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David L.29 avril 2019

J'aime voyager.

À Chypre, j’ai plus vibré qu’à Trappes

Lassé de son quotidien à Trappes, David est parti, avec des camarades de lycée, un mois en Erasmus à Chypre. Ce voyage l'a fait se sentir libre et continue aujourd'hui à occuper son esprit.

Par David L.29 avril 2019

Le dimanche je marchais sur des trottoirs en goudron gris et le lundi, je déambulais sur du sable chaud. Grâce à mon premier vol en avion, j’ai pu quitter ma ville natale, Trappes pour aller passer un mois à Chypre avec mes camarades du lycée. Et aller tous les jours au travail en marchant le long de la plage, le sable d’été doux sous mes pieds.

À Trappes, je marche dans la banlieue, depuis mon immeuble jusqu’à mon lycée chaque jour pour aller en cours. Depuis 21 ans, je vois les mêmes bâtiments tous les jours, je prends les mêmes routes que je ne regarde plus. Je ne regarde pas le paysage, j’ai le nez sur mon téléphone. Quand j’étais petit, je trouvais ça beau comme ville, maintenant je trouve ça petit et « bof ». On dirait que la ville est périmée. Tout s’est dégradé, ils ont construit beaucoup de parkings, ils ont enlevé la verdure et construit plein d’habitations. Ils ont voulu moderniser mais moi, je préférais comme c’était avant.

Pas besoin, comme à Trappes, d’être sur mes gardes

Le premier jour où on a débarqué à Chypre, c’était le soir mais il faisait encore chaud. On était en tee-shirt à manches courtes, c’était bizarre car en France il faisait zero degré. On a pris le taxi pour rejoindre notre appartement du centre-ville. À Chypre, c’est un peu comme en Amérique, ils ont fait les routes avant de construire les bâtiments, pas comme en France. Du coup, les routes sont droites, longues et plus agréables. Tout était écrit en grec sur les panneaux, qui d’ailleurs n’étaient pas nombreux. Ça faisait très île : il y avait des collines, la mer et un point culminant qu’on voyait à l’oeil nu, une montagne verte et gigantesque.

Le lendemain soir, on a pu visiter un peu le centre-ville de Limassol. Rien à voir avec Trappes. C’était un peu comme à Paris, il y avait plein de lumières et des hôtels à tous les coins de rue. Des appels à la consommation partout : des bars, des pâtisseries, des parcs d’attractions. On s’est baladés au bord du port, il y avait des yachts, à 60 000 euros je dirais à vue d’oeil.

Je m’y suis tout de suite senti bien parce qu’à Chypre, on ne connaissait personne, les gens ne parlaient pas français, ils avaient l’air relax, comme en vacances, contrairement à Trappes où les gens sont stressés parce que c’est la vie quotidienne, boulot, bus, dodo. C’était tranquille, je n’avais pas besoin, comme à Trappes, d’être sur mes gardes, pas besoin de me demander qui va venir me parler et pourquoi.

J’avais une sensation de liberté

Ma vie quotidienne à Trappes, c’est les cours et le soir, je révise, je réfléchis à mon avenir et je cherche des trucs sur internet, je passe du temps sur l’ordi. Je vois mes potes aussi parfois. À Chypre, j’habitais avec trois autres gars de mon lycée, on discutait dans l’appart après le taf. On allait à la plage et on visitait Limassol. Là-bas, on a fait des choses qui me paraissent exceptionnelles (comme goûter dans un hôtel 5 étoiles ou plonger dans la mer à 21° qui était plus chaude que l’air extérieur de nuit) alors qu’à Trappes on ne peut faire ça qu’en rêve. Nager à n’importe quelle heure me donnait une sensation de liberté.

Pour Andreia aussi partir en Erasmus a été une expérience forte. Elle a été six mois stagiaire dans un salon de coiffure en Irlande. De quoi confirmer sa vocation professionnelle et adopter au passage la culture irlandaise. Vivre à l’étranger en Erasmus, ça décoiffe !

Aussi, à Chypre, la nourriture était plus saine. Notre premier repas chypriote était une spécialité locale, ils appellent ça un kebab mais ça n’a rien à voir avec les kebabs salade, tomate, oignon, sauce algérienne de Trappes, c’était du pain, des concombres et du poulet. Un soir, mon tuteur est même venu me chercher pour aller dans un resto traditionnel de mezzes. J’ai pu goûter une dizaine de plats différents servis chauds et à la suite ! En plus, comme Erasmus nous avait donné 350 euros pour manger pendant cinq semaines, on pouvait se faire des restaurants quasiment tous les soirs. Un truc que je fais jamais ici, d’ailleurs personne ne fait ça en France. Si ?

Quand j’ai dû rentrer à Trappes, j’ai retrouvé ma routine quotidienne. J’étais dégouté mais rempli de souvenirs qui me permettent de voyager dans ma tête quand je me balade dans les rues de Trappes.

 

David, 21 ans, lycéen, Trappes

Crédit photo Unsplash // CC Cameron Stow

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1 réaction

  1. Super témoignage David ! Tu donnes envie de profiter de l’exp ERASMUS qui paraît si compliquée aux yeux de tout plein de lycéens. Bravo pour ce retour !