Allez viens j’t’emmène sur mon chemin…

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Saint Jacques de Compostelle tu connais ?

De nom peut-être : dans ton esprit c’est un pèlerinage pour les cathos, les pratiquants … un truc de religieux quoi. Et voilà que tout de suite tu rejettes l’idée simple d’en entendre parler : « C’est pas pour moi, j’suis pas comme ça ». Sache que moi non plus « j’suis pas comme ça ».

Et pourtant cet été j’entame ce chemin pour la troisième fois. La croyance en Dieu ? Je n’en sais rien. Je ne m’interroge pas vraiment sur son existence : par flemme ou par peur de connaître la réponse sans doute… Peu importe, là n’est pas la question. Ce n’est pas une quête catholique que je te propose, mais une quête religieuse au sens primaire du terme, celui de religio, celui de te relier non seulement avec les autres, mais aussi avec le monde qui t’entoure et surtout avec toi-même.

 

Compostelle

 

Alors je te propose un chemin : Saint Jacques. Ce n’est pas qu’un simple chemin de rando : c’est un chemin de rencontre, avec les autres et avec soi-même. Tu sais, il en existe des centaines partant d’Europe et rejoignant Santiago en Espagne (même si la véritable fin du chemin reste Fisterra sur la côte espagnole).

 

Compostelle 2

 

La carte des chemins de Saint-Jacques, on dirait presque une carte de réseau ferroviaire. Tu n’as que l’embarras du choix. Tu pars, seul ou accompagné, sac à dos bien plein (voire trop, au fil des kilomètres tu te débarrasses du superflu) et pompes bien choisies. Tu marches tous les jours, 10, 15, 25…35 bornes pour les plus courageux. Et au fil des semaines tu changes, sans même t’en apercevoir. Bien sûr tu perds du poids, bien sûr tu te muscles et tu reviendras tout-e beau/belle à la maison.

Mais ce n’est pas cette apparence physique qui importe le plus. C’est ce que tu seras à l’intérieur. Oui, mes phrases font bateau ! Mais tu sais, elles n’en sont pas moins vraies. Finalement, partir avec 3 culottes, 1 short, 2 t-shirts et vivre avec ça pendant 3 semaines, tu t’aperçois à quel point ta garde-robe te semble surchargée de choses futiles à ton retour.

 

Compostelle 3

 

Certes tu souffres. Ah oui, ce ne sont pas des vacances glandouille que je suis en train de t’offrir, un pèlerinage c’est difficile. Parfois, certains jours, les étapes sont interminables, tu te demandes ce que tu es venu-e bien foutre sur ce putain de chemin. Tu as mal : aux pieds, aux tendons, au dos… ça tire partout, tu es épuisé-e. Et pourtant, tous les jours tu recommences, tu ne lâches rien. Et une fois rentré-e, tu n’as qu’une envie c’est de repartir … alors pourquoi ?

Parce que sur ce chemin tu es libre. Libéré-e du système qui t’enferme dans ce cycle infernal t’avilissant : toi volontairement tu lui dis et tu adhères à tout ce qu’il te vend depuis ta naissance alors que finalement tu ressens une sorte de malaise profond. Tu as l’impression qu’il te manque quelque chose ? On t’a créé des besoins inutiles : tu ne sais pas ce que c’est que réellement manquer de quelque chose d’indispensable, et pourtant il y en a bien une qui te manque mais tu ignores ce qu’elle est. Sur le chemin, tes seules préoccupations sont primaires : manger, boire et savoir où dormir.
Tu marches, tu rencontres untel qui vient de l’autre bout de la planète et qui a entendu parlé de ce chemin soit par un mauvais film soit par un cousin éloigné. Tu parles anglais, italien, espagnol, … (français oui aussi). Et puis il y a ceux avec qui tu souhaites marcher plusieurs jours et ceux finalement avec qui tu ne marcheras peut-être que 5 min. C’est ton chemin, à toi de suivre les bornes et d’en faire ce que tu veux jusqu’à l’arrivée.

 

Compostelle 4

 

En bref, je te propose une alternative. Cette alternative peut être onéreuse, j’en conviens, quand il s’agit de s’équiper pour la première fois (l’équipement étant le plus important pour éviter la blessure). Parce que sur ce chemin, ce n’est pas 3 jours qu’il faut partir, mais 3 semaines minimum si tu souhaites réellement comprendre ce dont je suis en train de te parler. Perso, ça fait 2 ans que je suis pas partie, mais je n’ai pas arrêté de marcher pour autant.

Car oui, une fois de retour, ton pèlerinage continue : il y a un avant-chemin, mais il n’y a pas d’après. C’est une continuité. Année universitaire ultra-chargée désormais derrière moi, ce départ je l’attends … marcher, ne plus être enfermée, vider l’esprit, lâcher-prise et voir la nature. Cette année, je pars du Puy-en-Velay direction Saint-Jean-Pied-de-Port. Je vais découvrir notre belle France en parcourant 460 km, ne pouvant aller malheureusement au-delà. Tenté-e ?

 

Marie, 23 ans, étudiante, Aix-en-Provence

Photos de l’auteur

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