Comment je n’ai pas trouvé l’amour via internet

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Voilà quelques années que je m’intéresse aux rencontres sur internet. Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à s’inscrire sur un site ? Quelles sont les chances de « réussite » ? Quels types de rencontres fait-on ? Peu importe finalement la raison pour laquelle on décide de s’inscrire sur un site de rencontre… Un jour, on se lance et on découvre le vaste univers de l’amour « virtuel ».

Les premiers échanges sont super sympas. Le mec est agréable, gentil, intéressant… On apprend à se connaître, j’ai envie d’en savoir plus sur lui, d’aller plus loin. Pour ne pas avoir de mauvaises surprises, les questions désagréables sont posées dès le début : « T’es sûr, t’es célibataire ? Ça fait combien de temps ? Tu recherches quoi exactement ? Non, parce que moi les coups d’un soir, je n’en veux plus ! T’as des enfants ? »

On finit par échanger nos numéros de téléphone. Alors là, miracle : sa voix est suave et rieuse. Ça y est, on commence à fantasmer. C’est à se demande si on n’est pas dingue : comment est-ce qu’une voix peut faire autant d’effet ?

Heu… rien à voir avec la photo

Le jour de la rencontre arrive. L’estomac est noué et les mains sont moites. Un dernier – long – chek-up devant le miroir, et c’est parti. Il faut être au top. On joue sa vie ! Ou pas…

Je choisis le lieu. Je veux un endroit d’où je peux m’échapper facilement en cas de problème. On ne sait jamais : les malades, ça existe.

J’arrive dans le bar, et là : le choc. Rien à voir avec la photo, ou si peu. Le garçon est nettement moins charmant. Eh oui ! L’angle de vue, la luminosité, la distance… On n’y pense pas assez quand on craque pour quelqu’un sur internet.

Je me dis que je vais quand même essayer de le connaître, on ne peut tout de même pas tout miser sur le physique. Qui sait, il a peut-être plein de choses à offrir ! Il vaudrait mieux…

On parle, on parle… Il est très gentil. Vraiment trop gentil. Il est séparé depuis peu, et tu comprends pourquoi. Il n’a pas du tout confiance en lui ; timidité presque maladive.

Comment s’en débarrasser ?

Et là, c’est dur : il faut réussir à abréger en douceur le rendez-vous, sans qu’il comprenne que c’est de sa faute. C’est digne d’une stratégie militaire !

Bien sûr, avant une telle rencontre, on a pris la précaution de prévenir une copine. Tout est prévu : un message en guise d’alerte et elle arrive. La solidarité féminine, il n’y a que ça de vrai !

Je lance le message de détresse. La copine arrive avec d’autres amies, comme de par hasard : « Ça alors ! » Mais le mec ne décolle pas. Il ne veut pas comprendre, ou peut-être se dit-il tout simplement qu’il ne veut pas perdre sa soirée et rentrer, seul.

Alors, on passe à la vitesse supérieure. On dit qu’on va se faire un restau entre copines. Et il nous suit, toujours. Il passe la soirée avec quatre filles qui n’arrêtent pas de piailler sans le calculer. Cela ne le dérange pas.

Finalement, le moment de se dire au revoir arrive. Après de longues heures de solitude, j’ai l’impression qu’il a fini par comprendre que je ne suis pas intéressée. Et mes copines non plus. On se dit « à bientôt », en espérant que ce « bientôt » n’arrivera jamais.

Des expériences riches… en fous rires

Je ne sais pas pourquoi, ce soir-là, je n’ai pas été plus directe avec ce type. La peur de le blesser peut-être. Je pense aussi que quand je me suis rendue compte que son physique me « bloquait », je me suis trouvée bien superficielle. Je n’ai alors pas voulu être la fille qui s’arrête là-dessus. J’ai finalement réalisé que bien au-delà du physique, il y a une question d’attirance, qui ne dépend pas – que – de celui-ci. Le charme n’avait tout simplement pas opéré.

J’avais déjà fait des rencontres avant celle-là, et j’en ai fait d’autres après. Toutes plus catastrophiques les unes que les autres.

Je ne regrette pas ces expériences. Elles ont été riches en fous rires ; pour moi et mes amies, et sûrement aussi pour le garçon dont je parle ici, avec le temps. J’espère qu’il s’est un peu moqué de moi et de mon incapacité à lui dire les choses en face, directement, comme n’importe qui l’aurait fait.

Sophie, 23 ans, étudiante en psychologie, Angers

Crédit photo Flickr CC Steve Hankins

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