Service civique : une expérience formidable qui devrait être mieux considérée

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Avant de me tourner vers le service civique, j’étais commerciale, où je me débrouillais pas trop mal. J’avais suivi durant toute ma scolarité une formation commerciale, mon père était commercial, alors imaginez ce que cela représentait pour moi, une fierté que de réussir dans ce domaine. Mais suite à des évènements familiaux difficiles, mon petit frère s’est petit à petit déscolarisé et est venu vivre chez moi. Dès lors je m’y suis consacré pleinement. Et nous avons fait LA rencontre qui a influencé nos vies. Un homme nous a réellement tendu la main, s’est réellement impliqué pour le bien-être de mon frère, ce qui lui a permis de lui redonner espoir et de nouvelles possibilités.

L’envie de tendre la main…

C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience de l’importance que cet homme a eu pour nous. J’ai pris conscience que moi aussi j’avais envie de tendre la main, comme lui de donner de ma personne. Et ne plus travailler en mettant mes compétences dans le seul but de vendre un produit (à des gens qui parfois n’en avait pas réellement le besoin), pour faire du profit, pour une question d’argent.

Ce que j’ai vu dans le Service Civique, c’est d’abord l’idée d’être engagée dans une association, pendant neuf mois, l’expérience unique que les jeunes de moins de 26 ans ne peuvent réaliser qu’une seule fois dans leur vie. Le concept m’a attiré et j’ai ressenti que c’était ça que je voulais faire.

… et de s’engager sur des actions concrètes

Ce qui m’a plu en choisissant l’AFEV c’est de lutter contre les inégalités pour les enfants des quartiers populaires. J’ai une opinion bien personnelle sur la politique. Je ne peux prétendre qu’il n’y a plus de démocratie, mais je rejoins Coluche, sur le fait que, par exemple, « si voter changeait quelque chose, ça ferait bien longtemps que ça serait interdit ». J’ai cette sensation que les choses sont contrôlées par les puissances mondiales et nous laisse croire que nous avons notre mot à dire. Mais ce n’est que mon point de vue personnel !

Ce qui m’intéresse dans l’engagement c’est de mener des actions concrètes. C’est, pour moi, créer une ouverture d’esprit, créer du lien entre un enfant d’un quartier populaire et un étudiant. C’est le don de soi pour un enfant qui vit dans un contexte compliqué, c’est lui permettre d’être considéré et de l’ouvrir sur de nouvelles choses. Cet enfant deviendra peut être bénévole à son tour, et chaque goutte d’eau permet de former un lac, mieux, un océan ! C’est très concret et j’adore !

Des anecdotes en récompenses

A titre personnel, ce service civique m’a énormément apporté. J’ai eu la chance d’intégrer une formidable équipe à Perpignan. Je n’avais jamais vraiment travaillé en équipe et la solidarité et l’ouverture d’esprit de toutes mes collègues m’ont beaucoup apportée. Je me suis senti libre d’être moi-même, d’évoluer à mon rythme. Incroyable expérience. Chic aventure humaine ! Avec des moments forts comme, par exemple, cette maman qui m’a dit que depuis l’accompagnement de son fils, c’est le jour et la nuit, qu’il a énormément évolué, qu’il s’est ouvert aux autres et est devenu très curieux et dynamique. Ou encore c’est ce groupe de collégiennes qui se sont mobilisées (et toujours avec le sourire) à faire des gâteaux pour les vendre et récolter de l’argent pour l’offrir à une association dans le but de réaliser les rêves des enfants malades. C’est le sourire du jeune que j’accompagne, lors d’une sortie à la neige, son visage heureux en me disant « regarde-moi, je surfe sur ma luge !». Ce sont les moments avec toute l’équipe, ces moments de partage, de rires, de discussions poussées sur la vie, de complicité…

Un statut qui reste à valoriser

Certes lorsque l’on se lance dans cette aventure, on ne le fait pas pour l’argent. Mais si le service civique était plus considéré peut être que la « rémunération » serait plus intéressante et laisserait l’opportunité à un maximum de personnes de vivre cette expérience. Il faudrait aussi donner un réel statut au Service Civique. Qu’il soit reconnu en tant que tel. Lorsque je prends conscience de tout ce que cela apporte pour un engagé ou pour les enfants et la cause pour laquelle nous nous engageons, je trouve ça effarant qu’aujourd’hui il n’y ait pas plus de moyens mis en œuvre pour le valoriser et le conserver !!

Lucrèce, 24 ans, volontaire en service civique, Perpignan

Un remerciement particulier à Jeanne, qui a cru en moi dès le début et m’a permis de vivre cette formidable expérience, cet enrichissement qui influencera ma vie et ma perception. Également une dédicace à Yasmina qui depuis des années se « bat » pour conserver et améliorer l’AFEV de Perpignan. Et pour finir un gros BIGUP à mes collègues, Clémentine, Vanessa, Mélanie, Valentine, Morgane et Laetitia, sans qui, mon aventure n’aurait pas été la même, grâce à leurs personnalités, leurs sourires, leurs écoutes, leurs valeurs…
 

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