20 ans plus tard, se revoir

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Patrick Bruel l’a chanté, Enzo l’a fait : se revoir 20 ans plus tard… 

 

On a tous des personnes que l’on n’a pas vues depuis des années. Cinq ans, dix ans, vingt ans. Ces quelques années de séparation peuvent nous apparaître comme un mur d’éternité infranchissable. Ce ne sont en réalité que bien peu de choses…

Mel est une amie d’enfance que j’ai connu jusqu’à mes 5 ans environ. Du peu que je me souviens, nous étions assez proches.

Nous faisions les quatre cent coups ensemble à l’époque. Ces moments nous ont apporté bien plus que des égratignures, des bleus ou même une dent de lait noire pour ma jeune amie.

C’étaient des expériences qui allaient rester gravées en nous longtemps.

La vie nous a finalement séparés pendant vingt ans. Durant tout ce temps, le seul lien qui nous unissait encore était celui que nous avions tissé pendant notre enfance.

Quand un jour, nos chemins se sont à nouveau croisés.

Qu’était devenu le petit garçon blond de son enfance ?

Je rentrais de la montagne avec mes parents chez qui je logeais durant ma période de recherche d’emploi lorsqu’une personne à la caisse du supermarché nous a abordés. Non, ce n’était pas mon amie Mel, mais sa mère. Elle avait tout de suite reconnu mes parents et n’eut pas à forcer pour se rappeler de moi. Après un court échange, elle se rappela de l’interrogation de sa fille sur « ce qu’était devenu » le petit garçon blond de son enfance.

Elle me proposa de lui donner mes coordonnées pour permettre à Mel de me contacter, ce que je fis, poussé par une certaine curiosité.

Les mois ont passé, j’ai trouvé un travail, j’ai déménagé à Paris. Le temps s’était écoulé et m’avait fait mettre de côté cet évènement.

Ce fut lorsque je n’y pensais plus, que Mel a choisi de recroiser ma route… pour de bon.

Rencontre à haut risque ! Ou pas…

Le temps ne compte pas

Après quelques échanges, est venu le temps de la rencontre, celui que l’on redoute autant que l’on espère parce que l’on considère qu’il présente un risque.

Je vous le dis, en réalité, ce risque est presque nul. Le temps ne compte pas.

Comment ça va se passer ? Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir se dire ? N’a-t-il/elle pas trop changé ? Ce fossé créé par le temps ne créera-t-il pas un fossé infranchissable entre nous ?

Ces questions, moi aussi je me les suis posées. Moi aussi, j’ai eu des doutes même si tout mon être me disait que ce serait incroyable. Mais, au final, je le répète, le temps ne compte pas.

C’est simple.

Ma curiosité me disait « Fonce ! »

Nos premiers échanges me disaient « Fonce ! »

Et tout au fond de moi, une incroyable énergie me disait « Fonce ! »

J’ai foncé.

L’existence FAIT que l’on change. De façon radicale ? Vous admettrez que c’est rare. Au fond, cette personne s’est construite avec ses expériences passées, les mauvaises comme les bonnes, et cela comprend vos moments communs. Cette personne restera celle que vous avez connue d’une certaine façon. Et ça compte. Ça compte toujours.

On respire un grand coup et on y va.

Une seule photo pour illustrer notre soirée

Le jour J, juste avant la rencontre, l’anxiété reste là, mais elle est supplantée par l’excitation.

Mel m’appelle. Elle me guide. Je la vois, elle me voit, nous nous retrouvons, comme les vieux amis que nous sommes. Elle a changé, bien sûr, ça fait 20 ans, mais elle semble tout aussi pétillante que sur nos photos d’enfance. Je m’étais forcé à ne pas aller voir sur les réseaux sociaux pour apprécier ce contraste et, étrangement, j’ai l’intime conviction que si j’avais dû la retrouver sur cette place parisienne fréquentée, en ce début de soirée, c’est elle que j’aurais « choisie ». Je ne saurais jamais vraiment si cette intuition est exacte, mais le seul fait de le croire me plait bien.

Nous discutons, tournons en rond dans les rues comme un peu désorientés par cet évènement, avant de nous assoir dans un bar. Et là, notre échange continue, riche dans sa variété, étourdissant dans son intensité.

Nous discutons de tout, de nous, de nos familles, d’ici et d’ailleurs, sans manquer de tenter de refaire le monde.

Le temps s’écoule sans que nous y prêtions attention et nous nous retrouvons étonnés de ce gouffre temporel dans lequel nous semblons avoir été aspirés pendant près de cinq heures.

Nous n’avons pris ce soir-là qu’une seule photo pour illustrer notre soirée (pour nos familles respectives qui ont suivi l’évènement de loin). Cette photo, je me la repasse souvent. Elle a des couleurs tellement chaudes qu’on se demanderait presque si elle ne serait pas simplement une représentation fidèle du bonheur associé à ce moment.

C’est certainement l’une des expériences les plus fortes de ma courte vie qui vient se classer sans conteste parmi les moments les plus heureux et dont les couleurs resteront gravés profondément en moi.

Et vous, vous les faites quand, vos retrouvailles colorées ?

 

Enzo, 26 ans, jeune travailleur (ingénieur), Saint-Denis

Crédit photo Pixabay

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2 RÉACTIONS
  • camille 28 octobre 2016

    C’est puissant ce que tu as écrit, ça me donne envie de recontacter de vieux, vieux potes 🙂

    Merci pour ce coup de punch 😉 !

    • Monsieur Renard
      Monsieur Renard 30 octobre 2016

      Merci beaucoup pour ce compliment. Ces retrouvailles, c’est quelque chose d’extraordinaire que l’on n’ose pas forcément assez et si j’ai réussi par mon texte à transmettre suffisamment de choses pour inspirer cette idée, alors je suis comblé.
      Merci encore à toi

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