Cet été, je n’ai pas pris de vacances et pourtant…

la plage
Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on LinkedInShare on Google+Email this to someone

Cet été, je n’ai pas pris de vacances et pourtant…
Et pourtant, le 1er août, j’ai fait ma valise pour partir dans le sud,
Et pourtant, j’ai pris le bus avec 15 autres personnes avec lesquels j’allais passer deux semaines,
Et pourtant, je suis allée dans un camping plein de touristes,
Et pourtant, tous ensemble, nous sommes allés à la plage, nous avons chanté et dansé tous les soirs, nous avons appris la zumba et le hip hop…

Pendant quinze jours,
j’ai ri, j’ai cuisiné, j’ai peu dormi, j’ai fait des sorties à 15, je me suis sentie épanouie et à ma place, j’ai chanté, j’ai crié, j’ai pleuré de rire, je me suis trouvée des talents pour faire rire les autres, je me suis sentie belle et talentueuse telle un chef trois étoiles…

Pendant quinze jours,
j’ai oublié tout ce qui se passait autour,
j’ai oublié le reste de ma vie,
j’ai croqué chaque seconde à pleines dents,

Pendant quinze jours,
j’ai oublié ce qu’était le ridicule,
j’ai oublié ce qu’était avoir honte,
j’ai oublié le regard des autres…

Cet été, je n’ai pas pris de vacances et j’ai appris…
J’ai appris à écouter l’autre, à lui faire part de mes besoins, à lui expliquer lorsque j’étais heureuse grâce à lui et quand j’étais déçue à cause de lui.

J’ai appris à être patiente et à m’adapter pour que chacun se sente bien dans ensemble.
Cet été, j’ai accompagné 12 personnes en vacances, 12 adultes qui travaillent toute l’année pour pouvoir s’offrir deux semaines de détente et de fête dans un camping du sud de la France.

Si vous nous avez croisé cet été, nous vous avons paru bien différents de vous, parfois bruyants, souvent extravertis.

Si vous nous avez croisé, certains d’entre nous sont certainement venus discuter avec vous
sans présupposé, seulement pour faire connaissance et discuter entre vacanciers profitant de l’été.

Et pourtant, malgré ces deux semaines idylliques, j’ai vécu des moments compliqués. « Vivre à quinze, c’est pas toujours facile », me direz vous. Je vous l’accorde, j’ai terminé sans voix et avec des cernes jusqu’au menton.

Et pourtant, les moments les plus difficiles ont été ceux où, prise d’un malheureux recul, je regardais les vacanciers que j’accompagnais, au milieu de vous.

Vous qui les regardiez avec méfiance,
vous qui faisiez trois pas en arrière quand ils s’approchaient,
vous qui vous vous regardiez en coin en rigolant sur leur passage,
vous qui lanciez des cailloux à leurs fenêtres la nuit,
vous qui me souhaitiez bon courage avec cet air de pitié alors que j’étais épanouie pendant que vous criiez, exaspérés, par la énième connerie de votre enfant.

Cet été, j’ai appris ce qu’était l’humanité, en son sens le plus noble. J’ai appris l’acceptation de l’autre et la bonté sans opportunisme. Ce n’est pas grâce à vous que j’ai croisé. C’est grâce aux douze adultes que j’ai accompagnés pour les vacances qu’ils se payaient.
Ils étaient « déficients intellectuels ».

Justine, 23 ans, étudiante, Grenoble

Photo Telomi Flickr CC

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on LinkedInShare on Google+Email this to someone
1 RÉACTION
  • Nedy 10 septembre 2015

    Nous avons vécu les mêmes « vacances  » Justine

RÉAGIS