Elections en Grèce : une leçon de sagesse ?

Syriza
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Le soleil se lève à l’est. Du haut de l’acropole symbole de cette Grèce antique, d’où surgirent par le passé les premiers feux de la liberté et de la démocratie, s’élève un soleil rouge, ardent d’espoir, de fureur, d’avenir. Voilà maintenant près de huit ans que le peuple grec voit son économie s’écrouler. Huit années de souffrance pour rembourser une dette qui n’est pas la leur, d’abord due au renflouement des banques en 2008 et à la corruption des classes dominantes en collaboration avec des monstres financiers tels Goldman Sachs.

60 % de chômage parmi les jeunes

Le chômage est passé de 9% à 28% entre 2009 et 2014, de 24% à 60% chez les jeunes de moins de 25 ans. Le salaire minimum est quant à lui passé de 863 à 684 euros par mois. Puis la catastrophe économique s’est très vite transformée en catastrophe humaine. Ainsi, le taux de suicide a augmenté de 44% entre 2007 et 2012, le taux de pauvreté de 98% entre 2008 et 2012. Quelle contrepartie à ces désastreuses conséquences sur le plan humain ? Quelle utilité pour ces mesures ? Aucune. J’en veux pour preuve l’augmentation de la dette qui est passée de 235,37 milliards en 2007 à 321,48 milliards en 2013.

Choisir le camp de la révolte citoyenne

Face à cette souffrance, le peuple grec semble vouloir choisir le camp de l’indignation, de la révolte citoyenne de gauche et non le repli identitaire incarné par l’aube dorée ou le Front national en France. En effet, le parlement grec étant dissout, les Grecs ont l’occasion de choisir leurs nouveaux dirigeants. De donner le pouvoir à des politiques alternatives. Cela, afin de sortir de cette  »Dettocratie » que leur impose la Troïka. Jamais le Parti Syriza d’ Alexis Tsipras n’a été aussi proche de l’accès aux responsabilités. En effet, son parti est crédité de 32,5% des voix, soit 6 points d’avance sur le parti de droite de l’actuel premier ministre Samaras.

Une onde de choc à l’échelle européenne

L’arrivée au pouvoir de Syriza, plus qu’une libération du peuple grec, pourrait être une véritable onde de choc à l’échelle européenne. Un pays pourrait dire non à la politique ultra libérale de cette Europe de Bruxelles. Si ce parti parvient au pouvoir, nous pouvons nous attendre à l’ouverture de grands débats liés d’une part à l’émergence de cette nouvelle politique keynésienne qui s’inclue dans l’échiquier européen, mais aussi à la fragilisation des institutions économiques européennes qu’engendrerait un refus de la politique imposée par Bruxelles ; celle des lobbies, non celle des peuples.

De ces débats, pourrait surgir un changement de paradigme qui serait vital pour nos institutions, notre société. Un changement qui, au lieu de placer l’agent et le profit au centre de toutes politiques, mettrait l’humain et son bien-être, sa prospérité intellectuelle, sociale et sanitaire en priorité. Ce réveil du peuple grec pourrait par ailleurs engendrer une montée en puissance des partis issus d’une véritable tradition de gauche,  c’est-à-dire de ceux qu’on qualifie de Gauche Radicale, comme Podemos en Espagne, et qui représentent une véritable alternative.

Les chaînes de l’austérité pourraient donc craquer ce 25 janvier. Et une fois de plus, ce beau pays qu’est la Grèce, berceau de la sagesse, pourrait nous ouvrir la voie d’un avenir serein.

William P., volontaire en service civique, Toulouse

Crédit photo AP/Lefteris Pitarakis

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