Julien

Julien23 janvier 2017 2 mn

Je n’aime pas l’école et elle me le rend bien

A l'école, il y a les bons élèves, les moins bons, les perturbateurs... Julien, lui, était l'élève fantôme. Calé au fond de classe, collé à la fenêtre. Voici son fabuleux (ou pas) parcours scolaire.

Par Julien23 janvier 2017 2 mn

 

Je n’ai jamais été un élève que l’on pourrait qualifier de studieux. Je me complais dans ma nonchalance, ma désinvolture et mon manque d’intérêt certain. J’avais ma place, au fond de la classe, et ma fenêtre comme distraction, du genre à tout faire au dernier moment, dans l’urgence, à mêler combines et ingéniosité pour arriver à mes fins. Et cela me réussit plutôt bien. Je n’aime pas l’école et elle me le rend bien.

D’après certains profs et conseillères d’orientation, ma place n’est certainement pas celle que j’occupe lorsque je viens en cours, je devais même arrêter en 4ème. Mais bon, je ne suis pas du genre à écouter les conneries des premiers venus.

Je suis qualifié de branleur, perturbateur, je m’en foutiste, j’en passe et des meilleures. Mais ça va, je le vis bien.

Mon problème : je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas ou aller.

On apprend quoi à l’école ?

Petit, lorsqu’on me demandait ce que je voulais faire, je répondais être tranquille et heureux.  Cette réponse ne convenait pas à mes interlocuteurs. Ils n’ont probablement pas compris le fonctionnement de la vie, un algorithme bien trop complexe pour mes « profs » de maths. Il y a des problèmes que l’on met plus de temps a résoudre.

Je déteste l’école, l’Education nationale et tout ce qui va avec.

Elle ne donne pas les mêmes chances à tout le monde, elle dénigre les élèves et les plus naïfs d’entre eux les croient, comme si c’étaient des entités supérieurs, comme on n’était pas égaux.

Depuis petit on est formaté à obéir. Lorsqu’on me demandait de faire des exercices, je demandais « pourquoi ? ». On me répondait « c’est comme ça ».

Je n’ai toujours pas compris l’utilité de maintes choses que l’on m’a inculqué, bien que je reconnaisse que le développement personnel est aidé par certains principes et connaissances que l’on acquiert à l’école.

Faire un bac pro… et rater sa vie ?

Je manquais de motivation et de connaissances sur les potentielles formations que l’on avait à notre disposition. De plus, les « formations » sont très très TRÈS mal représentées. En 3ème, il m’était impossible de faire un bac pro car je me voyais limite foutu dans la vie si je faisais ça. Et pour cause, les profs nous poussaient à aller en générale.

Je comprends aujourd’hui que c’était une connerie monumentale. En effet, je ne sais toujours pas quoi faire, mais les personnes qui doivent passer par le pro devraient être encouragées et non délaissées.

Ce manque de motivation me bloque complètement et m’empêche d’avancer. Je n’allais pas en cours car j’en avais marre de perdre mon temps et de venir pour des choses qui ne m’intéressaient pas. En gros, je ne sais pas ce que j’aime mais je sais ce que je n’aime pas.

Ce « souci» s’est dégradé au lycée. J’étais complètement désintéressé et méprisé par certains profs. Je préférais être dans ma bulle et lorsque la question préférée des profs arrivait : « Julien , de quoi on parle ? » Je pouvais leur répondre car j’avais une oreille qui traînait. Ça les rendait dingues ! J’avoue que j’en jouais, mais qu’est ce que c’était drôle de voir l’énervement dans leurs yeux quand, avec un soupçon d’insolence j’ajoutais :

 » Je peux vous expliquer ce que vous avez dis avant aussi si vous ne vous en souvenez pas. »

Envie d’avoir envie de me lever le matin

Aujourd’hui je suis toujours perdu. J’ai fini par faire par défaut un BTS NRC (négociation relation client) que j’ai eu en ne venant pas de façon régulière non plus.

Une fois mon BTS en poche, je suis retourné voir certains profs qui m’avaient dit d’arrêter l’école. Je leur ai mis le diplôme sous le nez et je leur ai expliqué pourquoi je ne les aimais pas.

Je leur ai dit que pour être prof, il fallait avoir les connaissance ET la pédagogie.

Je suis donc actuellement à PAREO dans le but de trouver ma voie. Je suis les cours, pas d’absences, dans l’espoir de trouver ce qui me donnera l’envie d’apprendre et de me lever matin.

 

Julien, 20 ans, étudiant, Paris

Crédit photo Pixabay

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