Paris, ville de tous les clichés

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Nous sommes un vendredi soir, en Septembre 2011, et comme à notre habitude nous nous retrouvons chez l’un de mes potes rue Parmentier, dans le 11e arrondissement de Paris.

Un petit provincial à Paris

C’est ma première année dans la capitale et je découvre à peine ce que vivre dans une aussi grande ville peut procurer comme sensations, mélange d’une certaine forme d’émerveillement et de crainte.

Avant mon arrivée, chacun y va de sa petite analyse : « Ho tu vas à Paris, c’est magnifique, la ville des Lumières, la Tour Eiffel, Montmartre, c’est tellement beau ! » Ou « Tu vas vivre à Paris ?! Mais tu es fou, ce n’est pas une ville sûre, tu as vu à la télé hier, une bande de racailles a agressé deux jeunes qui rentraient chez eux !!! »

C’est donc marqué par cette ambiance pleine de préjugés que le petit provincial, fraichement parti de sa Corse natale, débarque à Paris.

C’est beau, mais je m’en fous

Au début, je suis plutôt méfiant et j’ai du mal à m’intéresser à ce qui se passe autour de moi. Je marche vite. Je fais attention à ce qui se passe, mais cette attention est dictée par la crainte que quelqu’un m’aborde pour me demander quelque chose, une cigarette, de l’argent toujours avec cette idée qu’on va vouloir me voler, m’agresser. Alors je marche vite, je baisse les yeux, je détourne le regard, prisonnier de mon propre cliché.

Je monte aussi sur la tour Eiffel et je vais à Montmartre. Je trouve ça beau, mais au fond, je m’en fous.

Brassens se trompe, le temps fait tout à l’affaire et il m’en a fallu beaucoup pour m’en rendre compte, ouvrir les yeux afin de regarder et analyser la vie parisienne.

La République, symbole d’une lutte qui me dépasse

Petit à petit je redresse la tête et ouvre mon esprit à cette manière si particulière d’aborder la vie dans la cité. Maintenant, je ne peux m’empêcher de m’arrêter quelques minutes devant le Père Lachaise lorsque je monte acheter une tomme chez ma fromagère préférée à la limite entre le 11e et le 20e arrondissement.

Je découvre aussi ces bâtiments haussmanniens remplis de sièges sociaux qui longent les grands boulevards avec leurs dorures prônant avec fierté la force du savoir-faire esthétique à la française.

Je plonge aussi mon esprit dans une reconstitution imaginaire de cette fameuse Bastille qui a marqué l’histoire, et tente de la visualiser au milieu de cette immense place.

Je remonte le boulevard Voltaire le coeur serré et plein d’orgueil jusqu’à la place de la République devenue le symbole d’une lutte qui me dépasse, en donnant une cigarette à celui qui me la demandera et offrant le peu de monnaie que j’ai en ma possession à un SDF en train de faire la manche.

Dans Paris, à la fois proches et éloignés

Aujourd’hui, Paris ne me parait plus si grande. Paris est belle, Paris est forte, mais Paris est fébrile. Ce que j’en pense aujourd’hui ?

Je pense que Paris dégage quelque chose de particulier et difficile à expliquer. Elle est pleine d’histoires, mais manque d’une dimension humaine. C’est une philosophie de vie ou chacun est à la fois proche et éloigné de l’autre. Les gens se côtoient mais ne se parlent pas, ils se croisent mais ne se regardent pas et c’est assez déroutant, j’ai du mal à comprendre.

Chaque fois que je repasse par la rue Parmentier, je ne peux m’empêcher de repenser à mon arrivée et de me souvenir toutes les choses que j’ai pu vivre. Je pense pouvoir enfin dire aujourd’hui que je l’ai comprise et que je vis Paris, je suis Paris.

J.A., 27 ans, en formation, Paris

Crédit photo Flickr / Miroslav Petrasko

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1 RÉACTION
  • Christopher 16 mars 2016

    C’est totalement vrai les gens de Paris sont très speeds et très méfiants, j ai vu le feu d artifice du 14 juillet une fois ce spectacle vaut vraiment le coup, cest une belle ville mais au fond quand on y vit on a presque tendance a l oublier

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