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Tania A.4 mai 2017

Stagiaire à l'E2C (École de la 2e Chance) de Chelles.

Mes premiers (mauvais) pas dans le monde du travail…

Promesse d'un contrat qui n'arrive jamais, entreprise qui ferme du jour au lendemain... Mes premiers pas de Tania dans le monde du travail ? Marquants. Assez déprimants.

Par Tania A.4 mai 2017

J’ai connu deux grosses déceptions dans le monde du travail.

J’ai d’abord travaillé dans un restaurant et dans un café. J’alternais entre les deux, car c’était le même couple qui tenait les deux business. Quand je me suis présentée pour travailler là-bas, ils m’ont acceptée et m’ont promis un contrat à la clef.

J’ai travaillé, travaillé… Au début, tout allait bien, mais quand il s’agissait de parler du contrat, il y avait souvent des petites querelles. Ils me le disaient : ils aimaient mon travail, mais ne voulaient pas casquer.

J’aimais travailler là-bas donc, au bout d’un moment, je n’ai même plus insisté. Je n’avais rien d’autre en vue et j’avais besoin de cet argent car j’habitais seule. Ils me payaient en cash et au noir mais, des fois, ils ne me donnaient pas ce qu’ils me devaient. Je notais toujours mes heures et je calculais selon la somme qu’ils avaient indiqué me donner par heure. Cela ne correspondait pas.

Aussi, je n’étais pas couverte par la sécurité sociale et au moindre souci, j’aurais dû prendre l’entière responsabilité de ce qui me serait arrivé. J’ai continué pas mal de temps, mais un jour, j’ai littéralement péter les plombs et je suis partie.

Un CDI… et le chaos

Ensuite, j’ai travaillé en tant que vendeuse dans un magasin nommé Vêt ’Affaires. J’ai commencé en CDD avec une période d’essai qui a été validée. Les 6 mois de CDD terminés, on m’a passée en CDI. Tout se passait extrêmement bien, ils étaient très fiers de mon travail et voulaient même que j’évolue au-delà du poste de vendeuse.

J’avais le droit à trois semaines de vacances. Je suis donc partie. J’avais toujours des nouvelles de mes patrons : ils m’envoyaient des messages. Les derniers jours de vacances approchant, j’ai reçu par message mes horaires de rentrée : jusque-là tout allait bien.

Je suite rentrée en France. Le jour de la reprise, je me suis réveillée à 7h30 et suis partie travailler.

Je suis arrivée sur mon lieu de travail et là… le drame ! Les portes fermées, plus de nouvelles des patrons, ils n’avaient plus les numéros qu’ils m’avaient donnés.

J’ai appelé la responsable du magasin qui m’a alors dit : « Écoute Tania, j’ai appris que la boutique n’ouvrira plus jamais ses portes, je suis dépitée. Ils nous ont mis à la porte comme ça ! Du jour au lendemain, sans papiers, sans prévenir, sans rien !!! »

Ne rien lâcher !

J’avais juste envie de pleurer, mais ma responsable m’a rassurée en me disant qu’on n’allait pas laisser passer ça. On a toutes les deux pris les mesures nécessaires et on a emmené cette histoire au tribunal.

Les prud’hommes ont tout de suite compati. Cette histoire a duré un certain temps, mais nous avons eu le dernier mot : les patrons nous ont donné 9 mois de salaire et nous avons ensuite touché 12 mois de chômage.

Je retire de cette expérience que tout peut changer du jour au lendemain et qu’il ne faut pas être trop sûr de soi. Mais chaque problème a sa solution si l’on va jusqu’au bout ! Ne jamais lâcher l’affaire lorsque l’on mérite justice…

 

Tania, 20 ans, stagiaire à l’École de la 2e Chance, Chelles

Crédit photo Gratisography

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2 réactions

  1. Tania, c’est une mauvaise expérience (mais bravo pour ton opiniâtreté qui t’a permis de t’en sortir). Mais ne perd pas courage. Tous les patrons ne sont pas comme cela même si certains cherchent à profiter de la situation.
    Je suis sûre que tu vas retrouver un boulot. Courage !

  2. Merci de ce témoignage. Il est strictement interdit d’employer quelqu’un de cette façon (expérience 1 café/bar). Si vous travaillez sans contrat de travail, l’employeur s’expose à de gros problèmes avec les prud’hommes, l’urssaf… Les employeurs qui font ça avec des jeunes tout neufs sur le marché du travail abusent clairement de la crédulité de cette main d’œuvre, et prennent de gros risques si les jeunes vont consulter un avocat ou un conseiller juridique… et se réveillent.