Lever le voile sur les préjugés

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Je suis née dans une famille qui vote à droite, où les Arabes et les Noirs sont mis dans un pot commun : celui des gens qui partent avec un handicap dans leur vie, qui ne s’habitueront jamais à la culture française, qui parlent fort dans la rue et restent enfermés dans leur langue maternelle. Celui dans lequel les Arabes sont forcément musulmans et les femmes musulmanes forcées à se voiler par leur père ou leur mari, et j’en passe. J’ai grandi avec ces préjugés là, mais j’étais bien décidée à changer d’opinion.

C’est pour cela que j’ai rejoint une association qui luttait contre les inégalités sociales. Dans cette équipe, j’ai rencontré des gens géniaux et profondément humains. Chaque conversation était une victoire de plus dans mon changement. Mais une rencontre m’a marquée plus que d’autres : celle d’une jeune musulmane, et de surcroît voilée. J’ai eu, certes, au départ des appréhensions et des a priori. Mais, comme on dit, les contraires s’attirent, et c’est tout naturellement que nous avons commencé à parler, parler et reparler…

Au cours de nos échanges, elle m’a expliquée sa religion. Elle m’a confiée sa foi en Dieu, ce qui impliquait donc SA décision de porter le voile, mais n’enlevait rien à sa féminité. Elle était très coquette, faisait très attention à l’harmonie des couleurs qu’elle portait. Tous les jours, elle portait une tenue différente, toujours pleine de gaîté. Ses mains étaient un jardin de fleurs orange. Son sourire et sa bonne humeur au quotidien illuminaient le bureau.

On pouvait aborder tous les sujets et ce, sans tabou. On parlait de voyages, de culture, de famille, des amis, de la sexualité… Ce que j’ai aimé chez elle ? Son ouverture d’esprit et sa détermination à bouffer la vie. Pour cela, le dialogue et l’humour étaient ses meilleures armes. Au cours de notre vie, on rencontre certaines personnes qui nous marquent à jamais. Merci de m’avoir surprise.

 

 

Numa, 22 ans, étudiante

Crédit photo Flickr CC Chrissy Olson

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