Juliette T.27 février 2018

Comment je ne me suis pas fait désorienter

Et après le bac, tu fais quoi ? Pour décider de son orientation, Juliette a choisi de prendre les choses en main. Pas question de confier son avenir à des conseillers ne prenant pas en compte ses goûts, sa personnalité.

Par Juliette T.27 février 2018

J’étais en Terminale ES dans un lycée de banlieue parisienne. « Tu as de bonnes notes en économie, tu dois t’orienter en licence économie. » Ah ouais ? C’est ça le concept d’orientation ? Et prendre en compte ma personnalité, ce n’est pas important ?

Par exemple, dans la vie, j’suis quelqu’un de super avenant : à l’école j’aimais bien faire des présentations en classe alors que les autres n’aimaient pas trop. C’était toujours moi dans le groupe qui présentait, parce que ça me plaisait vraiment en fait. Ça, y’a jamais personne qui l’a relevé, même moi. J’étais perdue.

J’avais besoin de trouver ma voie, qu’on m’aide, pas qu’on me foute dans une case (« T’es en ES, fais de l’économie ou du commerce »).

Ok. J’ai pris les choses en main. Parce que ça concernait mon avenir et que je me voyais faire du sur place. Je voyais tous mes potes à fond sur le Bac alors que, contrairement à ce qu’on peut penser, le plus important c’est l’orientation : ce diplôme, c’est juste une clé pour passer dans le supérieur, c’est pas lui qui te dira ce que tu veux faire de ton avenir, de ta vie.

Certes, on connait beaucoup de filières, les plus communes, mais on est loin de toutes les connaître. On est d’accord que ce serait quand même assez bête de passer à côté d’une d’elles par manque de renseignements. Chacune correspond à différents profils, y’en a forcément une qui me correspond quelque part.

On a la chance d’avoir le choix !

Si j’avais écouté mes profs et toutes les personnes de « bon conseil » qui prétendaient vouloir m’aider et bien s’y connaître, c’est certain qu’en ce moment, je ne me sentirais pas à ma place. J’ai réalisé que je n’avais pas besoin des autres quand j’ai remarqué à quel point ils décidaient pour moi, à quel point mon profil et ma personnalité n’étaient pas pris en compte alors que c’était le plus important. Je suis fière d’en avoir pris conscience. Ça m’a ouvert des portes et j’ai vu plus large.

Pendant un an (ma Terminale), j’ai cherché, je me suis beaucoup renseignée à l’aide de plusieurs sites comme ONISEP ou L’Etudiant.

Mélanie, elle, n’a pas réussi à se passer des CIO (actuels conseillers PsyEn), et elle a eu le droit à tout.

Je suis allée à des portes ouvertes, dans certaines universités, pour rencontrer des étudiants, des professeurs et me renseigner sur les programmes enseignés dans les filières qui m’attiraient. Les salons, c’est plutôt bon plan ça aussi, comme celui de l’éducation à Paris ! J’ai réfléchi à ce que j’aimerais devenir avec mes propres investissements, pas avec l’opinion des autres. Maintenant, je sais où je vais. J’ai compté sur moi. On a la chance d’avoir le choix.

En début d’année, j’étais à la Sorbonne Nouvelle en Langues Etrangères Appliquées Anglais/Allemand. Ça ne me plaisait pas. J’ai donc fait beaucoup de recherches pour me réorienter en communication. J’ai contacté une trentaine d’écoles à Paris, en banlieue, à Montpellier, à Lyon et à Bordeaux. Aucune place. Nulle part. C’est mon père qui a trouvé le DU PaRéO. J’ai passé les épreuves de recrutement et j’ai été retenue. L’année prochaine j’envisage un  DUT techniques de commercialisation en alternance à Montpellier. Quand je l’ai annoncé à ma mère, elle m’a répondu : « Mais chérie, tu ne vas pas faire du commerce, c’est pas ce que tu veux. » Il est là le problème : ce DUT, ce n’est pas que du commerce comme on peut l’entendre, c’est plus général et ça va au-delà de ça. Poussez vos recherches, renseignez-vous sur les programmes, les études possibles après l’obtention du diplôme, et tout le reste. Si je m’étais arrêtée à son nom, je n’aurais jamais su que cette filière me correspondait, je serais bêtement passée à côté.

 

Juliette T., 18 ans, étudiante, Paris

Crédit photo Pexels // CC0 Burst

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