Le quoi ? Le bonheur ! C’est…

Ben Heine
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C’est l’Imagination.

C’est ce monde intérieur infini, si riche, la grande photographie ; une barrière face à l’ennui. C’est la contemplation.

C’est s’arrêter. C’est prendre le temps de cueillir des fleurs, les respirer, confectionner un bouquet. C’est l’offrir surtout. C’est le grand sourire en retour.

C’est le stylo sur la feuille et la joie qui coule, les larmes qui sèchent.

C’est s’affaler sur ton lit et rire, rire, rire ensemble sans savoir vraiment pourquoi et sans s’arrêter.

C’est parler. Parler et se rendre compte qu’on n’est pas si éloignées, même bien plus proches qu’on ne pouvait le souhaiter, l’imaginer. Ma petite sœur, mon trésor.

C’est le carreau de chocolat noir très fort sous le palais après déjeuné.

C’est ta main dans la mienne et une ville à découvrir.

C’est le face à face avec l’avion, les peurs d’enfant envolées et les pieds qui trépignent. C’est le grand décollage et l’horizontalité. C’est cette nouvelle langue à appréhender, sentir monter en moi, me capturer.

C’est les immenses peurs et les câlins qui les enferment, les cajolent, les guérissent. C’est l’enfant dans la rue qui se questionne, fixe sur moi son regard. C’est ne pas lâcher ce regard,  sourire à l’enfant, le remercier.Bonheur

C’est les longs mails de vacances envoyés, la correspondance intime qui colore, fait rayonner. C’est nos infinies soirées aux grandes réflexions, aux rires qui s’élèvent et aux yeux qui s’agrandissent.

C’est marcher seule sans trop savoir où aller, traverser un marché, un parc, une allée et contempler la vie des gens tout autour. C’est aimer leur bonheur, le serrer très fort.

C’est l’immense sourire qui s’étire dans mon ventre lorsque tu es là. C’est décider de s’écouter, toujours.

C’est tous ces corps qui prennent leur cœur, leur courage pour porter, faire gonfler, une action, une vie, une idée.

C’est cuisiner ensemble et savourer cet instant. C’est ma main le long de ton dos au matin. C’est le jeu des chats dans les herbes folles. Et les envier.

C’est les nuits collés qui excluent le monde et abolissent le temps. C’est nos corps qui s’apprivoisent.

C’est l’orange enflammé de l’automne. C’est l’odeur de la lavande et ne pas quitter l’oreiller. C’est la pensée furtive.

C’est les lectures qui font bondir le cœur. C’est la difficulté de s’engager, la douleur de l’entre-deux puis le doux constat que l’on s’est en fait déjà engagé, il y a bien longtemps et pour de vrai. C’est le sentiment d’être investie dans tout à l’intérieur de soi à cent mille pour cent.

C’est te dire je t’aime et recommencer.

C’est les grandes larmes qui inondent et l’amitié qui console. C’est la fleur de glycine au bord du Rhône arrachée, les bras qui enveloppent et la joie qui fait une étincelle.

C’est le goût sucré du jus de fraise et l’appel de l’été. C’est le grand calfeutrage des soirées enneigées.

C’est passer un temps fou à réfléchir, confectionner, soigner, créer une surprise pour te faire plaisir. C’est la satisfaction lorsqu’elle est terminée, l’idée ravie de te voir la découvrir, t’enchanter.

C’est apprendre. C’est la vérité d’être tout petit, infime petit bout d’être dans l’univers. C’est s’en sentir à la fois effrayée, rassurée.

C’est tous ceux que j’aime et que je vais apprendre à aimer.

C’est la certitude d’en avoir tant oublié et le gigantesque soupir de bien-être à cette idée.

C’est la faille de chaque moment, sa fenêtre, sa grande bulle dorée. C’est à tâtons ou tête baissée, y pénétrer.

Mon bonheur.

 

Maya, 19 ans, étudiante, Lyon

Crédit photo Flickr / Ben Heine

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