Tatiana26 décembre 2018

Pourquoi je me réoriente vers un métier dans la solidarité

Alors qu’elle était sur une voie pro toute tracée dans la communication, Tatiana a découvert sa vocation pour les métiers de la solidarité après un voyage en Tanzanie…

Par Tatiana26 décembre 2018

Je pense m’être voilée la face pendant trois ans pour faire plaisir à ma famille, inconsciemment. Je me suis mis la pression toute seule car j’ai toujours entendu mon papa dire qu’il fallait faire de grandes études. C’est quelqu’un de très pragmatique. Je sais aujourd’hui que la seule chose dont j’ai envie, c’est de m’engager pour ceux qui ont besoin d’aide.

Pendant mes trois années de communication à la fac, je me suis assez vite rendu compte que je n’étais pas cohérente avec moi-même en suivant ce cursus. Je n’y trouvais pas de satisfaction personnelle. Je suis issue d’une grande famille, du côté de mes deux parents, et la solidarité est une valeur très importante à mes yeux. J’ai eu une vie facile, pas trop de galères et je sais que j’ai beaucoup de soutien à apporter à ceux qui n’ont pas eu la même chance que moi. J’ai voulu finir ma licence même si je ne trouvais pas ça intéressant, car j’ai eu peur de la réorientation, peur de décevoir et je voulais avoir un diplôme.

En y repensant, je me souviens que même étant petite, les métiers qui m’impressionnaient le plus étaient ceux qui faisaient de l’humain leur combat principal, ceux qui s’engageaient. Si j’ai un rôle à jouer dans la société, ce n’est sûrement pas de travailler dans le milieu de la communication pure et dure pour une entreprise à but lucratif et dans une ambiance compétitive. J’ai effectué deux stages, dans une chaîne de télé et dans une agence de communication, et ça ne m’a vraiment pas plu. J’ai trouvé l’ambiance triste et déroutante. Je ne voyais pas le but.

En mission de service civique auprès des Roms

Je savais qu’après la fin de ma licence, je me réorienterais, mais le vrai déclic, je l’ai eu pendant mon voyage en Tanzanie. J’ai travaillé dans un orphelinat et j’ai noué une amitié forte avec un Maasaï. Je me suis fait inviter chez lui dans les terres et j’ai reçu un magnifique accueil de sa famille. Je me suis sentie à ma place et comblée, et je me suis aussi rendu compte que j’étais à l’aise dans des environnements qui n’étaient pas les miens.

En rentrant en France, j’ai voulu faire un service civique pour me conforter dans mes choix et me laisser le temps de trouver un formation qui me plairait vraiment. Alors me voilà ici, à Romcivic, en train de travailler avec d’autres jeunes, issus de la communauté Rom. Je suis contente d’être là et de les avoir rencontrés et ça a confirmé le déclic que j’ai eu lorsque j’étais en Afrique. Je compte reprendre un master ou une formation pour avoir un avenir professionnel dans les métiers de la solidarité. Je n’ai pas d’idées claires de formations, mais mon objectif final serait de monter une association qui lutte contre l’exclusion afin d’avoir mon propre impact et donner vie à un projet.

Paumée, Anaïs s’est sentie revivre quand elle a commencé une mission en service civique à l’AFEV. Gérer une épicerie solidaire sur un campus, ça lui a donné des idées de métier !

Cela fait plus de trois ans que je me pose beaucoup de questions concernant la vie que je veux mener et la personne que je veux être. J’ai beaucoup stressé en pensant à mon avenir professionnel et le monde du travail me faisait peur, mais maintenant que je sais quel est mon chemin, je suis prête à l’affronter.

 

Tatiana, 22 ans, volontaire en service civique, Arcueil

Crédit photo Pixabay // CC0 Creative Commons

TAGS :