Génération burn-out ?

Marionnettes et feu
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Pourquoi tant de gens se lancent-ils dans l’entrepreneuriat aujourd’hui ? Pourquoi tant de succès pour les blogs sur les modes de vie alternatifs, devenir freelance, monter son business, la semaine de quatre heures, le nomadisme digital et j’en passe ?”

Comme une envie de faire ce qu’on a toujours rêvé de faire !

Cette question est posée par l’auteur d’un article intitulé  “Vie sociale, hyperspécialisation, performance : autopsie de la génération burn-out” publié sur Konbini.  Cet article résume nombre de réflexions que je me suis faite ces dernières années sur le salariat, la pression sociale et académique ou encore la volonté partagée par nombre de jeunes de créer leur propre job. Etant à la fois étudiante et salariée à temps partiel, j’ai toujours eu l’impression que la majorité des formations proposées en France ne correspondent pas à la réalité du marché. C’est encore plus révélateur dans les formations universitaires qui restent pour la plupart très théoriques et peinent à proposer des parcours professionnalisants (et entre nous, il ne suffit pas d’ajouter les termes “International”, “Business” ou “Management” à l’intitulé du diplôme pour espérer s’aligner sur les grandes écoles de commerce — et encore moins décrocher un contrat en CDI).

L’hyperspécialisation professionnelle nous a enfermés dans des cases minuscules, rendant impossible ou très difficile la moindre transition dans un domaine différent, ou même un autre secteur d’activité dans le même corps de métier. On nous a formés comme des ouvriers alors que nous allons faire toute notre vie professionnelle dans un monde d’entrepreneurs, d’innovation, de flexibilité et d’adaptation constante.

Parce que le monde bouge constamment ! Notre génération a la chance d’avoir grandi avec les nouvelles technologies, l’échange et le partage d’informations à l’échelle planétaire et les réseaux sociaux qui ont complètement bouleversés nos modes de vie. Ces évolutions constantes nous ont permis de développer de multiples compétences et de nous adapter plus facilement au changement. Je me suis toujours dit que je ne pourrais jamais exercer un seul métier toute ma vie, il y a tellement de choses à faire ! Un désir partagé par de nombreux proches, mais aussi par de nombreux jeunes qui ne se reconnaissent pas dans le monde du salariat. Comme une envie de faire ce que l’on a toujours rêvé de faire, peu importe si l’on choisit des métiers complètement différents, tant qu’ils nous permettent de nous réaliser.

A 30 ans, il faudrait savoir où l’on va… Pourquoi ?

Pourtant si toute cette énergie est plutôt positive, les jeunes sont souvent confrontés à une certaine pression sociale qui voudrait que l’on ai déjà établi nos plans de vie pour les dix années à venir. L’auteur parle de “génération burn-out”: “À 30 ans, il faudrait déjà avoir quatre-vingt années de métier, s’affirmer, proclamer des trucs, savoir où l’on va”. Savoir où l’on va. Cette « injonction » que l’on n’a eu de cesse de nous répéter depuis le plus jeune âge sans vraiment nous en expliquer le sens. Mais qu’est-ce que ça veut dire finalement ?

Nos aspirations sont amenées à évoluer et si certaines personnes ont la chance de savoir exactement ce qu’elles souhaitent faire dans leur vie, ce n’est pas le cas pour tout le monde, parfois cela peut prendre un peu plus de temps. Je suis très admirative lorsque je rencontre à l’université des mères de famille qui ont décidé de reprendre leur études afin d’évoluer dans leur carrière ou pour exercer un job complètement différent.

Alors pourquoi serait-on obligés de tout savoir tout de suite ? La vie, c’est des expériences, des choix, des échecs, des victoires, de la nouveauté. Et puis vous savez quoi ? S’il m’a fallu des années pour trouver ma voie, entre réorientations, incertitudes, déceptions et échecs,  je suis contente aujourd’hui de faire des choses qui me plaisent énormément.

Si vous n’avez pas encore trouvé votre voie, autorisez-vous à expérimenter, vous finirez bien par vous trouver.

 

Hawa, 23 ans, étudiante et blogueuse, Ile-de-France

Crédit photo Camille Cohendy

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