Ce que nous pourrions apprendre du système universitaire américain

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J’ai vu récemment au cinéma At Berkeley, un film documentaire de Fréderick Wiseman sur le système scolaire universitaire américain. Il dure quatre heures – oui quatre heures, il faut du courage 😉 – mais quatre heures qui valent vraiment la peine pour comparer à notre système universitaire français et trouver quelques idées de réformes !

Berkeley qu’est-ce que c’est ? C’est une ville de Californie aux Etats-Unis, connue et reconnue exclusivement grâce à sa prestigieuse université, The University of California, Berkeley. Cette université se différencie des autres grandes universités américaines telles que Harvard ou Stanford par le fait que c’est une université publique. Les étudiants n’ont pas à payer des sommes faramineuses afin d’accéder à un diplôme. Par somme faramineuse, j’entends entre 9000 et… 35000 euros par an (contre moins de 200 euros dans une université française…)

Travailler ensemble, s’entraider…

Ce film reflète d’une manière assez juste combien les étudiants américains peuvent être solidaires entre eux et entretiennent aussi de bon rapports avec leurs professeurs. Cette solidarité s’organise autour de groupes de parole qui sont animés par un professeur : une fois par semaine ou par mois les étudiants peuvent échanger entre eux, régler des problèmes, parler… Par petits groupes de cinq, les étudiants travaillent ensemble, s’entraident et réussissent ensemble. Apparemment, ce système a l’air de bien fonctionner.

Ce que j’ai aussi retenu de ce film c’est qu’un système organisée par affinités, où les étudiants se sont choisis et cultivent une réelle culture commune, fonctionne bien mieux qu’une organisation hiérarchique, imposée par la direction, avec des gens qui travaillent sans se connaître a priori.

En France il manque un sas de décompression…

Pour comparer avec le système français, on peut certes dire que nous sommes assez bien lotis avec des études quasi gratuites et le plus haut échelon de bourses qui s’élève à 550 euros par mois sur 10 mois. Pas cher mais… en tant qu’étudiante, ce que j’observe c’est que nous sommes laissés à nous mêmes. On nous fait passer du lycée qui est cadré, avec des règles strictes, comme une sorte de « cocon », à l’université qui est à l’opposé de ce système. Pour prendre une image, je dirais que c’est comme débarquer sur la Lune sans passer par « un sas de dépressurisation ». Entre le lycée et l’université il manque ce « sas » qui nous préparerait à subir la pression sociale et scolaire de la vie étudiante. On connait tous des étudiants sous pression qui craquent, qui abandonnent leurs études, qui font un réel burn-out ou pire… D’ailleurs ces signes peuvent être des symptômes d’une phobie scolaire.

Comparé au système décrit dans le film At Berkeley, j’observe aussi qu’en France la compétitivité règnent entre les étudiants, plus particulièrement au moment des partiels (et aussi en deuxième année de DUT et en troisième année de licence qui sont des années décisives et charnières). Il y a peu voire aucune solidarité ce qui personnellement m’effraie. Je n’aime pas du tout cette ambiance avec ces codes basés sur l’individualisme et sur « la loi du plus fort », et qui malheureusement, est le reflet du monde dans lequel nous sommes et dans lequel nous construisons nos vies professionnelles et affectives.

Au-delà de nos frontières

Pour finir, le système américain décrit dans ce film n’est évidement pas idéal. Notamment, on voit que les étudiants appartenant à des minorités hispaniques ou africaines, peu nombreux, environ 2 à 3 par classe de TD, sont souvent mis de côté par les « Blancs ». Mais sur plusieurs points (la solidarité, les relations entre les élèves et les enseignants…), notre système éducatif qui est à réformer totalement et en priorité, devrait s’inspirer de ce qui se passe au-delà de nos frontières.

Sonia, 21 ans, étudiante à l’université en economie-commerce, Avignon

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1 RÉACTION
  • Marie 15 juin 2014

    Honnêtement la compétivité dans les classes entre étudiants n’est pas présente qu’en france. C’est partout ! Tout le monde veux épater telle ou telle personne et/ou se montrer meilleur dans un domaine ou sur un sujet. Seulement elle est peut-être moins flagrante ou plus décontracté. Quant au fait que les minorités décrites soient mise de côté ailleurs et pas forcément en france je ne suis point d’accord ! Car c’est la même chose en france ! Et voir pire ! En france les personnes légèrement différente (par leur poids, ou leur physique ou que sais-je encore) sont aussi mises de côté ! Alors que dans d’autres pays peu importe comme tu es, tu es accepté de la même manière !
    Mes Amitiés, Marie.

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