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Ryan B.25 mai 2019

Je suis Algérien espagnol et je suis née en France et j’ai toujours vécu ici en France. J’apprécie beaucoup faire du piano durant mes temps libre ou sortir avec mes amis pour passer de bons moments.

Je suis Algérien, Espagnol et Français, dans cet ordre !

J'ai des origines espagnoles et algériennes et j'ai grandi en France. Papiers officiels, liens familiaux, sentiment d'appartenance culturelle... Je me suis questionné sur mon identité, au fil des années.

Par Ryan B.25 mai 2019

Mon père est Algérien mais ma mère est la fille d’une Algérienne et d’un Espagnol converti à l’islam. Ce grand-père Espagnol est mort pendant l’enfance de ma mère. Je ne l’ai jamais connu et son choix de partir vivre en Algérie a éloigné ma mère de reste de sa famille qui est partie vivre en France. Je n’ai pas de famille en Espagne et je n’ai jamais connu de tradition espagnole dans mon enfance.

Ça aurait m’empêcher de me sentir Espagnol, mais ce manque familial a été compensé par l’émigration de mes parents de l’Algérie vers l’Espagne de 1996 à 2000. Ma sœur est née là-bas en 98 et ma tante paternelle s’est installée en Espagne tout comme mon père pendant cette période, donc le rapport avec ma cousine et mes cousins avec lesquels je m’entends bien et qui y vivent me rappellent mes origines.

Et surtout, j’ai toujours possédé une carte d’identité espagnole. Ma mère est Espagnole donc pour l’État, je suis Espagnol avant tout. J’ai eu ma carte d’identité française seulement cette année, à 16 ans. Cela pourrait être assez étrange d’avoir grandi en France avec une carte d’identité espagnole sans y avoir vécu. Mais étant donné que je l’ai depuis ma naissance et qu’on n’y porte pas vraiment attention avant la majorité, c’est comme naturel pour moi.

En quoi je suis Espagnol ?

Mais il y a des moments où, dans mon enfance, je me suis senti différent. Comme quand je devais faire mon passeport en allant à l’ambassade espagnole à Paris : ma mère ressemblait plus à une européenne alors que j’étais bronzé, au milieu de petits blonds aux yeux bleus qui parlaient parfois espagnol avec leurs parents. Le personnel de l’ambassade parlait que cette langue que je ne comprenais pas. Chez moi, on parle quasiment qu’arabe et français donc j’ai appris l’espagnol très tard, à l’école.

Pendant la fin du primaire et au début collège, je me suis beaucoup demandé : « En quoi je suis Espagnol ? » Je n’ai jamais eu aucun doute sur mes origines algériennes : elles font partie de mon quotidien et j’ai fait beaucoup de voyages en Algérie pendant les grandes vacances pour voir ma famille. La culture algérienne est imprégnée en moi.

Jasmine est franco-coréo-hispano-américaine, compliqué de faire la synthèse, surtout en France où la question de l’identité est si sensible. « Quatre cultures, une identité »

Heureusement, grâce à mes premiers voyages vers Valence, là où mes parents habitaient après leur immigration, j’ai très vite appris la langue ce qui fait que j’ai de grandes facilités même aujourd’hui : je pense avoir le niveau du bac en espagnol depuis la seconde, donc j’ai ressenti ces gênes espagnols à travers l’apprentissage de la langue. Je dois l’avoir dans le sang ! Et on ne va pas se cacher que quand je parle à une meuf et que j’ajoute le petit « Je suis Espagnol en plus d’Algérien », ça fait son petit effet !

Une carte d’identité pour me démarquer

Pourquoi « renier » une origine qui peut m’apporter tant de choses dans la vie ? J’ai préféré garder ma carte d’identité espagnole lors de ma récente naturalisation française. Et même maintenant, je préfère l’utiliser lors des épreuves officielles, parce que le moment où les professeurs remarquent que je suis Espagnol me fait toujours assez rire. Mais avant tout, cette carte peut me démarquer. Elle est colorée et montre que je suis Espagnol quand mon visage montre que j’ai des origines maghrébines. Ce qui fait que je ne suis pas comme les autres !

J’ai donc finalement compris qu’aujourd’hui je vis en France, je parle français avec des Français, mais au fond de mon cœur, je suis Espagnol et Algérien. Et auprès de l’État, je suis Espagnol et Français. Mais moi, à 17 ans, je me sens Algérien, Espagnol et Français et je le dis dans cet ordre car malgré l’appartenance aux trois, il y quand même un ordre pour moi.

 

Ryan, 17 ans, lycéen, Noisiel

Crédit photo Unsplash // CC Jordan McDonald

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