Bénévolat : présente pour les autres… et qui pour moi ?

seule
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Toute petite, j’ai eu le besoin de venir en aide aux personnes qui m’entouraient. J’étais l’oreille attentive, la bonne copine sur qui on peut se reposer et sur l’épaule de laquelle on peut verser une larme.

Une toute petite histoire devenait pour moi une lutte active pour laquelle je militais avec mes mots d’enfants et mon caractère franc. En grandissant, ce sentiment s’est imposé à moi comme un choix de vie.

Une deuxième famille…

Mes études ne m’intéressaient pas,  j’avais l’impression de perdre mon temps au milieu de tous mes cahiers.

Alors à 16 ans, j’ai fait le choix de devenir secouriste bénévole dans une association française tout en continuant mes études. Deux mois après mon inscription dans l’association, ayant obtenu mes premiers diplômes de secourisme, j’ai commencé à enchaîner les postes de secours de jour comme de nuit, tous les week-ends et pendant mes vacances aussi.

Je me laissais porter entre les blessures éphémères, la douleur des victimes, la peur des proches, la confiance dans l’équipe, les urgences, la vie, la mort …

Nulle part ailleurs je n’ai retrouvé cette adrénaline et cette concentration, que l’on rencontre seulement lors d’une intervention.

J’ai enfin trouvé ma place. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’être utile, d’avoir une deuxième famille qui comprend et partage la vision que j’ai de la vie et de l’humanité. Je suis fière aussi de lutter et de militer pour les valeurs que prône cette association, mais aussi pour l’engagement de la jeunesse dans le monde associatif.

… et pourtant seule

C’est vrai que ça n’a pas été facile tous les jours, mais on prend l’habitude de cacher les moments les plus compliqués, ce qui nous fragilise, déstabilise, derrière un fort caractère et une grande gueule, paré à toute épreuve.

Pourtant, j’ai parfois l’impression de m’être perdue dans tout cela. J’ai oublié de m’écouter, je me suis concentrée sur la douleur et la peine des autres, aux dépens des miennes. Les personnes qui m’entourent ne comprennent pas que je puisse souffrir à mon tour.

J’ai pris par habitude de tout intérioriser et de ne rien laisser paraître, mais face à la maladie d’un proche, face à la mort et au désespoir, je me retrouve seule, avec mon petit caractère.

 

Jeanne, 18 ans, étudiante, Avignon

Crédit photo Plume de Corbeau

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1 RÉACTION
  • Knl 14 mai 2015

    Salut Jeanne,

    Merci de ton texte. Réparer les autres plutôt que de se réparer soi même ou réparer les autres pour se réparer un peu aussi? On a toute une vie pour apprendre à se laisser chouchouter, de temps à autre, à accepter de se laisser porter plutôt que de porter le monde sur nos épaules. Ce n’est pas facile de s’ouvrir, de laisser voir l’intime, ce qui heurte, sûrement parce que c’est aussi faire face à ce qui est douloureux, comme l’ancrer dans une réalité extérieure, différente de notre réalité.
    Alors je te souhaite de trouver une épaule sur laquelle te reposer et d’accepter de t’y reposer aussi.
    Peut-être à bientôt de te lire, et bonne route 🙂

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