Grace M.8 juin 2016 3 mn

Deux citations me définissent mieux que tout ce que je pourrais chercher à dire de moi... « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. » Martin Luther King « Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d'entendre, ce que vous croyez entendre, ce que vous entendez, ce que vous avez envie de comprendre, ce que vous croyez comprendre, ce que vous comprenez... Il y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même. » Bernard Werber

Oui j’ai 20 ans et je me marie déjà !

Le choix de Grace, 20 ans, défie-t-il vraiment les croyances et tendances populaires ? Se marier à cet âge avec un garçon rencontré à 14 ans, lui demande sans cesse de se justifier.

Par Grace M.8 juin 2016 3 mn

J’ai 20 ans et je vais me marier dans un mois.

“Tu sais, tu vas aimer d’autres personnes”

Non, ce n’est pas un mariage forcé et oui, je suis sûre que c’est l’homme de ma vie. Mais il semblerait que les gens en aient décidé autrement. “Mais tu n’as que 20 ans, tu ne connais rien de la vie !”, “T’es folle !”, “Comment est-ce-que tu sais que c’est le bon ?”, “Mais t’as même pas essayé avec d’autres ?”, “C’est dingue…”, “Tu sais, tu vas aimer d’autres personnes.” Bonjour le soutien ! Alors le 13 janvier 2013 on se ruait dehors pour défendre haut et fort les valeurs du mariage pour tous et aujourd’hui c’est à reculons que l’on m’encourage à me marier ?
L’incompréhension s’installe en moi et laisse place à un brouillard total. Je me sens seule. Certes, le soutien de ma famille et de mes amis proches est bien plus que suffisant. Mais je ne comprends pas. Alors j’essaye de justifier le comportement de ces personnes-là. Je me dis qu’après tout elles doivent penser que je ne sais pas ce que je fais et si elles pensent ainsi, c’est sûrement parce qu’elles ne connaissent pas notre histoire.

“Si c’est la volonté de Dieu, on se retrouvera plus tard”

On s’est rencontrés en colonie de vacances. On avait 14 ans. Ça a été le coup de foudre. Mais on savait pertinemment qu’à 14 ans, il nous était impossible de construire quoi que ce soit ensemble. De plus, il habitait à 300 km de chez moi. Le problème était vite résolu. Mais c’était sans compter sur notre foi. En effet, on a toujours cru l’un comme l’autre que le mariage était plus qu’un contrat papier mais quelque chose que Dieu a voulu pour les hommes et quelque chose de bon à la base. Alors on s’est simplement dit ceci : “Si c’est la volonté de Dieu, on se retrouvera plus tard.” Je crois que plus tard voulait dire 10 ans dans sa tête, alors que moi c’était plutôt un truc genre 6 mois.

Si le commencement de cette histoire pouvait ressembler à un téléfilm de Disney Channel, les quatre années suivantes furent moins roses et moins peuplées de licornes.

C’est lui, c’est le bon

Alors que la distance ne changeait rien à mes sentiments et que le temps passait, je m’accrochais désespérément à ce que l’on s’était dit à la fin de l’été et comme une princesse dans son immense château, je m’amusais et l’attendais.

De son côté, ce n’était pas la même histoire. Certes il s’amusait mais il ne m’attendait pas du tout et d’autres filles en profitaient. Je ne vais pas les blâmer, comment peut-on lui résister ? Mais je n’étais pas ce genre de fille à m’accrocher jusqu’à ce que ça fasse mal. Pourquoi est-ce que j’étais encore là alors? Je ne sais pas, une sorte de conviction. Un truc viscéral. C’est lui, c’est le bon. Et j’en était sûre. On n’avait pas tout à fait perdu contact. On parlait sans se parler, on se confiait de loin, par texto, par skype, sans jamais dire “nous”, sans jamais franchir le pas, en frôlant la limite de  l’“amitié”. Puis un jour, tout s’est arrêté. Il avait une copine et c’était du sérieux.

Et je n’étais pas débile, j’ai coupé les ponts.

Ce pari, je fais le choix de le relever

Je savais pourtant, au fond de moi que c’était la bonne personne. Je sais, c’est dur à comprendre. Moi-même, je ne comprenais pas. Pendant cette période-là, seul Dieu était mon confident – et ma mère. Je me disais, qui à part eux deux, pourraient m’écouter sans me juger, sans chercher soi-disant à m’aider en me disant de laisser tomber ? Je leur parlais de tout et ne leur cachait rien, de la colère la plus sombre et froide au pincement d’espoir qui venait réveiller une force que je ne me connaissais pas.
Puis on s’est retrouvés au bout de ces quatre années, et on s’est mis ensemble. C’était comme une évidence de continuer et dire “oui” quand il m’a demandé en mariage l’année suivante. Le mariage représente pour moi un engagement devant Dieu, parce que je crois en lui, et devant les autres. C’est un engagement qui est unique car il est à vie, c’est-à-dire qu’il ne prendra fin que lorsqu’un des deux membres qui se sont engagés ne sera plus vivant. Alors oui je n’ai que 20 ans et je ne connais sûrement pas grand chose à la vie, oui je suis peut-être folle parce que c’est un pari fou de s’engager auprès d’une seule personne pour le restant de ses jours et ce quelles que soient les circonstances de la vie, mais ce pari, aussi fou qu’il puisse être, je fais le choix de le relever.

Ce n’est pas parce que je me sens plus forte que les autres, mais parce que je crois encore que c’est quelque chose que Dieu a prévu, que c’est quelque chose de bon et je vais m’engager, avec son aide, à aimer et soutenir l’homme de ma vie quel qu’en soit le prix. Cet engagement est une question de choix et de responsabilité, et à 20 ans, même si ce choix défie les croyances et tendances populaires, je suis déterminée à croire qu’on peut encore le faire.
Grace M., 20 ans, étudiante en psycho, Brest

Crédit photo Pixabay

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2 réactions

  1. Une telle force de conviction : chapeau et toutes mes félicitations
    Surtout suivez notre voix et bonne continuation pour la suite

  2. Bien que plutôt partisan de l’amour lire, votre témoignage m’a touché…
    Qui l’eût cru?