Bac + 8 et un doctorat… faute de mieux !

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Être inscrit en doctorat de droit public, cela peut faire rêver certains d’entre vous… ou pas. Laissez-moi juste-vous dire que ce choix a été fait à moitié… malgré moi ! Pourquoi ? Parce qu’après mon master en droit public et administration des collectivités (deuxième de ma promo avec la mention Bien, s’il vous plait !), je me suis mis tout de suite à rechercher un emploi. Malheureusement, les jours ont passé et je n’ai reçu que des réponses négatives. Toujours du même genre : « Malgré les qualités de votre CV, nous sommes néanmoins au regret de vous informer que nous ne pouvons y donner une suite favorable ».

Des petits boulots d’interim à enchaîner

Comme j’avais un prêt pour le permis de conduire à rembourser (1 200 euros), un loyer mensuel (410 euros) et la « bouf’ » à payer, je me suis demandé forcément : que faire pour m’en sortir ? Dois-je vendre mon diplôme ? J’y ai pensé !

J’ai alors enchaîné les petits boulots d’intérim : caissier dans une supérette, manutentionnaire dans une entreprise en logistique, chargé d’accueil, vigile dans un magasin, plongeur dans un restaurant… Jusqu’au jour où mon directeur de master a demandé à me voir : « Moussa, je souhaiterais te proposer un sujet de thèse… si tu es, bien sûr, intéressé. Saches que mon choix n’est pas anodin, c’est parce que je te fais confiance là–dessus ». Ma première interrogation, à ce moment précis a été de me demander : comment faire le lien entre cette proposition et un moyen de gagner ma vie ?

Un doctorat pour un emploi à la fac

Finalement, j’ai accepté la proposition et je me suis inscris en thèse : mes frais d’inscription sont pris en charge par la fac, après une vaine demande auprès du Crous. Quelques semaines plus tard, la fac m’a proposé en tant que doctorant d’être chargé de TD pour les étudiants en Licences. Proposition que j’ai accueilli à grande joie vu que ce poste me permet d’être rémunéré !

Si la thèse est souvent un choix après une longue réflexion, pour moi elle a été une obligation. C’est elle qui me permet de payer mon loyer, de rembourser le prêt contracté, et les autres charges. Aujourd’hui je suis doctorant. Et demain ? Je ne sais pas…

 
Da, 26 ans, doctorant et chargé de cours en droit, Orléans

Crédit : Vimrod

 

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4 RÉACTIONS
  • moussa 18 juin 2014

    Hé oui hélas, c’est « toujours » pareil, enfin presque la même réponse.
    Les recruteurs essayent toujours d’être diplomates quand ils annoncent une réponse négative. Pourquoi tourner autour du pot il faut appeler un chat un chat. Où je me trompe?

  • Nathan 18 juin 2014

    Ce récit est bien sympatique et surtout insolite ; ce pourquoi il a été publié. Mais on dirait aussi un témoignage d’un documentaire de Yamina Benguigui. Cette situation reflète-t-elle bien la réalité ? Car, comment un quasi-major peut se retrouver à tomber dans la débrouille au sortir d’un M2 en droit ? Par mauvaise volonté : une seule maitrise de connaissances théoriques qui fait horreur aux employeurs ? C’est bien connu. Ou serait-ce la réalisation du mythe selon lequel le droit public paye encore moins que le droit pénal ?
    À mon avis, loin de ces hypothèses, ce type de témoignages déprimants émanent souvent de personnalités avec une certaine propension à se confondre dans leur tour d’ivoire (j’entend par là le confort de la fac et le goût de la connaissance empirique). Sinon être théoricien, c’est pas mal non plus.

  • Nathan 18 juin 2014

    aussi un témoignage d’un documentaire de Yamina Benguigui. Cette situation reflète-t-elle bien la réalité ? Car, comment un quasi-major peut se retrouver à tomber dans la débrouille au sortir d’un M2 en droit ? Par mauvaise volonté : une seule maitrise de connaissances théoriques qui fait horreur aux employeurs ? C’est bien connu. Ou serait-ce la réalisation du mythe selon lequel le droit public paye encore moins que le droit pénal ?
    À mon avis, loin de ces hypothèses, ce type de témoignages déprimants émanent souvent de personnalités avec une certaine propension à se confondre dans leur tour d’ivoire (j’entend par là le confort de la fac et le goût de la connaissance empirique). Sinon être théoricien, c’est pas mal non plus.

  • Karim 18 juin 2014

    Sans vouloir tomber dans la victimisation à deux balles, j’ai tout de suite compris pourquoi tu as tant galéré à trouver du boulot après ton Master : tu t’appelles Moussa.

    Malheureusement ce n’est pas toujours un avantage, et c’est une réalité. Mais c’est pas plus mauvais d’avoir fait une thèse, vu l’orientation « publique » de ton Master, finir fonctionnaire en étant professeur à l’Université c’est pas moche ! Keep on fighting.

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