Orientation, droits, discriminations… quand les jeunes proposent des solutions

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Dans le prolongement de l’appel « Arrêtez de nous mettre dans vos cases ! » une journée à la Mission locale de Lille, mercredi 30 avril, avait pour mission de permettre à des jeunes de discuter autour des trois thèmes de l’appel : l’orientation – avec le slogan « Orientation, piège à cons » -, l’empilement des mesures – mis en exergue par « Ni quotas ni dispositifs ni discrimination : un même droit pour tous ! » – et la discrimination exercée à l’encontre des jeunes – que l’on retrouve dans la formule « Vos clichés ne reflètent pas notre jeunesse ». Mission réussie puisqu’elle a abouti à formuler différentes propositions pour chacun des trois thèmes !

« Orientation, piège à cons »

Sur l’orientation, l’avenir apparaît comme un véritable « labyrinthe » qui ne laisse pas le temps de « se connaître soi-même ». Dans la confrontation des témoignages, une critique forte est adressée aux conseillers d’orientation, trop peu nombreux et dont le suivi est très relatif (sur ce point, relire Orientation : je me suis aidé tout seul).

Aux obstacles aux projets des jeunes, plusieurs solutions ont été proposées :

– Les jeunes rencontrent des problèmes de mobilité du fait des coûts des transports qui devraient être réduits. Cette proposition s’accompagne d’une proposition sur le permis qui devrait être réformé afin de faciliter l’accès des jeunes à la voiture, surtout en milieu rural ou elle est essentielle dans la vie quotidienne.

– Sur les choix des études et des formations, les jeunes estiment qu’ils se font souvent beaucoup trop tôt et sont parfois trop imposés. Les filières professionnelles doivent être plus valorisées et les stages doivent être développés afin de pouvoir mieux choisir son avenir. Ce choix serait renforcé par la création d’une matière « orientation » dans le cursus scolaire.

– A l’heure de la mondialisation et du renforcement de l’Union européenne, les échanges entre les jeunes sont trop peu fréquents. Nous pensons que des rencontres pourraient renforcer l’identité européenne et que l’Etat devrait plus faciliter les départs à l’étranger, qui sont une ressource personnelle mais aussi commune.

« Ni quotas, ni dispositifs, ni discrimination : un même droit pour tous ! »

L’empilement des mesures et des dispositifs a pour conséquence une incompréhension des différentes aides. Les jeunes souhaitent que ce soit « simplifié » et plus égalitaire, en prolongement de l’engagement de François Hollande sur la jeunesse comme priorité. Quatre propositions ont été faites :

– Une extension du RSA aux jeunes de moins de 25 ans qui permettrait une égalité des âges.

– Une limitation du choix des critères pour les employeurs, notamment sur l’expérience, souvent demandée dans les propositions d’embauche bien qu’illégale au regard du droit européen. Sur ce point, il est proposé la mise en place d’un collectif qui permettrait de porter devant la justice les discriminations à l’encontre des jeunes.

– L’avis des usagers n’est que trop peu pris en compte. Les jeunes souhaitent la mise en place de conseils jeunes établis comme des lieux de rencontre qui permettraient l’éclosion d’interlocuteurs identifiés auprès des institutions.

– Les jeunes ne connaissent pas assez nos droits. Pour lutter contre ce manque illégitime dans un Etat de droit, ils souhaitent la mise en place d’une journée de formation sur le modèle de la JAPD. Cette journée aurait un caractère obligatoire (parce qu’égalitaire) et serait ouverte aux étrangers résidants en France.

« Vos clichés ne reflètent pas notre jeunesse » 

« La jeunesse est une ressource et non un problème ». En prolongement de l’appel qui dénonce les discriminations à l’égard des jeunes, les jeunes proposent des priorités pas toutes liées à l’Etat :

– La mise en place d’une participation des jeunes au CSA afin de parvenir à stopper la discrimination des jeunes dans les médias.

– La création d’un collectif de surveillance des médias qui appellerait au boycott des émissions discriminantes, discuterait avec les médias pour leur expliquer en quoi l’image médiatique de la jeunesse affecte les jeunes…

– Le lancement d’une campagne de vidéo-choc : « L’image des jeunes tue ».

– La création de partenariats entre associations de jeunes et moins jeunes afin favoriser les rencontres intergénérationnelles.

Si les discussions ont été fructueuses entre les différents jeunes, on remarque que les propositions sont similaires à d’autres organisations, comme celles faites par le Forum Français de la Jeunesse. Une raison s’il en est de penser que, sur l’autel des engagements du chef de l’Etat, bien des mesures restent à prendre afin de faire enfin de la jeunesse une priorité.

Théo, 23 ans, étudiant, Paris

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