On a encore raison de militer

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Quand j’étais lycéenne, je posais toujours un regard désabusé sur les grévistes, surtout sur mes camarades lycéens qui manifestaient parce que le proviseur avait par exemple décidé de durcir les règles sur le code vestimentaire. Arrivée à l’université, les grévistes me tapaient sur le système. Venant de l’île de la Réunion, je n’avais pas décidé de vivre à 10000 kilomètres de ma famille pour regarder des étudiants bloquer des amphis. Évidemment je respectais ceux qui se mobilisaient pour défendre leurs idées et leurs droits. D’autant plus qu’ils se battaient pour des choses qui me concernaient. Mais je ne me mobilisais jamais. Seulement voilà…

J’accompagne des personnes victimes de discriminations et de racisme

L’année dernière, après un second échec en master 1, j’ai tenté le service civique. J’ai postulé dans plusieurs associations et j’ai été prise à SOS Racisme. Je trouve l’idée du service civique vraiment intéressante et évidemment j’adhère aux valeurs de SOS Racisme. Je suis donc la fille qui fait : « SOS Racisme, bonjour! ». J’accueille et j’accompagne dans leurs démarches toutes les personnes victimes de discriminations et de racisme.

Et tous les jours je me demande si je n’aurais pas préféré rester ignorante des horreurs que peuvent se dire les gens et de ce que subissent certaines personnes, juste parce que leur nom de famille ou leur couleur de peau ne plaît pas… Bien sûr, je savais que le racisme existait. Mais je me suis sentie démoralisée face à l’ampleur du phénomène. Est-il  possible de traiter ainsi les êtres humains ?

De bonnes raisons de lutter pour l’égalité des droits

Passé le choc, je m’implique aujourd’hui de plus en plus dans les activités de l’association. Je participe à des interventions scolaires pour sensibiliser les collégiens au racisme et à la discrimination, je distribue des tracts dans la rue pour un concert contre le racisme, je représente l’association dans les procès que certaines personnes ont le courage d’intenter contre une entreprise qui pratique la discrimination raciale à l’embauche, je participe à des flashmobs pour lutter pour l’égalité des droits… bref, je milite !

Quand on met à ta disposition les moyens et les outils pour le faire, ça devient facile et même évident. Et tous les jours, quelqu’un me dit « merci ». De l’écouter, de comprendre sa détresse, de s’engager pour lui. Aujourd’hui je suis engagée dans deux associations et après chacune de mes indignations (et je m’indigne souvent), je me demande ce que je peux faire à mon niveau pour aider et porter la parole de ceux qui ne peuvent pas parler ou qui n’osent pas tout simplement.

Quand « je » deviens un « nous »

Je suis peut-être naïve et utopiste mais je veux croire que je peux changer le monde ! Après tout c’est le privilège de la jeunesse de croire que tout est possible. Dernièrement un ami me faisait très justement remarquer que je disais « nous » quand je parlais de mon boulot. Oui, à SOS Racisme, NOUS luttons contre toute forme de racisme et de discriminations. Et je suis ravie de participer à la lutte.

Emilie, 26 ans, Grenoble

Crédit photo Flickr CC empanada

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