Clothilde J.

Clothilde J.16 février 2015

Je m'appelle Clothilde, j'ai 21 ans, je viens du Nord de la France. Je suis passionnée par l'écriture, j'aime écrire des textes de toutes sortes (article, sketchs, parodies, des scénarios etc...) Je suis un peu geek, dans le sens ou je joue aux jeux vidéo, qu'ils soient rétro ou récent, j'aime les mangas (mon préféré: Bobobo). A première vue je suis quelqu'un de timide, mais une fois plus à l'aise je me lâche plus. Mon rêve: jouer mes sketchs sur internet, pas forcément pour en vivre, mais juste pour le plaisir et divertir les autres.

Ma famille, ma censure

Pour Clotilde, 21 ans, difficile de s'imposer et de faire valoir son avis dans la vie de tous les jours. Alors elle veut prouver qu'elle a aussi le droit de donner son opinion et que ce qu'elle dit est intéressant.

Par Clothilde J.16 février 2015

Je suis censurée. Pas tout le temps, mais assez souvent. Cela joue sur mon estime de soi. J’ai l’impression de dire des choses inintéressantes, ou encore pire : on essaye de me faire passer pour la méchante alors que je ne dis que la vérité. Ou alors on ne tient pas compte de ce que je dis. Et ce, que ce soit avec ma famille, mes amis, à l’école, chez le médecin, en cours de musique, etc.

En famille, dès que je dis un truc : je suis jugée

Je me confie peu à ma famille, et j’ai mes raisons. Je n’ai même pas le droit de prononcer le mot « pornographie » à la maison ! (Alors que mes parents et ma grande sœur eux ont le droit). Je ne sais pas pourquoi, peut-être pensent-ils que je suis encore une petite fille et refusent-ils de me voir grandir… J’ai 21 ans quand même ! Dès que je dis un truc, je suis jugée. Par exemple : je voulais faire une licence de cinéma, ma sœur m’a jugée et m’a ordonné de laisser tomber cette idée. Ma famille m’a forcée à faire un BTS ESF alors que je ne voulais pas. Mais je me suis écrasée sur le coup. Puis je me suis dit que ce BTS allait me plaire (oui en gros ma famille m’a manipulée). Après, quand je me suis réorientée pour faire des études autres que du social, mon père a voulu que je quitte la maison.

À la fac, je ne supporte pas certaines personnes de mon groupe, par moment j’ai envie de hurler et de mettre des claques à ces personnes ! Mais bon, je ne le fais pas, je ne deviens pas violente, car je risque des ennuis, et en plus ces gens n’en valent vraiment pas la peine, je n’ai pas envie de me fatiguer avec eux, je suis assez fatiguée comme ça.

Avec mes amis, je me censure assez rarement. Avec mes vrais amis en tout cas. Avec les amis moins proches, je m’écrase un peu, surtout s’ils sont plusieurs à penser différemment que moi. Par exemple : j’ai une « amie » très catholique. Une fois, pendant la pause, elle nous a lu un passage d’un livre catholique. Dans ce livre, les homosexuels, les voleurs, les violeurs et les drogués étaient mis dans le même sac. Je n’ai rien dit, mais j’ai trouvé cela honteux. De plus, sur Facebook, elle a écrit que le mariage pour tous ne la dérangeait pas, mais que les homosexuels allaient comprendre leur douleur quand la colère de Dieu allait s’abattre sur eux. Vu le soutien qu’elle a reçu, je me suis autocensurée, mais je n’en pensais pas moins…

Autant dire ce que je pense !

Je ne vais pas revenir sur chaque moment de ma vie où j’ai été censurée, sinon ce texte ne serait jamais fini. Juste pour dire que la censure peut avoir de graves conséquences. Il faut savoir dire les choses en restant respectueux, mais il faut se censurer le moins possible, et ne pas se laisser manipuler par des gens qui – soi-disant – veulent votre bien, notamment par la famille. Je me suis laissée faire et résultat des courses : on me prend pour un bébé, on ne m’écoute pas. Je n’ai qu’une envie : partir, avoir un travail et quitter la maison pour leur montrer que je suis une adulte, et pour avoir la paix.

Après, par moments, c’est sûr, on préfère ne rien dire, car quand ils sont plusieurs à penser de la même façon, on préfère suivre le groupe. J’ai toujours eu du mal à m’intégrer dans un groupe, car je suis très timide, et un peu spéciale. Je suis originale et il n’y a aucun mal à l’être. J’ai essayé de m’intégrer en vain, alors autant dire ce que je pense ! Mais bon, plus facile à dire qu’à faire…

En conclusion : pense ce que tu veux, dis ce que tu veux, mais surtout, te fais pas gauler.

Clothilde, 21 ans, étudiante en L1 de cinématographie à Lille 3

Crédit photo Flickr CC Amy

TAGS :

2 réactions

  1. Salut

    Ton texte semble intéressant et je comprends ce que tu vis. Mais le rythme de ton texte est un peu mou. C’est dommage, tu as des choses intéressantes à dire mais ca se lit tristement. Après ce n’est que mon avis et ma critique ne cherche en rien à être blessante, mais bien constructive (si effectivement tu aimes écrire).

    Bon courage et bonne suite.

    Bises

  2. Salut Clothilde, je suis d’origine étrangère et suis partie de chez moi à 18 ans (j’ai aujourd’hui 26 ans ) pour étudier en France et je me reconnais mot pour mot dans ce que tu dis là . Sache qu’encore plus dans une culture comme la mienne on se sent plus que “nul”. Les gens sont des moutons dans la société et l’originalité dérange à vrai dire. C’est drôle mais je n’aurais pas cru tomber sur quelqu’un comme toi et me sentir si bien après t’avoir lue. Je suis soulagée et fière de toi ! Ton coup de gueule je le ressens profondément. Suis ta voie, laisse pas les voix des autres de faire regretter tes choix, et puis enfin tu es une adulte et tu as bien le droit d’être toi-même.

    C’est dingue si tu savais combien de colère et d’injustice il y a au fond de moi qui n’attendent que sortir. Si tu savais, combien petite je m’effaçais pour laisser mes parents, ma famille faire des choix malencontreusement à ma place, que je croyais bien mais qu’au final à mes 18 ans je me rendais compte que j’étais la majeure partie du temps manipulée par ces deux là qui ne s’entendent que sur mon sujet pour décider à ma place de ce qui est bien pour moi, et puis eux entre eux sont des toxiques. Ils n’en veulent qu’à leur image.

    On m’a plusieurs fois dit que j’étais une honte, ou que je n’étais pas une enfant qui “met en valeur”. Jamais dit ‘fière de toi” ou “je t’aime”. Chaque “différence, curiosité ou originalité” de ma part était perçue comme quelque chose de mauvais. Alors que je suis spéciale comme tu le dis si bien et comme toi j’ai du mal à m’intégrer dans les groupes et les ragots de filles sur les gens et les mecs ne m’intéressaient pas . Plus jeune, j’ai longtemps cru à une anormalité venant de moi mais durant tout ce temps, ils essayaient de me faire à leur sauce, d’être bien comme ils veulent et sinon rien “on ne te donne rien si tu n’es pas si, si tu ne me fais pas ça”. J’avais pas droit à des cadeaux d’anniversaire (mon père oubliait ma date d’anniversaire) ni bonbons, ni argent de poche, ni gadgets. Pas d’internet à la maison, pas d’ordinateur. Je découvrais les chose à la télé ou chez les camarades. Tout était prétexte pour ne pas dépenser le moindre sou de plus et les sorties étaient très rares.

    Les devoirs qui exigeaient internet (exposés etc.) je les faisais jusqu’à 12h00 /1 h du matin au cyber à côté de mecs fumant et draguant en chat sur msn à l’époque. Je risquais d’être quasi violée dans la rue parfois. Sachant que plusieurs fois j(ai été insultée à 13/14 ans de p***. Je volais les pièces sous le canapé pour aller chez l’épicier et avoir des sucreries. L’argent c’était pour les frais scolaires pas plus. Il dit ” je vous montre ainsi la valeur de l’argent” !

    Alors imagine la honte quand t’as des chaussures usées à l’école ou des vêtements de la grande sœur recousus ou un peu grands sur toi. A cause d’eux, je me suis sentie décalée des élèves de ma classe, l’intégration n’en était que plus illusoire. On sait à quel point il est primordial durant l’enfance de se sentir soutenu. Mon père, exactement comme toi, à chaque choix libre d’études de ma part (j’adorais l’art et le dessin donc j’ai voulu faire archi d’intérieur) m’a convaincue du contraire, a insulté la formation en question (pas d’avenir, c’est de la rigolade et pas un métier gagne pain) ou le métier par exemple de graphiste ou journaliste comme étant des métier de m***e .

    Physiquement quasi tout le temps critiquée, je ne correspondais pas à ce qui pouvait être beau pour eux, jamais jolie à leurs yeux comme si le mot prononcé leur trancherait la lange en deux. C’était plus les gens extérieurs qui le leur disait. Donc, je me suis très tôt recroquevillée sur moi-même, devenue très méfiante, silencieuse, très timide, me convainquant que j’était moche et que jamais je plairais à personne. Pas eu de copain. Sans oublier un foyer où baignent les insultes à tout va.
    Alors aujourd’hui, je m’en retrouve très impactée, blessée psychiquement et j’ai des séquelles sur mon estime de moi, à chaque défis dans ma vie, je me sens incapable d’être à la hauteur. Lorsqu’un mec ose venir vers moi, je suis plus que pétrifiée, je n’y crois pas et me dit que c’est impossible qu’il me trouve jolie. Voilà mon histoire.

    Je t’envoie beaucoup de belles ondes et de courage, Tu as raison de faire ce que tu aimes et ta vie elle est à toi à personne d’autre ! J’ai trop écris désolée, les mots sortent sans m’en apercevoir, j’espère que tu me liras jusqu’au bout. Bises !