Facebook, Twitter ou comment nous sommes tous devenus des victimes

CARMEN
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« Prends garde à toi, si tu t’aimes », dit très clairement Stromae dans sa chanson « Carmen ». Il s’agit ici d’un véritable avertissement à l’égard de tous les usagers des réseaux sociaux. Twitter et Facebook parviennent à séduire de plus en plus d’internautes aux quatre coins du monde. Outre leur côté pratique, qu’est-ce qui pousse les usagers à s’y inscrire en masse ?

L’apogée du culte du moi

Les deux géants du net prennent le pari de remettre chacun au centre de l’intérêt. La quête de reconnaissance de l’Homme est ainsi satisfaite par tout un tas de combinaisons, des likers aux followers, qui lui donnent le sentiment d’exister et d’être important. Le narcissisme, l’égocentrisme et l’égoïsme ont atteint leur apothéose. Témoignage flagrant d’une apogée du culte du moi : la prolifération débordante de selfies, de photos retraçant les scènes banales et sans intérêt de la vie de millions d’individus. Leur devise : je publie, donc j’existe. Tous sont en quête du Graal : les saintes notifications qui les rassurent quant à l’efficience de leurs publications.

Où est passé l’humain ?

Condamnés à effectuer quotidiennement les mêmes gestes mécaniques et automatiques liés à une activité chronophage, ils ne se rendent plus compte qu’ils sont devenus prisonniers d’un système qui les enferme. Leur liberté d’expression est rendue obsolète parce qu’elle n’est qu’illusion, l’Homme étant devenu une machine, un robot, qui ne pense plus, mais se contente de faire les mêmes gestes, seul. Cette liberté éprouvée sur les réseaux virtuels est aussi illusoire, car scotché à son écran, l’internaute est seul, entre les quatre murs de sa chambre ou de son salon, un peu comme dans une prison. Les interactions entre individus restent virtuelles et sans repères temporels, il n’y pas de contact physique, donc pas de paroles, pas de partage, et au final, aucun échange. Serions-nous en train de perdre ce qui nous rend humains ? Serions-nous pris au piège ?

 Respirer, lire, écrire…

« Prends garde à toi » résonne dès lors comme un point de non-retour, la tendance égocentrique et narcissique de l’Homme le poussant vers un culte du moi en quête de reconnaissance et d’amour-propre. Consommateur, acheteur, robot, mais plus Homme. Existe-t-il encore une solution ? Oui, celle de prendre le temps de respirer, de se réapproprier le temps, de le tourner à son avantage afin de délaisser cette activité chronophage et improductive qu’est le surf sur des pages où des données sans intérêt s’enfilent les unes à la suite des autres. Respirer, c’est aussi lire, écrire, se rendre compte que l’on n’a pas pour unique talent et compétence de se connecter à son compte Facebook et de lire avec assiduité son fil d’actualités. C’est aussi ne plus être seul et aller à la rencontre des autres, en se rendant compte que la vie ne passe pas derrière un écran d’ordinateur, de tablette ou de smartphone.

Rémi C., 20 ans,  étudiant en Philosophie à Lille

Clip « Carmen », réalisé par Sylvain Chomet

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