Jeune, c’est quel âge ?

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Ca y est, le grand jour est arrivé ! Je sors de mon lit avec une certaine inquiétude. Dans la salle de bain je scrute mon visage à la recherche de marques, j’examine mes cheveux en espérant ne pas y déceler de couleurs suspectes, je teste l’élasticité et de ma peau et guette la cellulite… Verdict : rien n’a changé ! Et pourtant ce matin, j’ai… trente ans !!!

Après l’examen physique commence la quête intérieure, à la recherche des traces du passage tant redouté des trente ans. Et finalement je ne me sens pas plus «mûre», ni plus «âgée».

Pourtant il semble que j’ai franchi cette nuit un cap, une barrière invisible qui m’éloigne d’un statut, d’un repère : je ne suis plus ce qu’on appelle « une jeune » !

Jeune à identités multiples

Quand on a peu de repères identitaires ça pose question… Lorsqu’on est une jeune de cités minières issue de l’immigration la question de l’identité n’est pas aussi simple qu’elle en a l’air. Il apparait pour beaucoup que je ne suis pas vraiment Française – « Ben oui tes parents sont pas nés ici et ils sont même pas français… » -, je ne sens pas vraiment marocaine aux yeux de mes compatriotes – « Tu parles même pas arabe ! » -, je ne suis pas non plus un modèle identitaire du quartier – « De quoi tu parles ? Depuis quand tu traines au quartier ? » -, enfin je ne suis pas plus une musulmane très crédible – « Et c’est quand que tu as prié pour la dernière fois ? »… Difficile de trouver des repères dans ce trouble identitaire !

Passage délicat à 25 ans

Au final une chose est sûre jusqu’à 25 ans : j’étais jeune… Puis une succession d’événements a perturbé cet équilibre : fermeture de livret jeune, perte de certains « avantages jeunes », dont la pire, la perte de ma carte 12/25 ! Après, on fait encore illusion : on termine tard ses études, on trouve son premier job, on tarde à se mettre en couple, à se marier, à faire des enfants… mais bon ce n’est pas trop grave, on nous excuse encore : « Il faut bien que jeunesse se fasse ».

« Tu sais les enfants c’est mieux quand on est jeune »

Mais le jour des 30 ans, c’est le drame ! « Pas encore mariée à ton âge ?! » ; « Il va falloir penser à murir un peu » ; « Tu sais les enfants c’est mieux quand on est jeune ! » ; « Ton cercle d’amis est un peu jeune pour toi ! »… et je vous parle pas des regards condescendants ! Alors aujourd’hui que faire ? Accepter ce déterminisme social ? De toute évidence, il semble que je ne suis faite pour aucune case et avec un peu de recul je prends conscience que la jeunesse n’en est pas plus une !

Ouf ! Le meilleur reste à venir

Alors je préfère garder ma vision de la vie où la jeunesse ne se définit pas par des critères étriqués, avoir le luxe de ne pas savoir de quoi demain sera fait, garder un esprit éveillé et une confiance obstinée en l’avenir, me moquer de l’âge ou de l’appartenance à une classe sociale, ne pas me soucier de l’avis des bien-pensants, ne pas couler sous le poids de cette société qui tente de m’imposer une destinée, continuer à m’émerveiller du monde qui m’entoure et surtout continuer à penser que le meilleure reste à venir…

Alors, n’en déplaise à mon banquier, je resterai une « jeune active » !

Nadia, 30 ans, salariée, Lille

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1 RÉACTION
  • Nana 23 juillet 2014

    J’adore !
    Je me reconnais totalement dans ce que tu as écris Nadia.
    Être jeune, c’est un état d’esprit, tout est question de point de vue.
    Pour ma part, j’ai toujours 25 ans et ce malgré les années qui défilent, les rides qui s’installent, les cheveux blancs colorés et la cellulite envahissante !!!
    Un bon mental, l’envie de croquer le monde, et une joie de vivre inépuisable feront que nous resterons éternellement jeunes 😉

    Une Nana qui te remercie, pour cet article, plein de sincérité, d’optimisme et de réalité 🙂
    Merci !

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