Séverine T.

Séverine T.28 mai 2018

J’aime voyager et découvrir de nouvelles cultures.

De ma fac de banlieue à Paris Sorbonne, j’ai eu du mal !

Pour ses parents, poursuivre des études dans une université parisienne, c'était le must. Sur leurs conseils, Séverine a donc quitté la fac de Créteil pour la célèbre Sorbonne... qu'elle a lâchée après seulement quelques semaines.

Par Séverine T.28 mai 2018

Mes parents m’ont poussée à aller dans une université prestigieuse. Passer de la banlieue à Paris, pour eux, c’était une manière de me valoriser. Dans quelle licence ? Peu importait, tant que sur mon CV le nom de ma fac brillait. Moi, par contre, l’esprit élitiste, ça ne m’a pas fait briller.

L’année dernière, j’avais choisi de faire LEA (Langues Étrangères Appliquées) en Anglais-Espagnol. Pourquoi ? Tout simplement pour m’améliorer en langues. C’était plus un choix personnel qu’un choix d’orientation. Mes parents m’ont incitée à aller dans une fac parisienne. J’avais donc mis en premier vœu Paris Diderot puis Paris Sorbonne et enfin, Créteil. Devinez quelle fac m’a accepté ? L’UPEC (Créteil), évidemment. J’étais surtout déçue pour mes parents. Triste de ne pas réaliser leur rêve. Pour moi, toutes les facs étaient les mêmes. D’ailleurs, tout s’est très bien passé à Créteil. J’ai même validé mon année malgré mes faiblesses en espagnol.

En deuxième année, mes parents ont demandé à ce que je continue ma LEA à Paris. J’ai alors fait plusieurs CV et lettres de motivation pour proposer ma candidature dans différentes facs parisiennes. Et là, miracle ! J’ai reçu une réponse positive de Paris Sorbonne. Bien entendu, mes parents ont explosé de joie quand je leur ai annoncé la nouvelle. Moi aussi, j’étais contente, car honnêtement, jamais je n’aurais pensé être prise dans une des universités les plus prestigieuses.

Je me perdais dans mes notes, je paniquais

À la rentrée, j’ai tout de suite ressenti des différences. Je suis passée de 16 heures à 25 heures de cours par semaine, soit presque 10 heures de cours en plus, sans compter les heures de travail personnel. Quand on a l’habitude d’avoir peu d’heures, ça fait un choc. Il fallait absolument que je m’adapte à ce rythme de travail soutenu, mais aussi que je rattrape tout mon retard.

L’ambiance à Créteil était plutôt laxiste tandis qu’à Paris Sorbonne, elle était très studieuse. Le niveau des enseignements à Paris était bien trop élevé pour moi.

Les professeurs de l’UPEC étaient conscients que la plupart des étudiants avaient des difficultés et prenaient le temps de bien expliquer. Du coup, on passait beaucoup de temps sur les leçons et les exercices, parfois trop. On s’ennuyait un peu. Mais je comprenais les cours, en général. En revanche, à Paris Sorbonne, c’était tout le contraire.

Paul-Antoine aussi s’est retrouvé à La Sorbonne. Lui sortait d’un bac STG et, à la fac,  ça a été difficile de s’adapter. (SPOILER : il a réussi !)

Les enseignants considéraient que les étudiants avaient déjà un bon bagage intellectuel et culturel et n’hésitaient pas à accélérer les cours. En fait, ils nous bombardaient d’informations. Dans les cours magistraux, les profs faisaient leurs speechs dans leurs langues respectives et bien sûr, on devait prendre des notes. Le temps que mon cerveau comprenne les mots, qu’il réfléchisse à l’orthographe et le note, le prof était déjà passé à autre chose. Résultat : je me perdais dans mes notes et je paniquais.

Un jour, il fallait préparer des questions sur un texte en espagnol pour un TD. J’ai essayé de comprendre le texte chez moi (traduction, recherches…). J’ai mis 5-6 heures pour répondre à trois questions qui avaient l’air « simples ». Une fois en TD, on a corrigé. Bon, ok, j’avais tout faux. Ce qui me soûlait le plus, c’était de ne pas comprendre la correction et surtout, de ne pas pouvoir écrire quelque chose sur ma feuille. Ce jour-là, j’ai compris 5% du cours seulement.

J’étais la banlieusarde venue de nulle part

En fait, pendant les cours, je n’osais pas participer de peur que les gens me jugent. Honnêtement, je me sentais vraiment nulle par rapport aux autres.

Il n’y a pas que les études qui ont changé. J’ai eu du mal à m’intégrer dans ce nouvel environnement. Je me sentais pas à ma place. Les gens étaient principalement issus de milieux aisés et moi, j’étais la banlieusarde venue de nulle part. Il y avait aussi de nombreux étudiants qui venaient de l’étranger et qui étaient donc déjà bilingues.

Dès les premières semaines, j’ai décroché. J’étais incapable de poursuivre là-bas. Déjà que je suis stressée dans la vie, j’ai eu du mal à supporter à la pression. Je faisais limite un burn-out. Je rentrais souvent chez moi en pleurant. Je voulais tout arrêter. Je savais avant d’entrer dans cette fac que ça allait être difficile. Mais étant donné que j’avais déjà été dans un collège et un lycée privés, je pensais pouvoir surmonter ça. Et ben, ce n’était pas le cas.

Le souci, c’est que lorsqu’on commence une formation, on la finit. Je ne pouvais ni revenir à Créteil, ni changer pour une autre fac. J’ai donc rencontré plusieurs conseillers d’orientation en expliquant mon problème et j’ai fait des recherches sur Internet. C’est là que j’ai découvert le DU PaRéO. Heureusement, j’ai été prise à la rentrée de novembre. C’était aussi l’occasion pour moi de mieux réfléchir à mon orientation. Depuis, tout se passe très bien. Je crois que je n’ai jamais été aussi heureuse d’aller en cours !

 

Séverine, 19 ans, étudiante, Vitry-sur-Seine

Crédit photo Le brio, Yvan Attal (film, 2017)

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2 réactions

  1. Une petite idiote, je vous dis.

  2. Donc je retiens que Créteil forme très bien mais La Sorbonne forme encore 2 fois plus.