L’oeil de Camille – Un autre regard sur les demandeurs d’asile

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Qu’advient-il quand on est débouté du droit d’asile en France ? Comment vit-on au quotidien ? Comment combat-on la peur de retourner dans un pays où l’on se sait en danger ? Ce genre de questions, il y en a des dizaines et des dizaines qui me trottent dans la tête.
En 2014, il y a eu 64 811 demandes d’asile, l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) en a accordées 14 589, soit environ 20%. Qu’advient-il des 80% restants ?
Lorsque je travaillais dans un collège, j’ai fait la connaissance d’une jeune fille dont la famille fait partie de ce dernier pourcentage. Elle s’appelle Grisilda.

 

Arrivée d’Albanie en 2013, cette jeune fille que vous voyez, si vous la croisez et lui parlez, vous pouvez à peine soupçonner qu’elle n’est pas française : en à peine 2 ans, elle a une bonne maîtrise de la langue et n’a plus besoin de suivre les cours de son enseignante UPE2A (Unité Pédagogique pour Elèves Allophones Arrivants), Estelle. Ce prénom, c’est aussi celui choisi par ses parents pour leur fille née en France en 2015.

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Pourtant, tous les jours depuis qu’ils ont reçu l’Obligation de Quitter le Territoire Français, elle vit la peur au ventre de devoir retourner dans un pays où sa famille et elle ne sont plus en sécurité. Mais cela ne l’empêche pas de continuer, jour après jour, d’aller au collège pour apprendre toujours plus, de s’occuper de ses sœurs et d’avoir des amis.
Mais à la maison, elle voit son père et sa mère survivre de petits boulots, car ils ont interdiction de travailler légalement, elle les voit rongés par l’angoisse, qui se répercute sur leur état de santé à tous.

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Autour de Grisilda et de sa famille, s’est formé un cercle d’amis, de professeurs, de parents d’élèves, d’inconnus, tous concernés par leur situation et prêts à les aider. Un comité de soutien a été créé au sein même du collège où l’adolescente est élève. Il leur vient en aide matériellement, mais aussi juridiquement et surtout moralement. Ils ne sont pas seuls pour affronter les méandres de l’administration française, et ça fait une énorme différence.

Pour le moment, Grisilda et sa famille sont toujours dans leur logement, ils arrivent à se débrouiller pour manger, mais pour combien de temps encore ?

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Camille Cohendy, 25 ans, étudiante à Marseille, originaire de Clermont-Ferrand

Crédit photos Camille Cohendy

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3 RÉACTIONS
  • Lorianne 19 décembre 2015

    J’aime beaucoup ton article !

  • jfred 19 décembre 2015

    un bel article avec tout le questionnement que chacun devrait avoir en soi. Les réponses sont aussi obscures que la vie de ces gens. Entre la peur et l’envie de continuer de se battre pour obtenir le sésame qui peur permettra de rester en France.
    Hélas la France n’est plus un pays accueillant et je ne parle pas là, de la république, mais de son peuple. C’est uniquement pour cela, que la majorité ne se pose pas toutes ces questions.

  • Estelle 19 décembre 2015

    Les enfants comme Grisilda sont une chance pour la France. Ils lui amènent leurs forces vives, leur volontés de réussite, leur capacité immense d’adaptation. Les rejeter est non seulement cruel mais aussi stupide.

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