Recherche désespérément une entreprise pour me former

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Bénévole dans une association, je ne suis pas scolarisée ! Et pourtant j’aimerais beaucoup l’être. Je n’ai pas quitté les bancs de l’école à 16 ans en pleine rébellion du système scolaire, j’ai un bac économique et social, j’ai fait une année de sociologie et une autre en AES (administration économique et sociale). Oui, j’aimerais vous dire que je suis étudiante, que tout va bien et qu’il ne me reste plus qu’une année d’études avant d’entrer dans le monde du travail… Mais non, il y a un hic : je dois trouver un patron pour pouvoir commencer un BTS en alternance, le BTS SP3S (services et prestations des secteurs sanitaire et social) qui permet de travailler dans les établissements sociaux, sanitaires, éducatifs.

Pas le temps pour former une novice

Le social : un secteur où il y a peu de financements et où la formation d’un jeune étudiant, qu’il faut rémunérer, paraît compliquée. Alors est-ce que je dois changer de voie et me tourner vers un métier qui ne me correspondrait pas et ne me donnerait pas envie de me lever le matin ? Non, je préfère persévérer.

Après avoir envoyé des lettres de motivation accompagnées de mon CV, quand il m’arrive d’avoir une réponse (ce qui est déjà un bon geste citoyen de la part de certaines entreprises !), on m’explique généralement qu’ils ne peuvent sont « pas en mesure d’assurer des formations en alternance », ou qu’il n’existe « aucun poste vacant correspondant à ma qualification ». Bien sûr que je n’ai pas les qualifications, puisque je m’adresse à vous pour les acquérir ! Je dois encore être formée, et je sais très bien que mon baccalauréat seul ne me sert à rien. C’est pour ça que je vous envoie ma candidature. Disons plutôt que vous n’avez pas le temps de vous embêter à former une novice.

L’apprentissage, la meilleure façon d’apprendre

Alors, me direz-vous ? Pourquoi ne pas passer par un BTS classique en lycée ? Il faut déjà savoir que le nombre de place est limité, mais il y a un autre hic. Une fois mon diplôme en poche, je pourrais postuler à ces mêmes entreprises, qui me reprocheraient à nouveau… mon manque de qualification ! C’est sûr qu’un mois ou deux de stage effectué durant le BTS ne suffit pas, ou plus, aux entreprises. Résultat : on se retrouve tous à l’AFIJ (l’adresse emploi des étudiants et jeunes diplômés) en quête de ce premier emploi, où chacun raconte qu’on lui reproche son manque d’expérience. Vous comprenez maintenant pourquoi je souhaite passer par un BTS en alternance : cela permet d’allier théorie et pratique, ce qui est selon moi la meilleure façon d’apprendre et la clé de la réussite. C’est une méthode d’apprentissage active, dynamique, qui favorise l’insertion dans le monde du travail. De plus, si la formation se passe bien et que vous correspondez à l’entreprise, celle-ci peut vous garder.

Comme des candidats de Secret story

Je reviens à ces deux années passées à l’université à « glander » ! Ma foi, on ne veut pas de nous en formation, et on sort tout frais du lycée sans aucun accompagnement. Et bien oui : la bourse permet de résister, d’avoir un peu d’argent pour payer le permis, un loyer ou la nourriture. En dernier recours, je me suis inscrite à la fac, où on vous accepte, certes, mais cela ne correspond pas à vos objectifs.

J’ai parfois l’impression que les étudiants se retrouvent comme les candidats de Secret story, qu’on « lâche » dans la réalité après un cocon bien douillé. On vous demande d’être au top alors que vous comprenez à peine ce qui vous arrive. Vous pensez que tout va rouler comme sur des roulettes ? C’est loupé : il n’y a pas de place pour tout le monde !

Débrayer, passer la première et… accélérer !

Je vais aussi comparer cela au permis : après avoir passé des heures au code de la route, on connaît tous les panneaux, on sait qu’il faut laisser la priorité à droite en l’absence de signalisation, et que le dépassement se fait par la gauche. Mais il y a un moment où on veut mettre la ceinture, débrayer, passer la première et accélérer. Histoire de passer du statut de piéton à celui de conducteur. Pour les études, c’est pareil : on a bien appris nos leçons, on connaît les termes, les procédés, mais on aimerait passer à la vitesse supérieure, appliquer ces connaissances au sein de l’entreprise et passer du statut d’étudiant à celui de salarié.

Espérons que les emplois d’avenir, mis en place par le Président de la République, vont ouvrir d’autres portes aux étudiants, changer les mentalités, nous permettre d’être formés et acceptés à notre juste valeur. Ne vous inquiétez pas, chers patrons : on ne mord pas, on veut juste avoir la possibilité d’appendre et d’évoluer, on n’est pas là pour ralentir la cadence mais pour l’améliorer avec vous.

Vanessa, 22 ans, en recherche d’une entreprise pour se former, Perpignan

 

 

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