« Nuit Debout m’a redonné espoir en l’humanité »

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M’éloignant de la campagne aux alentours de Montauban, je pars pour Paris. Direction Nuit Debout dès mon arrivée à Austerlitz. Depuis que ce mouvement bruyant dans les médias est arrivé jusqu’à mes oreilles, je ne peux m’empêcher de fantasmer dessus. Dimanche soir, place de la République, je monte les escaliers qui me séparent de ces centaines de jeunes qui luttent pour le changement.

Je n’en reviens pas, je regarde et j’apprends

C’est incroyable. Sous mes yeux encore fatigués du voyage, je vois se dessiner un village. À ma droite, des stands pour les problèmes juridiques, un autre pour la Commission France-Afrique, un Hôpital Debout, une Cantine Debout… Au devant, le forum : une estrade improvisée sur laquelle s’élèvent des voix.

Je n’en reviens pas, je regarde et j’apprends. Moi qui ne connaissais ce mouvement que de nom, par les médias, voilà que j’y suis, que j’en fais partie.

Je me retrouve au beau milieu d’un mouvement actif, plein de dynamisme, où s’entrecroisent étudiants en politique ou en sociologie, graphistes, intermittents, professeurs, ouvriers. Tous prennent la parole pour porter leurs idées, leurs notions de la démocratie, du système, de la société.

Étant dans le graphisme et les arts appliqués depuis (déjà) 8 ans, la politique n’a jamais réellement résonné dans mon esprit. Jusqu’à cette année. Je ne sais toujours pas si c’est moi qui ai grandi ou si ce sont les jeunes qui se mobilisent de plus en plus pour changer les choses, mais j’aime ce vent de changement, cette tempête qui se prépare lentement pour (re)prendre nos droits de citoyens.

Nuit Debout : une lueur d’espoir

Alors voilà, moi, Anthéa, graphiste, 22 ans, je me libère place de la République, je vis une politique qui n’a jamais voulu de moi, je comprends les rouages de la société, je lis le journal (mais pas n’importe lequel), je me forge un esprit critique.

Si je devais définir ce qu’est Nuit Debout je dirais : l’occasion pour tout un chacun de se forger son raisonnement, ses propres idées politiques, de parler librement de notre vie, de nos problèmes, de ce qu’on voudrait voir changer.

C’est aussi une manière d’écouter réellement, loin des débats frauduleux de la télévision et des médias de masse. À Nuit Debout s’ouvre une porte vers une écoute attentive, la découverte des autres, des politiques possibles, des idées et idéaux.

Nuit Debout rejoint tout ce que j’espérais de la démocratie : un endroit où écouter, parler et se mélanger, forger des esprit libres et des lendemains meilleurs.

Je suis utopique pour les uns, naïve pour les autres, crédule encore, mais je ne peux m’empêcher de voir dans Nuit Debout une lueur d’espoir. Un lieu où je me sens citoyenne, française, européenne, citoyenne du monde, où convergent des idées, où demain est écrit petit à petit et où personne n’est laissé de côté.

Juste être, se revendiquer comme être

C’est déjà un changement de se sentir bien dans un endroit, dans un village au cœur de Paname. Avant Nuit Debout, j’étais juste dans l’obscurité : les médias appartiennent à une poignée de gens fortunés, la planète meurt, nous ne sommes que profit.

Je travaillerai sûrement jusqu’à ma mort, mon ordinateur Mac a été fait par des Chinois, l’injustice dans le monde est énorme, le gouffre générationnel se creuse, la politique est une télé-réalité de masse médiatique.

Alors aujourd’hui, je sonne peut-être comme une cloche mais je le dis : Nuit Debout m’a redonné espoir en l’humanité, ça m’a redonné la foi de croire en ce que je pense.

Nuit Debout, c’est une forme d’optimisme qui ne demande qu’à gagner les esprits. Nuit Debout c’est être, juste être, et se revendiquer comme être.

 

Anthéa, 22 ans, étudiante en graphisme

NB : Ce texte a été initialement publié sur Gazette Debout

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