Bryan

Bryan9 novembre 2018

Je m'appelle Bryan, j'ai 20 ans et j'entame ma quatrième année dans l'enseignement supérieur.

Après le lycée militaire, la liberté à la fac

Bryan a passé deux ans dans un lycée militaire. Sport intensif, travail acharné pour avoir son bac, rigueur militaire… avant de découvrir la fac. Une liberté à laquelle il n’était pas vraiment préparé.

Par Bryan9 novembre 2018

C’est mon père qui m’a proposé d’aller dans un internat militaire pour ma première et ma terminale. J’ai dit oui tout de suite et j’ai foncé. Le lycée était à la Flèche, à une heure du Mans. La devise de l’établissement, c’était « Noblesse oblige, bahut aussi ».

Le lycée avait 100 % de réussite au bac. Il imposait du sport tous les jours, deux heures d’études quotidiennes obligatoires et un DS type bac tous les samedis. Au programme : travail, sport, régularité, traditions surtout. Je me souviendrai toute ma vie de ces deux années d’internat et des amis que je m’y suis fait, et que je garde encore aujourd’hui. Quand on vit 24h/24 ensemble pendant deux ans, les liens sont forts.

J’étais le matricule 8237D

En arrivant au lycée militaire, on se fait attribuer un matricule. Moi, j’étais 8237D. Tous les matins, un militaire faisait une revue de chambre : impossible d’aller en cours tant que les lits n’étaient pas faits au carré. Il y avait des rassemblements tous les matins avec l’ordre du jour et le lever de drapeau à certaines occasions. On devait aussi apprendre à marcher au pas, car pendant les commémorations comme celles du 11 novembre, nous défilions dans la ville en tenue.

Je faisais douze heures de natation par semaine. Et avec mes potes, c’était tractions et pompes dans la chambre le soir après les cours, jusqu’à ce qu’on n’en puisse plus et qu’on s’écroule. Quand je revois mes photos d’avant, je me rends compte que j’étais un peu maigre. Pendant l’internat je me suis beaucoup développé physiquement, d’ailleurs c’était une de mes motivations pour y aller.

Et puis, il y a eu le bac, la pression des 100% de réussite à respecter et à obtenir. Le lycée a organisé une grande célébration réunissant les prépas et les lycéens. Après les examens, j’ai voulu profiter au maximum des grandes vacances, car le plus dur était à venir.

À la fac, le vertige de la liberté

En septembre, je suis arrivé à la fac, en biomédical. C’est l’une des licences les plus dures. Et surtout, j’ai découvert la vie étudiante : le WEI (week-end d’intégration), les soirées, les parrains et marraines. Ma marraine était justement au bureau événementiel de l’association étudiante. Après avoir discuté avec les membres de l’association, je les ai rejoints. De fil en aiguille, je suis devenu vice-président en représentation étudiante.

À côté de la vie étudiante, les cours m’ont paru superflus. Je me suis mis à procrastiner, temporiser, ne plus travailler. À la place, je me suis mis à profiter de la vie : faire la fête avec des amis aussi souvent que possible, aller boire régulièrement avec eux, faire des nouvelles rencontres autour d’une bière, sortir avec des filles, enchaîner les « conquêtes ».

Après ces trois ans d’études à me consacrer à l’associatif au lieu des cours, j’ai finalement décidé de me reprendre en main. Je me suis inscrit au DU PaRéO, c’est un diplôme qui aide les jeunes à trouver leur voie dans les études supérieures. Une année pour me réorienter et pour apprivoiser enfin ma liberté.

 

Bryan, 20 ans, étudiant, Paris

Crédit photo Flickr // CC Filip Roef

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