Je ne veux pas être PDG d’Unilever

futur
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Arrivée en première année d’école de commerce, j’ai eu le sentiment d’avoir mené les mauvais combats. Mention au bac, classe préparatoire, grande école : je me suis battue pour y arriver, sans jamais trop me demander pourquoi. Mais dès mes premières semaines en école cette question s’est posée, imposée même : qu’est-ce que je fais là ?

« Faire carrière », « réussir » : des mots abstraits

Nous avons assisté à une série de conférences au cours desquelles les « leaders d’aujourd’hui » s’adressaient aux « leaders de demain » pour leur montrer ce à quoi ils pouvaient espérer ressembler s’ils continuaient à se battre dans les trente années à venir. Je sentais bien qu’on cherchait à créer en nous un écho. Sauf que chez moi, ça sonnait creux. « Faire carrière », « réussir » : ces mots restaient abstraits. Je ne comprenais pas quel sens ils étaient censés revêtir alors que je leur avais toujours donné une valeur relative : certaines personnes, certains parcours m’inspirent alors qu’ils en laissent d’autres indifférents. « Réussir sa vie », c’est trouver la vie qui nous rendra heureux et avoir le courage et la chance de la vivre. C’est dire la diversité des réalités que j’associe à cette expression.

Alors que les applaudissements retentissaient dans le grand amphi, je ne me sentais absolument pas galvanisée, mais plutôt complètement démotivée. Aussi prestigieux que soit le statut, je ne veux pas être PDG d’Unilever…

« Faire sens » et « s’engager » : des mots concrets

J’ai dû me reposer la question de ce à quoi j’aspirais dans la vie. Je n’avais pas la réponse, et je ne l’ai toujours pas. Je ne le déplore plus, j’ai simplement accepté que je n’étais pas faite pour les évidences. Ma vie ne ressemblera pas à la grande allée dégagée que j’avais imaginée, mais plutôt à un chemin sinueux, jonché d’obstacles, face auxquels je passerai mon temps à me demander s’il faut aller à gauche ou à droite, à me tromper et à revenir sur mes pas.

Mais il y a quand même une intuition qui me guide sur ce chemin, une sorte de boussole interne qui connaît d’autant mieux mon Nord que j’emprunte de mauvais chemins. C’est cette boussole interne qui s’affolait en grand amphi. Cette même boussole qui m’a menée vers l’économie sociale et solidaire. Vers quoi elle me fait avancer précisément ? Je ne peux pas vraiment dire. Je sais en tout cas aujourd’hui que « faire sens » et « s’engager» font bien plus écho en moi que « faire carrière » et « manager ».

 

Gabrielle L., 23 ans, bientôt diplômée d’école de commerce, Paris

Crédit photo Pixabay

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1 RÉACTION
  • camille 30 septembre 2016

    Salut! ça me parle beaucoup ce que tu as écrit. J’ai fait un DUT en gestion commerciale et il m’est arrivé un peu la même chose qu’à toi. Je te souhaite de trouver ta voie.

RÉAGIS