Melissa A

Melissa A10 décembre 2014 8 mn

Comment j’ai appris à revivre après avoir été victime d’un viol

Une femme sur cinq n'ose pas parler quand elle s'est faite violée. Mélissa raconte et conseille celles qui pourraient subir la même chose qu'elle. Et surtout, comment apprendre à revivre.

Par Melissa A10 décembre 2014 8 mn

Suite à l’article que j’ai lu dans ZEP sur une jeune fille violée à l’âge de 13 ans, j’ai souhaité réagir. Récemment une de mes amies a été elle aussi violée. Elle n’en a parlé qu’à moi, elle habite à l’autre bout du monde. Après une tentative de suicide elle a été prise en charge par un hôpital en Australie, à côté de là où elle habite. Tous les jours, nous parlons par Whatsapp, elle a besoin de soutien, elle a besoin que je lui rappelle chaque minute qui passe qu’elle n’est pas fautive, qu’elle n’est pas dégoûtante, qu’elle est courageuse, qu’elle ne doit pas détruire son corps, qu’elle est importante pour de nombreuses personnes, que personne ne va la juger, qu’elle a encore de belles choses à vivre et surtout, qu’elle va réussir à survivre et à retrouver le sourire.

Désormais elle a peur de tout

Pendant des semaines, elle a perdu la parole, elle communiquait avec sa thérapeute sur du papier, et m’envoyait des sms. Pendant des semaines, elle mangeait l’équivalent d’un fruit par jour, voire moins. Elle est restée sur un lit d’hôpital pendant des semaines, trop faible pour faire le moindre mouvement. Juste après ce qui lui est arrivé, elle s’est jetée à de nombreuses reprises dans les escaliers, pour être sûre de ne jamais tomber enceinte. Aujourd’hui encore, elle angoisse à l’idée d’être enceinte et elle sait que dans 9 mois, ce sera toujours le cas. Elle a peur de sortir, elle a peur que les gens la voient, elle a peur qu’ils comprennent, qu’ils lisent tout sur son visage et qu’ils la jugent.

« Merci tu m’as sauvée »

J’aurais souhaité que cela n’arrive jamais. Mais aussi horrible que cela puisse être, elle m’a sauvé la vie. Quand elle m’a annoncé ce qui lui était arrivé, je n’ai pas hésité. Je lui ai tout raconté. Ce qu’il m’était arrivé cinq ans auparavant. Cela semblait si normal, je voulais juste la sauver, je voulais lui montrer, que oui, on s’en sort. Cinq ans de silence. Je n’avais jamais rien dit à personne. Une fois à un ami, vaguement, il y avait deux ans de cela, mais sa réaction m’avait également fait peur, j’avais préféré rester dans le silence. Alors, chaque minute que je passe à parler avec cette amie, je l’encourage à vivre, je lui montre que tout n’est pas perdu. On essaie de trouver ensemble des solutions. Quand elle me dit « merci, tu m’as sauvée », je ressens en moi comme la sensation d’être sauvée également.

Pourquoi il faut parler

Les cinq ans de silence que j’ai subi, ont provoqué de graves lésions mentales. Depuis un an, je suis suivie par un psychiatre. Je ne suis plus capable de penser correctement ou de réfléchir sans médicaments. Dormir ne se fait également pas sans. J’ai parfois des images de violence qui tournent en boucle dans ma tête sans que je puisse les contrôler, obligée de les subir. Je ne suis plus vraiment dans mon corps. Je ne suis plus vraiment dans ma vie, du moins, plus sans ces médicaments. Je n’ai pas été capable de retrouver une relation normale avec qui que ce soit. Pourtant je me suis forcée, je n’ai pas voulu être de celles qui ont peur des hommes. Et aujourd’hui encore mes amis les plus proches sont des hommes. Mais avoir un rapport relève de l’inimaginable.

Bref, si toi qui me lis tu as été victime de telles horreurs, il faut parler. Aussi insurmontable que ça puisse paraitre il faut le faire. Parce qu’enfermée dans cette prison d’angoisse, on s’autodétruit.

Des signes qui alertent

J’aimerais en profiter pour m’adresser aux proches des victimes. Avant toute chose, je tiens à préciser que la liste de conseils qui suit est non-exhaustive. Elle est uniquement tirée de mon expérience personnelle (en tant que proche de victime et de victime même). Je ne suis pas une professionnelle, et certaines choses seront plus ou moins importantes selon les gens. Il est très rare qu’une victime de viol parle directement après son agression, si c’est le cas, c’est votre chance : plus tôt elle est prise en charge, moins elle aura de séquelles sur le long terme. Bien évidemment, une personne qui révèle son traumatisme des mois ou des années plus tard est également à prendre en charge. C’est l’occasion de lui offrir une nouvelle vie.

Différents signes peuvent vous alerter : refus de tout contact corporel (même pas une poignée de main), méfiance constante vis-à-vis des autres, agressivité systématique et disproportionnée, comportement dépressif mais également évitements sexuels et / ou relationnels, rejet de soi-même, conduites d’échecs (boulimie, anorexie, obésité, tentatives de suicide) ou refus des autorités masculines. Il peut également y avoir des refus de soins dentaires et gynécologique.

Ces mots scandaleux pour une victime de viol

Voici d’abord quelques phrases qu’une victime de viol ne devrait pas avoir à entendre :

« C’est de ta faute, tu n’avais qu’à pas … »

« C’est fini, il serait peut-être temps que tu arrêtes de te plaindre et que tu tournes la page. »

« Il faut que tu oublies maintenant. »

« Tu mens, cela n’est jamais arrivé. »

« C’est pas si grave, ça arrive souvent. »

« Il serait peut-être temps que tu pardonnes. »

Mes conseils pour réagir

Ne jamais laisser la victime seule. J’entends par cela qu’il ne faut non seulement pas l’abandonner dans sa douleur, mais il faut aussi être présent constamment pour elle, que ce soit la présence physique ou virtuelle (le mieux reste la présence physique, mais souvent la victime refusera de voir qui que ce soit pour un temps). Il faut toujours être disponible pour elle si elle en a besoin.

Faire le lien avec la justice. Même si la victime décide de ne pas porter plainte, il faut insister sur l’illégalité de ce qu’elle a subi. Cela peut sembler logique, mais cela ne l’est pas pour elle. Elle a perdu le sens des réalités. Il faut bien lui faire comprendre qu’elle est victime et que les personnes qui lui ont infligé cela doivent être jugées et qu’elle devrait porter plainte. C’est particulièrement important pour une personne victime d’agression commis par un membre de la famille ou un proche. La victime aura encore plus de difficulté à faire le lien.

Ne pas la forcer à parler, mais l’encourager à le faire. Si vous pensez qu’une amie a été victime de viol (ou d’une quelconque autre agression d’ailleurs), il faut lui laisser le temps d’en parler par elle-même en lui précisant bien sûr qu’elle peut vous faire confiance, que vous ne la jugerez pas.

Lui conseiller de voir une psy ou de s’adresser à tout autre professionnel. Là encore vous n’êtes pas professionnel et aussi importante que puisse être votre présence, celle d’un psychologue ou d’un psychiatre reste essentielle. A nouveau, vous ne pouvez la forcer, mais essayez d’être le plus persuasif possible. De préférence une femme, car le rapport à l’homme est souvent brisé. Il peut aussi être utile d’assister à des groupes de paroles. Cela lui permettra de se rendre compte que oui, on s’en sort.

Faire attention à ses besoins primaires. Une victime de viol doit réapprendre à vivre, les choses habituelles de la vie peuvent devenir des épreuves quotidiennes. C’est pourquoi il faut l’assister constamment. Lui rappeler de manger, boire. De nombreuses autres habitudes peuvent ne plus être exécutées, comme aller aux toilettes, s’habiller, se coiffer, se laver, etc. Ne soyez pas étonné.

Faire attention à ce qu’elle ne se blesse pas. Le dégoût de soi est fréquent chez la personne victime de viol. Elle peut tenter de se faire du mal de n’importe quelle manière :  brûlures, coupures, grattements violents, arrachage de cheveux, acide… n’importe où, surtout au niveau des parties intimes. Elle peut également tenter de mettre fin à ses jours. Une victime de viol ne peut plus supporter de voir son corps et souvent, tentera de s’infliger une douleur physique forte dans l’espoir de supprimer la douleur psychologique qui la hante. Qu’importe la manière dont elle se fait du mal, si c’est le cas, le séjour à l’hôpital est obligatoire.

Regarder la réalité en face. Oui, elle a bien vécu cela. Non ce n’est pas inventé. Non, il ne faut pas qu’elle oublie même si c’est dur, même si cela la dégoûte et la terrifie. L’oubli va la consumer de l’intérieur, pouvant provoquer de nombreuses lésions. Il est important qu’elle nomme ce qu’elle a vécu ou ce qu’elle ressent et essayer de l’aider à comprendre tout cela. Qu’elle fasse le lien entre l’abus et les symptômes. Il faut vraiment l’encourager à montrer ses émotions (pleurs, cris etc..) afin qu’elle reprenne le contrôle de son corps qui lui a été arraché lors de l’agression.

Être compréhensif et attentif. De nombreux actes effectués par une victime peuvent paraitre bizarres ou illogiques pour les autres. Elle peut, par exemple, avouer ce qu’elle a vécu, puis quelques jours ou semaines plus tard annoncer qu’elle a menti. Elle peut également mentir sur de nombreuses autres choses : dire qu’elle est allée voir la police, qu’elle consulte une thérapeute, qu’elle n’est pas seule. Simplement pour qu’elle puisse restée seule, cachée, loin du reste du monde. Elle peut également se mettre en situation de danger (choix de conjoint violent par exemple) afin de vérifier qu’elle est désormais capable d’éviter l’agression. Elle peut également devenir parano, avoir le sentiment que les gens à l’hôpital souhaitent l’empoisonner ou que les individus dans la rue la fixent avec un regard accusateur. Dans tous les cas, il ne faut jamais la traiter de menteuse, il faut rester compréhensif. Elle peut avouer ne pas avoir été victime uniquement par peur. Il faut donc lui manifester beaucoup de compréhension et ne pas l’accuser de mensonge. La confiance qu’elle vous accorde est quelque chose qui peut se perdre très rapidement.

L’encourager à revivre. Cela prend du temps, cela passe par l’encouragement à être vigilante mais refuser de se méfier de tout le monde, par la volonté de retrouver un intérêt pour la vie, à retrouver du plaisir et du désir et à aimer à nouveau. La vie est belle, pourquoi ne pas lui montrer comment l’aimer à nouveau ?

Bien sûr, il est dur de réussir à bien agir sur tous les fronts et souvent, le manque d’avancées positives peut saper le moral. Il est important, pour la personne qui aide, de rester solide, autrement la victime pourrait montrer encore plus de réticences à se faire aider. Cela n’est pas facile, je le conçois, c’est pour cette raison qu’il est bien que vous parliez vous-même à une personne de confiance (en prenant soin d’être discret quant à l’identité de la victime) ou à un psychologue de ce qui se passe actuellement. Cela vous permettra de prendre du recul et de ne pas vous laisser consumer par la situation qui n’est aisée pour personne.

Courage, vous allez y arriver et son sourire sera le plus beau des remerciements.

Mélissa, 23 ans, étudiante en histoire et philosophie, Montpellier

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24 réactions

  1. Je trouve cet article touchant. De plus, c’est très important d’en parler, ça peut aider les autres personnes victimes de viol à se sentir moins seules.

  2. Merci d’avoir réagi à mon témoignage

  3. Merci pour cet article, je crois que c’est vraiment important, cet élan vers la vie est d’une tendresse frappante.
    Un jour, un ami m’a confié que sa soeur lui avait avoué la veille que leur beau-père la violait régulièrement depuis plusieurs années. Il ne savait pas comment réagir. Je n’ai pas su quoi lui dire. Ce souvenir m’a longtemps hanté.
    Je crois que mainteant, je comprends mieux.

  4. Je trouve que cette article est vraiment important tu m’as redonné espoirs, même si je n’arrive pas encore a exprimé ce qui m’est arrivé je pense qu’un jour j’y arriverai. Merci

  5. Je trouve que tout se que ta écrit est vrai, on est dégoûter de la vie , et en guerrier une fois que l in s est venger au début, on a qu une envie mourrir , mais apres quand on parle a personne en essaie de comprend pourquoi, mais quand on voie que c est que pour du plaisir, en a envie de se vange et fe réussir dans la vie , apres 2 ans de vécu au sombre , j ai décidé de me vange et d être plus forte, ça va être dure en sachant que que toujours je fais des cochemar mais je vais réussir mon combat tout seul sans l aide à personne ,
    Je souhaite et je veux que vous ne pleur plus car eux sont plus comptant de voie voir perdre donc réussisse , bâte vous même si la vie ne vous sourie pas

  6. Mercie moi qui es subit le viole pendant 7 ans et demi je dois avouer que c’ est difficile et même après présse que 1 an aprés avoir dènoncer c’est difficile j’ai l’impression de vivre dans autre mondemaintenant . Voilà je m’appelle Cindy et la premier fois que c’est arrivée j’avais 10 ans et il ma fallut plusieur t’entative de sucides un changement de comportement une perte de poids important et une super amie qui ma fais prend consience de se que je vivais n’etait nornale.
    A toutes les filles et garçon vie la maltraitesse surtout n’abandonnée pas et dénoncer.

  7. Il est tres bien cet article, avec des paroles encourageantes. J’ai été victime de viol de la part de mon père à 10 ans et je suis resté longtemps dans le silence. Ce que tu décris je le traverse actuellement. J’espère vraiment pouvoir m’en sortir de cette spirale infernale qui dure depuis 1 ans maintenant. Bon courage à toutes ces victimes

  8. Bonjour j’ai lu votre article. Je sais comment être après plusieurs agressions. Je viens avec sa tout les jours alors que j’ai que 26 ans mais certes j’ai vécu des choses horrible mais c’est ma force. J’ai fait quelques bêtises quelques années après ma première agression car je n’avais que 9 ans . On ne devrait même pas vivre ça et je ne le souhaite à personne mais sachez que si vous avez vécu ça. Vous n’êtes pas seul et aussi que sa peut vous permettre de vous battre et de faire de grandes choses dans ce monde de cruel et miséricorde. En tout cas c’est comme ça que je vois les choses .

  9. J’ai été victime de viol aujourd’hui, j arrive pas à fermer l’œil. Ça tourne dans ma tête, je pleure sans m en rendre compte, je culpabilise. Je suis perdue

  10. Bravo, Oui je me reconnais dans beaucoup de situations, ma douleur est très présente, je ne dors plus moi non plus, je fais des crises d angoisses, j ai honte de moi et de mon corps, je hais les hommes et je suis complètement parano. Je veux m en sortir, je consulte, ça fait du bien mais une fois sortie, je ressasse, je pleure énormément. Je n ai pas porté plainte tout de suite car je suis rester muette pendant plusieurs mois, ma famille m a accompagnée pour porter plainte, mais on m à reproché d être allée trop tard, plus de preuves, donc, plainte classée sans suite. Je connaissais pourtant mon « violeur ». J ai eu accès au dossier pénal, selon lui j etais consentante. Point barre, et pour comble, on m a incitée à ne pas poursuivre sinon il déposerait plainte pour dénonciation calomnieuse. De qui se moque t on ? Je ne parviens pas a me reconstruire sans qu il avoue ce qu il a fait, surtout qu il m a prise en photo alors que j etais nue. Ces photos sont bien quelque part, même effacées ! Je suis complètement détruite, je pleure sans arrêt c est très difficile à surmonter.

  11. merci pour ton témoignage pour les victimes on se retrouve dans se que tu dit et sa fait du bien de voir qu’on est pas la seule a ressenti tout sa merci

  12. 30 ans après, alors que je me suis battue seule, un proche me dit « il ne t’a pas violée ».
    Je suis perdue

  13. merci pour ce témoignage. c’est bien que les femmes parlent plus maintenant… C’est dure de souffrir, mais nous devons guérir pour aider les autres. Ma fille a été violée par un ado de seulement 13 ans ! C’est très dure pour une maman de vivre cela… Mais nous allons nous battre pour que cela n’arrive plus JAMAIS…Je veux faire de cette triste expérience pour FORCE et m’engager dans des missions éducatives ! Courage à tous ceux qui souffrent de violences et de viols nous allons nous en sortir….

  14. Merci pr vos temoignage. Quelle chance d’etre tomber sur ce site. Sui mere de famille et j’étais violee a l’age de 4ans par 1grand cousin puis ça c repeter avc d’autres membres de ma famille. J’ai 43ans et je suis en arret de travail. Suis tombée dans l’abime de la dpression dpuis 3ans. G d phobies d crises d’angoisses etc.. Meme si suis en thérapie et que je prends ds antidépresseurs et anxiolytiques ça ne change rien a mon mal-être. Je veux en finir avec ctt vie. Je suis encore en vie qu’a cause de ms filles. Je vis replier sur moi même. Je ne frequente plus ma famille. En ce moment je me sens perdue et je perds ma lucidité. Je ne c pas si je v m’en sortir 1jr et retrouver l’envie de vivre sereinement.

  15. Bonjour

    Ça mais arrivé j’avais 11ans et aujourd’hui et j’en 29 je nen peut je sais plus quoi faire. J’ai essayé dans parler à mon médecin traitant il m’a demander de lui m’être par écrit mais je n’arrive pas comment faire?

  16. Ce n est pas évident même avec debl entourage il faut encore pouvoir en parler surtout quand on est tres jeune la peur nous envahi on garde ce secret au font de nous et après on ose encore loin en parler c est dure de vivre s en jamais pouvoir parler car personne ne sait

  17. Article intéressant mais juste svp modifiez le titre: on ne se fait pas violée!!!! on est violée ! ce n’est pas la même chose!
    merci et bravo pour ce beau témoignage qui je l’espère pourra aider.

  18. Bonjour mes dames,

    Je dois avant tout dire qu’il faut beaucoup de courage et du cran pour faire ce témoignage.
    Et vos conseils et votre ressenti m’ont beaucoup éclairé parce que ma famille a dû garder un lourd secret qui m’a été révélé a l’age de 22 ans et maintenant je comprend pourquoi elle ne m’en a pas parlé avant. Mais une chose qui me glace le sang : à cause de ces monstres elle est devenue handicapé mentale. Je vous laisse ce genre de reaction pour avoir plus de conseils des personnes qui ont été violée pour tout simplement faire avancer ma mere pas dans guérison mais plutot le deuil de cette agression. Merci à vous de m’avoir lu si c’est le cas et courage et battez vous pour vivre meme si c’est dur. Bonne journee a vous

  19. Bonjour à tous,
    Tout d’abord bravo et merci pour ce bel article pleins de bons conseils. J’ai moi-même été victime d’un viol il y’a 10 ans et je suis pourtant encore aujourd’hui en phase de reconstruction… J’ai porté plainte contre mon agresseur il y’a quelques mois et je raconte mon histoire ici http://viol-apnee.com/.
    Nous ne sommes pas seuls, il est important de comprendre les impacts d’un viol sur une vie mais surtout d’avoir conscience qu’il est tout-à-fait possible de s’en sortir !

    Bon courage à toutes les victimes

  20. Ton article ma énormément touché. …..je trouve pas les mots pour m exprimer. …dsl….en même temps, tu la si bien fais pour moi. Ton témoignage me redonne de l espoir. Merci merci et encore merciiiii mille fois. On va sen sortir! !!!

  21. Très touchant
    Moi qui suit en plein procès j’arrive pas à comprendre comment un juge a pu m’interroger pendant 4h j’ai le sentiment que c’était moi la coupable.
    Comment trouver la force d’aller en parler quand on veut juste « oublier »
    Je sais que jamais je pourrais jamais oublier mais en parlait c’est tellement plus douloureux depuis un ans et demi cette plainte reste et m’empêche d’avancer
    Franchement les filles qui y arrive dite moi comment faire
    Moi le simple fait d’écrire ça et jsuis en pleure

  22. merci pour cet article, je comprends mieux pourquoi apres avoir été maltraitée dans l’enfance (abus, inceste, par mon père, silence de ma mère, drogue pour que je me taise) j’ai vécu 18 ans avec un pervers qui, garant de mon silence d’enfance est allé très loin dans sa cruauté, j’ai grossi de 30 kgs. Puis après m’etre enfuie de ma propre maison, car je menaçais de parler et il menaçais de me tuer ( 3 tentatives maquillées en accident) j’ai continué à me haïr, me suis abandonnée totalement, me suis fait violée par un inconnu et suis devenue addicte d’un réseau de rencontres ( meetic) car virtuellement je ne crains plus rien pour tester si le désir pourrait revenir; Et si je parle avec des messieurs, je leur dis que j’ai été violée et que je ne crains plus rien car le pire , je l’ai vécu. Je n’éprouve plus de désirs pour rien, je ne trouve aucun intérêt dans rien mais je fais semblant. Parfois, ma colère se transforme en haine et en idées de meurtres ou de suicide ( symboliquement) car je sais que je ne passerai pas à l’acte . Le dégout de moi est toujours présent, mes filles m’en veulent de ne pas leur renvoyer une image de mère (et de grand-mère) en pleine forme. Je lutte , je fais 2 pas en avant, un pas en arrière; je me dis que je vais seule, à petits pas; c’est difficile mais, je ne sais pas si je serai capable d’aimer à nouveau. Je n’éprouve pas de manque, ni de frustrations mais je pleure et j’ai des idées noires fréquemment,Je n’ai pas porté plainte, ni contre mes parents, ni contre mon ex, ni contre le violeur, car c’est une épreuve, et qui me croirait? Alors j’admire les femmes qui le peuvent. Vous écrire est un pas de géante pour moi.
    Merci pour votre aide et votre soutien.

  23. MXI beaucoup .je comprendrais plus ma compagne now et je saurais comment l aider

  24. Un vibrant MXI à toutes les filles courageuses.ça nous aide aussi en tant que garçon