Ils ont tué pour des p’tits bonshommes, à nous d’agir !

Charlie
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C’est drôle ça. À écouter leurs témoignages, à lire le dernier Charlie Hebdo, à regarder les dizaines de dessins qui ont été faits, on a l’impression que Charb, Cabu, Tignous, Wolinski, Mustafa Ourrad, Elsa Cayat, Philippe Honoré, Bernard Maris, Michel Renaud, Fréderic Boisseau, Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet sont vivants. Ou tout du moins, on a l’impression que le paradis existe vraiment et que les gens de Charlie ont déjà « dessiné des bites partout ». Mais non, ils sont morts, morts, ils n’existent plus, ils ont été assassinés, par des fous, et encore, « ce serait insulté les fous », comme l’a dit Patrick Pelloux.

« Des gens qui faisaient des petits dessins dans leur coin »

« Ils ont tué des enfants, ils ont tué des nounours », disait Caroline Fourest, au micro de France inter. Ils nous ont toujours défendus et nous ont fait plein de dessins, à nous la presse d’initiative jeune. Quand on pensait dessinateurs, caricaturistes, on pensait et on pensera à Charb, Cabu, Tignous, Wolinski, et les autres. Charlie Hebdo, c’est le pacifisme, l’anti racisme, la tolérance, l’irrévérence, l’insolence, mais surtout la laïcité et le droit au blasphème. Mais avant d’être des symboles, c’étaient surtout des humains, « des gens qui faisaient des petits dessins dans leur coin », comme le fait remarquer Luz dans son interview aux Inrocks.

Charlie Hebdo nous fait rire, il en a blessé plus d’un, mais pourtant, c’étaient des gens bien et tolérants. La liberté d’expression et de pensée sont des libertés fondamentales. Le délit de blasphème n’existe pas dans notre République laïque et démocratique. On a mille fois le droit de critiquer toutes les religions, seule l’incitation à la haine, à la violence ou la diffamation sont proscrites.

Alors pourquoi ? Pourquoi des fous furieux sont prêts à massacrer un journal juste parce qu’ils dessinaient des p’tits bonshommes, encore et toujours des p’tits bonshommes. Ça ne fait pas de mal à une mouche, normalement, des p’tits bonshommes. Quand Charlie Hebdo se moquait de la religion (avec des petits bonshommes), c’était pour viser essentiellement certains croyants un peu trop intégristes ou conservateurs, qui utilisaient et instrumentalisaient leur religion comme un étendard contre une cause plus ou moins grave. Par exemple, il y en a qui n’ont pas vraiment lu le Coran, et qui n’ont pas vraiment compris que leur religion était basée sur la paix, l’égalité entre les Musulmans, la solidarité et surtout l’interdiction absolue de tuer qui que ce soit. En fait, ce principe est à la base de toutes les religions (comme l’égalité entre tous aussi, hein, y compris des personnes de même sexe, hé oui ! Finalement, dieu serait aussi pour les mariages des couples du même sexe ! CQFD). Bref, je divague…

Ils ont été massacrés, ils n’existent plus, ils ne peuvent plus dessiner. Des lieux de cultes ont été attaqués. Il y a eu des morts dans le monde entier. Tout ça, parce qu’ils s’exprimaient. En 2014, 86 journalistes ont été tués d’après Reporter sans frontière. Combien y en aura-t-il en 2015 ?

Pas de « c’est mal, mais » !

Combien de temps va-t-il falloir attendre pour que tout le monde se bouge afin d’empêcher ces massacres ? Combien de temps va-t-il falloir aux gouvernements successifs et à nous, la population, pour éradiquer racisme, pauvreté et discrimination ? À nous tous d’améliorer l’éducation et l’égalité des chances. Car les directives ne doivent pas venir que d’en haut. Quel intérêt si en bas, cela ne suit pas. À toi, étudiant, professeur, lycéen, parent, enfant, de te mobiliser, d’éduquer, de faire prendre conscience, de participer aux débats ou même d’en organiser.  À nous tous d’expliquer ce qu’est la laïcité, la liberté d’expression, bref, d’expliquer les valeurs de notre République et des Droits de l’Homme, qu’il a fallu acquérir. Mais surtout, écoutons-nous, comprenons-nous !

Cela permettra peut-être de faire en sorte que des paumés arrêtent de se laisser influencer par des gourous et des vidéos sur internet et qu’ils aillent massacrer des gens parce qu’ils pensaient différemment. Cela permettra sûrement que l’on arrête de mettre des « mais » à la liberté d’expression. Il n’y a pas de « c’est mal, mais » aux menaces de morts, à l’incendie et au massacre de Charlie Hebdo. Pour t’en convaincre, lis l’Edito du numéro de Mercredi 14 Janvier.

À nous, maintenant, jeunes dont la liberté d’expression a été bafouée, de s’exprimer, de s’indigner, de faire rire, de créer des journaux jeunes ! On en a le droit, cette liberté est garantie par la loi de 1881, par les droits de l’homme, par la convention internationale des Droits de l’Enfant, par la Constitution et bien d’autres textes, mais surtout, par ce principe de laïcité, si durement acquis en France. Saisi-toi de cette chance immense qu’on a de vivre dans un pays démocratique et laïque !

En attendant de te lire et de t’écouter…

Marion A., étudiante en double-licence d’Histoire et Sciences politiques, Paris

Crédit photo Flickr CC Quentin Douchet

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1 RÉACTION
  • Raphael.R 25 janvier 2015

    L’idée (ou idéologie, appel ça comme tu veux) et l’une des caractéristiques les plus importante de l’Homme et les gens meurt forcément et continuerons à mourir pour elle (bien que certaines victimes de ce tragique événement ne soit pas vraiment mort pour la liberté d’expression…)

    La liberté d’expression et le rire n’est et ne sera sans doute jamais gratuit

    #jenesuispascharlie

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