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Diarra23 mai 2019

Je passe en première à la rentrée mais les filières n’existent plus

Élève en seconde, Diarra fait partie de la première génération à expérimenter la fin des filières en première. Elle pensait avec un maximum de choix. Elle déchante.

Par Diarra23 mai 2019

Je suis en seconde et au début de l’année on a eu une heure de vie de classe un peu spéciale. Le prof principal nous a expliqué qu’à la fin de l’année, pour la première fois, il n’y aurait pas de choix de filières. Plus de S, de ES ni de L.

J’ai trouvé ça bizarre mais sans plus, j’étais pas inquiète car je me disais que les profs allaient maîtriser la situation. En vrai, je me suis vite rendu compte que les profs n’en savaient pas plus que nous et j’avoue, ça a commencé à m’inquiéter. À chaque fois, les profs nous disaient : « Pour les questions concernant la nouvelle réforme, gardez-les pour plus tard. »

560.000 élèves de seconde ont dû faire leur choix parmi différentes spécialités pour la rentrée prochaine. Parmi les changements, la disparition des maths comme matière obligatoire. À lire !

Entre septembre et décembre, on a eu aucune information venant des profs ou du lycée sur ce nouveau système, je m’informais grâce aux médias. J’ai donc compris qu’il y allait avoir un tronc commun et qu’on pourrait choisir trois matières en première, puis deux en terminale.

Au début, je me disais que c’était cool, que j’allais pouvoir enlever les matières que j’aime pas et garder celles que j’aime ! Je suis plutôt scientifique,  j’ai donc pensé à retirer le français et l’histoire, mais finalement ces matières font partie du tronc commun, haha ! Au fil de l’année, on nous distribuait des feuilles qui nous expliquaient comment ça allait se passer et c’était de plus en plus clair.

On a l’impression d’être des cobayes

Moi, j’ai choisi maths, SVT et physique. Mes voeux ont été acceptés car mes notes étaient assez bonnes et parce que j’ai choisi des matières scientifiques donc cohérentes entre elles. Si j’avais voulu choisir genre anglais, SES et mathématiques, ça aurait été mort. Un camarade de classe voulait choisir maths, anglais et SVT et les profs lui ont dit qu’il ne pouvait pas choisir ces matières. Il y a des menus et ils n’ouvrent pas de nouvelles classes si peu de personnes les choisissent. Donc finalement, on choisit sans choisir. Les filières n’ont plus de noms mais c’est tout comme.

En terminale, je n’aurai plus que deux matières à choisir. Je devrai donc supprimer une des trois que j’ai choisies : maths, SVT ou physique. Ça m’inquiète car pour certaines formations post-bac, on a besoin des trois matières. Le fait d’être les premiers à expérimenter ce nouveau fonctionnement, c’est stressant. On a l’impression que ce projet est brouillon. J’ai donc pris rendez-vous avec la conseillère d’orientation pour parler de mes projets futurs. Je lui ai dit que je voulais être infirmière, elle était d’accord et a validé mes choix de matières.

Marie a toujours voulu faire de la biologie. Mais ses profs l’en ont toujours dissuadée. Il lui a fallu trois ans à la fac avant de se rendre compte qu’elle passait à côté de son avenir ! Nulle en maths, j’ai failli passer à côté de ma passion !

Cette histoire de choix, ça avait l’air beau sur le papier mais pour l’instant, c’est un peu bancal et on a l’impression d’être des cobayes. C’est pour ça que j’avais participé aux blocus contre cette réforme. J’ai quand même espoir que ça s’améliore par la suite, mais bon…

 

Diarra, 15 ans, lycéenne, Chanteloup-les-Vignes

Crédit Photo Unsplash // CC Brandon Lopez

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