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Léopold H.16 janvier 2020

Mon orientation c’est la panne sèche

Je rêve de travailler dans le secteur automobile mais au lycée j'avais pas les outils pour bien m'orienter. J'espère qu'il n'est pas trop tard !

Par Léopold H.16 janvier 2020

Je n’ai pas choisi mon orientation et mon projet professionnel. Tout s’est passé trop vite. Depuis la troisième, je suis focalisé sur le domaine automobile. Mon rêve, ce serait d’ouvrir un garage pour faire de la vente et de la réparation comme carrossier. Pour ça, il faut un BTS Négociation et relation client, en plus d’un CAP Peinture en carrosserie. Moi, j’ai un CAP Peintre applicateur de revêtements, ça n’a rien à voir. Maintenant, faut que je travaille, pour avoir un salaire : je vais travailler dans la grande distribution. Mais ce n’est pas un truc qui me plaît.

J’avais pas d’outils pour m’orienter

En troisième, au moment de faire ses vœux, j’ai dit oui à mes profs sans réfléchir pour partir en CAP Employé de commerce multi-spécialités. Un prof de français m’a dit qu’il ne me voyait pas dans la vente, plutôt dans le bâtiment. Moi, je voulais faire ni l’un ni l’autre. Je voulais aller en carrosserie-peinture. Carrossier-peintre, c’est par exemple si une voiture est accidentée, on va la réparer. Mais au collège, on ne m’a pas parlé des lycées où il y avait les métiers de l’automobile. J’étais dans un collège où on apprenait les métiers de la maçonnerie. Un prof d’atelier bâtiment m’a donné un cahier Onisep avec tous les noms de CAP, mais il n’y avait pas le CAP pour être carrossier, il y avait que le CAP mécanique. Et ça n’avait rien à voir avec ce que je voulais.

L’ONISEP diffuse toute l’information sur les formations et les métiers pour accompagner les jeunes à préparer leur avenir. La série « Les métiers animés » propose de découvrir des professions de manière ludique, en vidéos. Un exemple avec celui de peintre en carrosserie !

Les choses se sont passées trop vite, je n’ai même pas compris, j’ai pas eu le temps de réfléchir : en cours, on parlait pas d’orientation. Je n’ai pas réfléchi à regarder les lycées ailleurs, parce que j’avais pas d’outils pour ça. On m’avait parlé d’Onisep, du site, mais je savais pas comment m’en servir. La première fois qu’on m’a parlé d’orientation, c’était au deuxième ou troisième trimestre en troisième, pendant un ou deux mois maximum. Mais on était plus focalisés sur le brevet et du coup, j’avais pas trop le temps de me poser des questions sur mon orientation. Avec un prof, on regardait des vidéos sur plusieurs métiers sur YouTube, par exemple menuisier. C’était en fonction de ce que les personnes voulaient faire.

Je n’ai donc pas dit que je voulais faire carrossier, et j’ai dit oui au CAP pour la vente car c’était à côté de chez moi.

Je suis parti là où il y avait de la place

En 2016, j’ai fait ma rentrée à Montereau dans le CAP. Je suis resté que deux mois à cause des transports, j’en pouvais plus. Les trains étaient toujours en retard, je finissais mes cours à 17h10 pour un train à 17h12, et j’attendais du coup une heure à la gare le train d’après, mais des fois il était supprimé.

Ma tante m’a vite trouvé autre chose, un CAP Peintre-applicateur de revêtements. Elle voulait que je travaille dans le bâtiment, dans la plomberie, parce qu’ils cherchent beaucoup de personnes dans ce secteur. Elle ne me voyait pas dans le domaine du commerce, parce que j’étais timide. Dans le bâtiment, elle me disait qu’il y avait de l’avenir et de l’argent, un bon salaire quoi. J’ai écouté ma tante parce que je n’avais pas de connaissances, et ma tante avait de la connaissance au niveau des formations et des études, comme elle travaille dans la logistique.

Ma tante a donc téléphoné à la CPE pour me trouver un lycée près de chez moi dans le bâtiment. Et la CPE m’a proposé deux voeux : maçonnerie et peinture. Je suis parti en peinture parce que c’est là où il y avait de la place. Je voulais juste partir de l’autre, j’en pouvais plus.

J’étais pas prêt : pas de CV, pas de lettre de motivation à jour

J’ai validé mon CAP en 2018. Après, je me suis orienté vers Pôle Emploi pour trouver ma voie, pour travailler dans l’automobile, parce que je voulais pas travailler dans le bâtiment. J’ai jamais travaillé avec mon diplôme, j’étais plus focalisé dans le vente automobile. Pôle Emploi m’a fait une proposition, un boulot de préparateur de voiture dans un garage à Marne-la-Vallée, mais j’étais pas prêt : pas de CV, pas de lettre de motivation à jour, j’avais jamais fait d’entretien, ça me stressait. Donc j’y suis pas allé. En CAP, ils m’avaient pas appris à faire un CV et une lettre de motivation, jamais de la vie. C’était ça le problème. J’avais voulu prendre un modèle sur Internet, mais c’était payant.

Robert a été affecté en CAP électricité malgré lui. Au final ça lui a plu d’être en filière pro, et il a même revu ses projets d’avenir : « J’ai fini par aimer mon orientation forcée en pro »

J’avais l’impression que Pôle Emploi, c’était plus pour ceux qui avaient déjà travaillé avant, du coup j’y suis pas retourné et j’ai été radié. La conseillère Pôle Emploi a appelé mon père pour lui dire d’aller à la mission locale. Là-bas, ils m’ont aidé à faire ma lettre de motivation, mon CV. Je leur ai dit que je voulais partir dans la vente automobile. Mon projet, maintenant, c’est de gagner un salaire pour préparer mon projet automobile à côté. J’aimerais reprendre l’entreprise automobile de mon père, c’était un local où on vendait des voitures. Il l’a ouverte en 2017 et fermée en 2018.

Ma conseillère m’a proposé d’aller à une réunion à l’E2C (École de la Deuxième Chance). J’y suis rentré en juin 2019. Dans quelques jours, je vais à une réunion d’informations pour trouver une alternance dans le commerce. J’espère partir rapidement de l’E2C, travailler, pour ensuite préparer mon projet.

 

Léopold, 19 ans, en formation, Samoreau

Crédit photo Pexels // CC Burst

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1 réaction

  1. Il n’est jamais trop tard pour se réorienter… j’ai plein d’exemples pour te le montrer !
    J’ai fait une licence d’Histoire pour être journaliste mais j’ai pas tenté les écoles, je suis partie en service civique, j’ai adoré, alors du coup j’ai entamé un master info-com orienté journalisme. Mais on faisait aussi de la com’, et la com’ j’aime bien. J’ai fait mes stages dans la com’. Mais en fait, je veux me réorienter en master STAPS psychologie du sport, c’est ce que je veux faire…
    Dans ma promo, il y a un mec qui a été contrôleur de gestion pendant 4 ans. Ça lui plaisait pas, il se réoriente dans la com’
    J’ai une amie, quadragénaire, qui travaille en secrétariat, elle a suivi une formation pour devenir sophrologue.
    Lors d’un trajet blablacar j’ai rencontré un mec qui bosse dans la com’ et créé des jeux de sociétés. Mais avant, il était prof d’art plastique en collège.
    Des exemples de changement de voie, de réorientation, il y en a des tonnes ! Pour une raison très simple : si tu ne peux pas rentrer par la porte, tu peux entrer par la fenêtre. Il y aura toujours un petit trou dans le mur par lequel tu pourras entrer là où tu veux. Si tu le veux vraiment, tu trouveras toujours la voie qu’il faut suivre pour atteindre ton but, et tu tireras le meilleur de tes expériences passées pour les valoriser dans ta voie !