Une contreproposition aux Enfoirés

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Face au nouvel hymne des Enfoirés, Candice et moi avions l’envie pressante de réagir et de montrer qu’ils avaient tord de blâmer la jeunesse.

Avec leur bonne volonté dégoulinante de clichés, ils dressent un portrait erroné de ceux qui se battent chaque jour pour s’en sortir, et même de ceux qui ne se battent pas d’ailleurs. C’est révoltant de se rendre compte de l’aveuglement de certains alors que la France est émaillée d’associations qui combattent les idées reçues et trop faciles qui abîment la société.Paroles retravaillées :

Stages enchaînés et précarité
Les CDI fantasmés
Les cours, les assos et les p’tits boulots
Jeunesse qui a bon dos
NON
Vous avez tout, l’amour et la lumière
Ça devrait vous suffire pour survivre
Soyez reconnaissants c’est pas la guerre

Mais vous avez
Mais vous avez
Oui, vous avez
Toute la vie, c’est une chance inouïe
Toute la vie, c’est des mots, ça veut rien dire
Toute la vie, tu sais le temps n’a pas de prix
Utopie, sans avenir
Toute la vie, c’est à ton tour et vas-y
À ton tour et vas-y
À ton tour et vas-y
À ton tour, vas-y

3, 30 € par heure de stage effectué
Des dimanches pour travailler
Des clichés qui nous collent à la peau
Et des chanteurs qui n’comprennent pas nos idées

Vous nous jugez paresseux, assistés
Je rêve ou tu es en train de travailler ?
Alors qu’on jongle entre les identités

Mais vous avez
Mais vous avez
Oui, vous avez
Toute la vie, c’est une chance inouïe
Toute la vie, c’est des mots, ça veut rien dire
Toute la vie, tu sais le temps n’a pas de prix
Utopie, sans avenir

Aujourd’hui, tout ce qu’on a, on l’a gagné
Quel ennui, penses-tu qu’on va tout gober?
C’est la vie, la vie qui caresse et qui blesse
C’est ta vie, vole et vas-y

Marie-Amélie, 23 ans, étudiante en Master de communication, Paris

Crédit : Audesou

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1 RÉACTION
  • Hugo 27 février 2015

    L’idée de l’article est bien, mais j’ai du mal à comprendre les réactions des gens par rapport à cette chanson. Je crois que ceux qui l’interprètent comme une diatribe contre les jeunes se trompent. De mon point de vue l’idée est plutôt de mettre en regard deux discours générationnels, avec des clichés et des vérités des deux côtés, pour justement montrer que ce « ping-pong » ne sert à rien, et qu’il faut le dépasser. Dans la chanson ni les vieux, ni les jeunes n’ont raison, ou alors c’est tout le monde qui est dans le vrai.
    Goldman, qui a apparemment écrit le texte, a pris soin de mettre dans la bouche des deux générations des phrases éculées (faut te bouger ou arrête de fumer vs on n’a pas d’avenir, par exemple, ou vous avez la belle vie) que des idées qu’il a pu lui-même défendre à travers d’autres chansons de son répertoire. Le sentiment que sa propre génération a pu perdre de vue les idéaux, notamment de gauche, lui a déjà inspiré certains morceaux de l’album Rouge, sorti en 1995. On voit du coup qu’en faisant dire aux jeunes « vous avez sali les idéologies », il ne les décrédibilise pas et ne les montre pas en train de se plaindre… en fait c’est un reproche qui est, par certains côtés, légitime et fondé, et en tout cas ça correspond à une réalité sur laquelle il a lui-même écrit. S’il avait voulu critiquer les jeunes et leur manque de volonté, vous pensez vraiment qu’il leur aurait, même l’espace d’un vers, donné des idées et des inquiétudes qu’il a pu partager ?
    De l’autre côté aussi, certains des arguments avancés sont valables, comme celui de dire, en réponse aux jeunes qui déclarent « vous aviez la belle vie », qu’« on s’est battus pour l’avoir ». C’est vrai. Les choses ne tombent pas du ciel (autre idée à laquelle Goldman est attaché d’ailleurs). Du coup, les deux discours sont émaillés de vérités autant que de phrases toutes faites, et celui qui a écrit la chanson ne juge pas, je pense, qui que ce soit. Ce qu’on peut en tirer, c’est juste que du coup, avec ces deux argumentaires qui se renvoient dos à dos sans que l’un prenne le dessus sur l’autre en clichés ou en vérités, rien de constructif ne se passe. On a juste deux visions du monde qui s’opposent, deux générations qui ont chacune leurs problèmes, toujours ressassés, et ne s’entendent pas. On n’avance pas. Il faut faire quelque chose pour éviter cette situation de blocage, la dépasser, et dans ce domaine, pour le coup, c’est surtout nous qui pouvons agir. Je me trompe peut-être, mais j’ai vraiment pas l’impression en tout cas qu’il s’agisse de critiquer la jeunesse, d’approuver des clichés ou de mépriser les gens et leur réalité, comme j’ai pu le lire sur les réseaux sociaux. Au contraire, c’est plutôt une invitation à s’ouvrir, des deux côtés, et un passage de flambeau.
    Après c’est que mon avis 🙂

RÉAGIS