Une rupture du jeûne qui fait du lien

photo ftor sharing Mumbai
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Depuis plus deux semaines, les musulmans de France et du monde ont entamé le mois du ramadan, quatrième pilier de l’Islam marqué par le jeûne de l’aube au coucher du soleil. Yassine Abdallaoui, jeune étudiant musulman de 24 ans à l’Essec a décidé de partager la tradition du ftor (ou iftar), le moment de la rupture du jeûne avec le plus grand nombre grâce à son groupe Facebook ftorsharing. Le principe est simple : chaque membre peut proposer de se réunir à son domicile ou dans un autre endroit pour partager un repas ensemble. « Je me suis juste inspiré de ce moment convivial durant lequel les musulmans réunissent famille et amis autour du repas en permettant à tout le monde de participer », explique Yassine.

Loin de se limiter aux musulmans, le groupe est ouvert à tous. De nombreuses annonces sont postées par des non-musulmans qui souhaitent offrir leur salon pour partager un ftor. Une façon de recréer du lien social ? Pour Yassine, si on dénonce souvent la perte du lien social en remettant en cause les nouvelles technologies et les réseaux sociaux, on peut tout aussi bien se les réapproprier à travers des initiatives qui facilitent les échanges. « J’ai choisi d’utiliser Facebook afin d’inviter les gens à se rencontrer dans la vie réelle. Le ftor est finalement un prétexte pour permettre à des gens de cultures ou de confessions différentes de partager un moment ensemble ». Le concept séduit puisqu’il compte aujourd’hui plus de 3000 membres inscrits en quelques semaines. Le succès dépasse même les frontières, des expatriés français proposent de partager un ftor de New-York à Alger en passant par Istanbul, New Delhi ou encore Hong-Kong. En faisant défiler les différentes invitations au ftor sur le groupe Facebook, on sent un besoin de se réunir, de se rencontrer, tout simplement de partager. Des dizaines de commentaires remercient l’administrateur pour cette démarche originale, un engouement dont Yassine se réjouit : « L’intérêt porté à ce groupe m’a encouragé à continuer. En ces temps de crise à la fois sociale, économique et culturelle, on voit que les gens ont besoin de se rencontrer et ce groupe permet de favoriser les échanges ».

Pour le jeune étudiant, le succès du groupe montre également une image d’unité de la société trop souvent négligée par les médias : « Ce groupe prouve que les gens ont envie de se réunir ensemble, de discuter et de se découvrir. On peut très bien vivre en paix avec l’autre et s’épanouir ». Une façon aussi de permettre à tout le monde de découvrir les pratiques de l’Islam ? « Si cette initiative permet à certaines personnes d’avoir des informations sur l’Islam et d’en découvrir les pratiques c’est une bonne chose, mais je n’aimerais pas qu’on entre ensuite dans des débats sur l’Islam car on a de plus en plus tendance à parler de cette religion sans vraiment la connaître ». Pour Yassine, le but premier du ftor sharing est de faire connaissance avec des gens de tous les horizons et de passer un bon moment ensemble. D’ailleurs à la question de savoir quelle serait sa table de ftor idéale, il répond humblement: « Tant qu’il y a du monde, de la discussion et de la spiritualité (qu’on tend parfois à négliger), il n’y a finalement pas besoin d’avoir beaucoup de »nourriture pour passer une bonne soirée ». A méditer.

 

Hawa, 23 ans, étudiante, Ile de France

Illustration groupe Mumbai

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