Diah D.

Diah D.16 décembre 2018

La fac, c’était pas fait pour moi

Après quelques mois à l'université, Diah a choisi de se réorienter, faute d'avoir réussi à s'adapter au rythme de la fac en sortant du lycée.

Par Diah D.16 décembre 2018

Quand je suis arrivée à la faculté, ça a été un coup dur. Je me sentais perdue et j’ai eu du mal à m’adapter. Étant habituée à être encadrée, accompagnée d’une copine ou de connaître un peu les lieux comme au lycée, ça a été, à ce moment-là comme un trou noir. Je devais me trouver moi-même, me diriger toute seule, sans aide ou conseil. Et je ne savais pas vers qui me tourner pour trouver du réconfort.

La première fois que je suis rentrée dans un amphi, c’était un amphi d’environ 500 personnes. Pratiquement toute les places étaient prises, donc je me suis assise à la place la plus proche. Je n’étais même pas certaine que c’était la bonne salle. J’ai regardé autour de moi, je ne connaissais vraiment personne. Je voyais que beaucoup de personnes discutaient, rigolaient, je voyais des groupes, j’avais l’impression d’être l’intruse, d’être au mauvais endroit. Et j’avais le même problème à la pause, j’étais toute seule, je ne savais pas comment ça se passait à la cafétéria, donc je n’y suis pas allée, je ne savais pas où j’allais manger. Je ne connaissais pas les lieux ni le quartier, donc je suis restée toute seul dans mon coin.

Dès le début, je n’ai pas pu suivre le rythme, ça allait trop vite pour moi. J’écrivais de longues phrases, je n’avais pas la méthodologie prise de notes, j’étais tellement occupée par l’écriture du cours que je ne suivais plus, je me suis donc perdue. Mes notes de cours étaient incompréhensibles. En travaux dirigés, c’était plus facile, nous étions moins nombreux, c’était plus explicite, j’avais plus de facilité à comprendre.

Malgré mes efforts, l’échec

Des fois, je me demandais si je devais continuer à aller en cours ou abandonner. Je n’étais plus certaine. J’ai fini par m’accrocher, je n’ai pas laissé tomber ! Des difficultés, j’allais en trouver tout au long de ma vie. Au fil du temps, je me suis adaptée. J’ai appris à prendre des notes. Si je ne comprenais pas, j’allais vers les gens ou j’en discutais avec le professeur, ce que je n’osais pas faire avant. J’ai fini par faire connaissance avec quelques personnes. J’ai appris comment surfer sur la plateforme de l’université afin de retrouver certains cours pour peaufiner les miens.

Malgré tout ce que j’appris et tous les efforts que j’ai faits pour m’adapter, ça n’a pas marché. Certains profs n’avaient pas l’air motivés. Des cours pouvaient être annulés, d’autres déplacés. En tout cas, la plupart du temps, il n’y avait pas d’interactions, pas de motivation, je fuyais certains cours tellement c’était désagréable d’y aller. Les cours disponibles sur le net me donnaient encore moins envie de me déplacer. Or lire sans vraiment comprendre les concepts mène à l’échec.

Entre les facs, le niveau est aussi très différent ! De sa fac de banlieue à Paris Sorbonne, Séverine a eu du mal !

Un mois à peine après le début des cours, les amphis se vidaient déjà. Plus personne ne venait.

Aujourd’hui, j’ai compris que la fac n’était pas faite pour moi. Après cet échec, j’ai décidé de me réorienter. Actuellement inscrite à Paris Descartes, je suis dans une classe passerelle entre le lycée et les études supérieures. Cela me permettra, en un an, de réfléchir à des projets et me remettre à niveau, afin de trouver une formation adaptée.

Ce que j’ai appris de cette expérience, c’est que dans la vie, on fera toujours face à de nouvelles choses auxquelles on devra s’adapter. Et l’adaptation se fait au fur et à mesure.

 

Diah, 21 ans, étudiante, Paris 

Crédit photo Adobe Stock // © Anke Thomass

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1 réaction

  1. Super, je suis contente de pouvoir partager mon expérience avec d’autres.