A l’école j’étais dans la case « bizarre »

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Bizarre, le mot résonne à nos oreilles comme une claque, une insulte. Ce simple mot, lorsqu’il nous parvient trop jeune, peut devenir le point de départ de complexes, de mal être, et donc d’un manque de confiance en soi exacerbé. J’avais onze ans lorsque j’ai été affublée de ce qualificatif.

À l’époque du collège, les étiquettes sont presque incontournables, il faut ranger les gens dans des cases pour les comprendre. Cette habitude ne se limite d’ailleurs pas à l’école.

J’étais une jeune fille discrète, qui cherchait sa place parmi ses pairs et plus encore, qui se cherchait elle-même. J’étais petite, silencieuse, je n’étais ni garçon manqué, ni véritablement féminine, mes silences et mon incapacité à me conformer ont déstabilisé avant de finir par déranger. J’essayais de trouver mes propres codes dans une société qui en présente tellement, et de formes si différentes que je m’y perdais. Alors, immanquablement, j’ai fini dans la case « Bizarre ». Les autres élèves m’ont ignorée, méprisée, ils ne me comprenaient pas. Puis ils ont fini par simplement m’oublier. Je ne leur en veux pas, après tout, ils avaient leurs propres problèmes.

Je ne suis pas rentrée dans la bonne case

Après quelques années de solitude et de rejet, j’ai fini par rencontrer d’autres marginaux, exclus, aussi invisibles que moi. À force de confronter nos expériences, nos points de vue, et plus important encore, d’oublier ensemble de nous préoccuper du regard des autres, nous avons fini par accepter cette bizarrerie. Aujourd’hui, nous la chérissons.

Avec les années, je me suis interrogée sur le sens de ce mot. La bizarrerie, c’est pour moi le refus des cases, de la normalité, ne pas faire les choses uniquement parce que c’est ce que font les gens. Essayer de trouver sa propre formule du bonheur, indépendamment des pressions sociales qui nous entourent.

Lorsque je compare mon expérience à d’autres, bien plus graves, je suis obligée de relativiser et de me dire que les choses auraient pu être bien pire. Mais nous n’avons pas tous la même échelle de souffrance. J’étais peut être un peu trop fragile, seule et perdue. Toujours est-il que j’ai du faire face aux conséquences de tout ça pendant un certain nombre d’années.

Je voudrais simplement dire à tous ceux qui passent par là de tenir bon et de se rappeler que ce n’est pas si grave de ne pas rentrer dans les bonnes cases.

Mélanie, 22 ans

Créit photo Ryan McGuire 

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1 RÉACTION
  • Rious Charline 31 janvier 2015

    Mélanie, tu as raison. Avant, j’étais exactement comme toi. Je me suis retrouvée dans ton article. J’ai beaucoup souffert à l’école et maintenant ça va beaucoup mieux. Avec le temps, on se rend compte que la « bizarrerie » n’est pas si mal que ça. Au contraire, c’est même un atout et une force.

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