C’est pas des cracks !

Drogue
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Dans le cadre d’un projet collectif d’expression, des lycéens ont été amenés à s’exprimer sur leur rapport aux drogues, au tabac, à l’alcool. Voici leurs témoignages…

Je n’en retiens rien de bon, vraiment

“ Je m’appelle Jo, plutôt Jordan. La drogue était un jeu. Rien qu’un amusement. C’est devenu bien plus important après quelques mois. La cocaïne est entrée dans ma vie, alors que je n’avais rien demandé. Je n’ai rien vu venir. J’aimais bien, c’était cool. Je me sentais heureuse, c’était un sentiment de supériorité. Tout était parfait. Personne ne remarquait quoi que ce soit. Juste ma joie de vivre. Et puis j’ai perdu du poids. L’argent manquait. Je suis rentrée dans une psychose interminable. C’était la guerre pour obtenir le moindre sourire de ma part. J’étais sans vie. Je n’oublierai jamais cette partie de mon histoire. J’ai réussi à m’en sortir après six mois, après les coups, les larmes, l’argent, les grammes, le désespoir. Je n’en retiens rien de bon, vraiment. Mais je me nourris de l’espoir qu’un jour, dans ma vie, tout s’arrangera. Qu’un jour, toute cette histoire n’appartiendra plus qu’au passé. »

Helène*, 16 ans, raconte l’expérience d’un proche

 

Quand je vois mes amis fumeurs…

“Mon expérience de la drogue se résume à quelques bières de temps en temps et à quelques cigarettes que j’ai fumées avec des potes, pour essayer. Une fois, j’ai fumé du cannabis avec une amie, mais les effets qu’il a eus sur moi m’ont fait passer l’envie de recommencer. J’ai facilement réussi à arrêter de fumer, car j’ai très vite compris que cela ne me servait à rien. Quand je vois mes amis fumeurs, je me dis qu’ils n’ont pas eu la chance de se rendre compte assez tôt que cela n’allait pas leur apporter de bonnes choses. Quand je vois d’autres mis, dépendants d’autres drogues, plus dangereuses, je me dis que la situation est grave, qu’ils ont un problème, et que la meilleure chose qu’ils pourraient faire avec la drogue, c’est de s’en passer. Mon expérience au sein de ma famille est, je pense, une des raisons pour lesquelles, je ne me drogue pas. Mes parents n’ont jamais beaucoup fumé, et ils ont arrêté avant que l’envie d’essayer ne nous passe par la tête. Cela étant, ils ne nous ont jamais interdit d’essayer quoi que ce soit, ce qui nous a permis de ne pas vouloir faire de mauvaises choses uniquement pour nous sentir libres. C’est bien parce que je n’avais pas ce désir de liberté que je ne me suis pas senti “obligé” de fumer.”

Ahmed, 15 ans*

 

« Vous êtes convoqué chez le juge »

“Un matin, je commence à rouler un pet’. Je vois mes amis me faire signe, et là :
– Monsieur, venez nous voir s’il vous plaît
Et voilà, les flics :
– Vos papiers !
Dans ma tête, un gros courage.
– Venez avec nous !
Gros moment de peur.
– Votre adresse s’il vous plaît.
Voilà, je suis foutu, merde…
– C’est bon, vous pouvez rester là, ne recommencez pas, vous êtes convoqué chez le juge !”

Pierre*, 15 ans

Quand marcher droit devient un défi

“La drogue, le paradis sur Terre pour certains, une crainte pour d’autres et une incertitude pour moi. C’est ma première année au lycée et du haut de mes 17 ans, je vois les autres fumer. Beuh, shit, peut-être même « plus » pour les plus courageux. Pourquoi commencer quand les adultes disent que « la beuh, ça grille les neurones » et quand on sait que c’était, c’est et ce sera illégal ? Mais en même temps, pourquoi ne pas commencer quand vos potes disent que « ça fait planer », et quand presque tous les gens de mon âge s’en roulent un par jour ? Le cœur balance, j’essaie. La première fois, découverte, je ne me pose pas la question de savoir si j’aime ou non. Je ne fais que profiter de l’instant. Celui où marcher droit devient un défi et où le rire est omniprésent, pour pas grand-chose. Alors, j’en reprends une fois, deux fois, trois fois. Puis, une fois de trop. Ce soir là, après avoir fumé, ma tête tourne, bourdonne. Je vois même une spirale quand j’essaie de fixer mon regard. Et puis je vomis. Le mal de crâne arrive, puis s’arrête peu de temps après. Finalement, je réussis à m’endormir. C’est ce genre d’expérience qui fait qu’à l’heure qu’il est, je ne touche à rien. Ni beuh ni shit. Peut-être juste une clope de temps en temps.”

Jean*, 15 ans

 

Cela ne sert pas à être heureux ou à faire la fête

“Je ne bois de l’alcool que pendant des fêtes familiales, mais pas en présence d’adultes. Je n’ai pas envie de fumer ou de boire de l’alcool. Pourquoi le faire ? Pour avoir des problèmes de santé ou autres ? Je pense que les policiers sont flexibles avec les jeunes qui consomment et ne font rien de dangereux. Quand je vois une personne proche boire, je me dis que je pourrais faire pareil, mais quelque chose me dit de ne pas le faire. Un proche fume depuis longtemps (30 ans) et n’a jamais eu de soucis de santé. La cigarette ne me fait pas envie et je trouve ça bien de ne pas fumer. Je pense que cela ne sert pas à être heureux ou à faire la fête, mais à faire comme ses amis. Je pense que la drogue est dangereuse et peut nous coûter la vie, et celle des autres aussi : accidents de la route après avoir trop bu, cancer des poumons (ou autres maladies) à cause du tabac. Nouvel An 2015. C’est le moment où j’ai le plus bu, mais rien de grave ne s’est passé ; alors que d’autres jeunes de mon âge ont vomi ou ne se sentaient vraiment pas bien. J’ai eu l’impression que tout le monde ne tenait pas l’alcool, alors j’ai arrêté de boire.”

William*, 15 ans

*Les prénoms ont été changés.

 

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