bien réel de nous frapper et d’encadrer nos vies, et non par une poignée de trublions bien moins dangereux que les pions en uniforme.

      En espérant que de ces paroles, nous fassions quelque chose de neuf, salut !

      • Camille
        Camille 26 mars 2016

        Certes, les bâtiments attaqués sont une forme de violence symbolique et, comme je l’ai dit dans mon commentaire originel, je comprends la colère des casseurs face à cette violence sociale. Cependant, et je me répète, cela n’excuse rien.

        Les casseurs « font passer un message que PERSONNE D’AUTRE n’émet »? Quel est ce message à part « Je ne suis pas content »? Parce que si c’est tout, c’est exactement celui que font passer les milliers d’autre manifestants qui défilent. Certes, ces manifestations sont « un acte « citoyen » ridiculement inoffensif et contrôlé » qui n’a que peu d’influence sur le pouvoir (encore que…) mais je ne crois pas une seconde que quelques casseurs puissent ébranler le gouvernement là où le reste de la rue échoue.

        J’ai parlé de vraie révolution, par là j’entends véritablement une révolte armée du peuple. Ce n’est pas ce que je recherche en manifestant. La révolution n’est pour moi qu’un bref coup de boost donné à un long processus de progrès social qui se serait de toute façon accompli sans cela et sans avoir à sacrifier de nombreuses vie. Comme vous avez pu le comprendre, je ne suis pas non plus un révolutionnaire, mais je peux comprendre ceux qui le sont.

        Cependant, les casseurs occasionnent (à petite échelle) les troubles et violences d’une révolution, sans aucune avancée autre part. Vous le dîtes vous-même, il ne s’agit que d’un « défouloir ». Et c’est pour moi quelque chose d’indéfendable.

        Le peuple est victime d’une violence symbolique et physique de la part du pouvoir, ça n’a rien de nouveau, mais mon principe est de répondre à la violence par le dialogue et l’apaisement. En cela je suis à l’opposée des casseurs et ne peux donc justifier leurs actions n aucune manière. Je parlais de légitime-défense, celle-ci se justifie dans l’urgence et pour assurer sa protection. Les casseurs n’assurent la protection de personne pendant leur actes, au contraire, comme je le note, il ne font qu’augmenter le nombre de victimes.

        Je comprends l’argument comme quoi il est contre-productif de se diviser entre casseurs et militants « pacifiques » puisque nous partageons un but commun et que cela ne fait que le jeu du pouvoir. Cependant, c’est partir du principe que seul la fin importe et que tous les moyens sont bons pour l’atteindre, ce qui me paraît un point de vue très dangereux.

        Je veux du neuf, je veux du dialogue et de l’écoute de la part des puissants que nous avons mis au pouvoir. Mais pour cela, il faut que les deux camps cessent de faire empirer la situation.

        • Futur pour tous 29 mars 2016

          Cool, argumentons. Et navré de ne pas avoir été assez clair.
          à part « je ne suis pas content », il y a un élément supplémentaire que les casseurs apportent, au contraire des autres, qui est de l’ordre de « voici les responsables de nos misères, que je m’autorise à juger moi-même puisque personne d’autre ne va le faire pour moi ! ».
          Certes, ce message est grossier, et il n’a pas vocation à convaincre tout le monde. Mais il indique une direction nouvelle, à nous, générations de « l’apaisement », c’est-à-dire enfants d’une violence symbolique que nous n’arrivons plus à critiquer. Je vais me répéter, mais ce n’est pas en acceptant les moyens aliénés de la communication politique qu’on apporte un message réellement subversif. Casser des banques ne détruira ni la finance, ni l’économie capitaliste, et n’ébranlera surtout pas le gouvernement – en revanche, cela a le mérite de faire réfléchir ceux qui se complaisent dans la sécurité des slogans et des pancartes et des syndicats et partis.
          « et si nous sortions de la passivité et repensions nos modes d’action ? », est, ultimement, ce qu’il y a de plus subversif dans la pratique du cassage de symboles.
          je vais aussi me répéter, mais si cela est mal vu, c’est parce qu’on nous entraîne à mal le voir, c’est-à-dire à confondre violences physiques et dégradations d’objets ; on nous entraîne à nous mettre à la place des dominants sociaux et à nier tous les aspects insupportables de notre existence, à les assimiler à une faute individuelle, une incapacité à nous intégrer comme ces gens plein de bonnes intentions qui nous emploient et nous gouvernent.
          OR, tout le monde ne peut bénéficier de cours de sociologie (c’est regrettable, mais ce serait être crétin que d’attendre patiemment que notre ministère de l’éducation prescrive cela à grande échelle), DONC, en attendant (et ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas un travail « d’éducation populaire » à faire aussi, néanmoins sans ressources nous autres au capital culturel élevé n’irons nulle part) le message grossier me parait vraiment un moindre mal, sinon un des rares pas dans la bonne direction.
          Quant à votre vision de la révolution, elle me parait mal renseignée… pour prendre des exemples sordides, dans le cas de la française comme de la russe, on a une petite élite qui sait se donner des moyens, qui centralise son pouvoir et qui fonde un nouvel ordre bureaucratique en manipulant les masses populaires à qui l’on promet un changement et une fin de toutes les injustices (et que l’on réprime par ailleurs). Ce n’est pas « un long progrès social », c’est une partie d’un groupe social qui comprend son rôle économique au point de faire plier les autres groupes sociaux. Je ne crois pas au grand soir, par contre je constate que cette compréhension échappe quasi-totalement à tous ceux qui ne sont pas du bon côté des pouvoirs économiques et politiques, notamment parce que ceux-ci sont très habiles dans leur capacité à nous faire désirer le vide qu’ils nous proposent, auquel la majorité n’aura de toute façon jamais pleinement accès.
          Pour revenir aux casseurs, je répète qu’ils ne font pas progresser le rapport de force en soi, mais ils indiquent que d’autres attitudes sont possibles, et nous invitent à nous interroger sur la définition sociale de la violence, à une époque ou celle-ci n’a jamais été autant dissimulée.
          La fin qui prime sur les moyens, c’est effectivement le privilège du pouvoir, mais pour l’en accuser d’une manière qui ne reste pas lettre morte, qui ? et comment ?
          à bas les camps, et dialoguons, certes, mais comme disait l’autre « c’est reculer que d’être stationnaire, on le devient, de trop philosopher » !

  • Philippe 23 avril 2016

    donc, je n’aime pas cette société, je la casse. Mais je suis bien content de la trouver pour me soigner ….. par exemple

  • Philippe 23 avril 2016

    donc, je n’aime pas cette société, je la casse. Mais je suis bien content de la trouver pour me soigner ….. par exemple
    Je n’aime pas les religieux, je peux donc les cogner ? ou à tout le moins mettre le feu aux mosquées, églises ou synagogues ?

  • Post-it 26 avril 2016

    @Philippe, je pense que tu as besoin de relire le texte et/ou le déroulement du débat entamé car il n’est pas question de religion et de dégradation de lieu de culte. Les manifestations contre la loi travail ne présentent pas d’agressivité anti ou pro religion. Il est question de symbols forts (banque, assurance, pôle emploi, commissariat…) en réponse à la précarité et des violences policières excessives subie par une grande partie de jeunes et moins jeunes et notamment dans l’actualité 2016 durant laquelle obtenir un salaire, le gardé et le valorisé semble un véritable cul de sac. Le dégout général et l’angoisse face à une possible réussite sociale et financière semble au plus bas et cette colère s’exprime de différentes façons – dont la casse matérielle – auprès d’un grand nombre de concernés dont les jeunes (18-30 ans) et les lycéens futurs candidats au marché de l’emploi. Si vous n’êtes pas capable de vous rendre compte que faire des études, avoir un boulot (intérim, CDD « renouvelable »,restauration et extras…) et qui plus-est sans piston est réellement un suicide social et un risque de maladies graves liées au stress, de séparations avec la famille d’abord puis le-la conjoint-e et qu’en dehors du taff il n’y a pas beaucoup de temps pour occuper sa vie en diverses compagnies et de diverses occupations on est vraiment loin d’avoir l’opportunité rêvée de voir ce monde Boulimique-Capitaliste-Consommable-Individualiste-Egocentrique-Misérable évoluer positivement pour les prochaines décennies ! Mais c’est mon avis et je laisse qui veut avoir le sien en invitant chacun à se questionner, se renseigner, se rencontrer et pourquoi pas se justifier !

RÉAGIS