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Laury M.28 janvier 2020

Sans diplôme, j’ai peur de finir à la rue

Déscolarisée et sans expérience pro, je galère à trouver du travail. Grâce à la mission locale et au service civique, j'essaie de m'en sortir, malgré mes problèmes persos...

Par Laury M.28 janvier 2020

J’ai 19 ans et j’ai peur de me retrouver à la rue. Je vis avec ma mère qui est très malade du cœur. Elle vit grâce à des piqûres et des médicaments après plusieurs opérations. Elle a fait deux infarctus. Son cœur ne bat qu’à 40 %. Mon père, je ne lui parle plus pour des raisons personnelles et de toute façon, il n’a pas de domicile fixe.

Je n’ai aucun diplôme. J’ai juste obtenu le CFG (certificat de formation générale) à ma sortie du collège. J’ai quitté le collège parce j’ai subi du harcèlement dû à mon poids. À 14-15 ans, je mettais une taille 56 en jean et du XXL en haut. Et le 4 juin 2015, j’ai subi une agression sexuelle de mon petit ami du collège et des coups.

Après ça, je ne savais pas quoi faire et où me diriger, dans quel genre de parcours. J’ai fait le choix d’aller au lycée faire un CAP Assistant technique en milieu familial et collectif (ATMFC). Mais je ne me sentais pas à l’aise dans ce lycée. J’avais peur de devoir parler à des garçons pour les cours et j’avais peur aussi de me faire harceler et frapper. Donc j’ai arrêté et je me suis inscrite dans un autre lycée, toujours en CAP ATMFC. Au début, tout s’est bien passé. Mais j’ai dû être hospitalisée quelques mois pour cause d’anorexie. Quand je suis revenue pour le dernier mois de cours, je ne comprenais rien. J’ai donc décidé de me déscolariser.

Comme je n’avais que 16 ans, ma mère m’a dirigée vers le CIO de Saint-Pol-sur-Mer. J’ai été acceptée dans un nouveau lycée pour faire un CAP restauration en tant que serveuse. Tout s’est bien passé même si je n’aimais pas tellement. Mais en deuxième année, j’ai commencé à faire une dépression et j’ai développé une phobie scolaire. Je pourrais même dire une phobie du monde.

Avec aucune expérience professionnelle et aucun diplôme, on m’a recalée

Quelques mois après ma déscolarisation, je me suis inscrite à la mission locale. Ils m’ont dirigée vers une « Garantie jeunes ». J’ai trouvé ça assez sympa car j’ai pu essayer des stages dans différents domaines tels que la vente alimentaire, la réparation d’appareils électroniques, la pâtisserie, le nettoyage, la coiffure, l’aide à la personne. J’ai pu mettre de l’argent sur le côté. Mais à la fin de ma « Garantie jeunes », c’était le néant total dans ma vie professionnelle. J’ai postulé dans plusieurs entreprises mais sachant que je n’ai aucune expérience professionnelle et aucun diplôme, on m’a recalée. Ne pas réussir à trouver un emploi m’a attristée au point de me rendre malade. Je suis devenue l’inverse de la personne anorexique, c’est-à-dire boulimique.

Pour Calu, un diplôme n’est pas forcément requis pour réussir. Mais il faut de l’expérience, un véritable intérêt pour le secteur, et surtout de la persévérance.

Alors j’ai commencé un service civique, pas par choix mais parce que je n’avais rien. Je m’occupe de tout ce qui est dans l’environnement et dans le social. On va dans les maisons de quartier pour apprendre aux enfants et aux adultes des choses sur l’environnement, les déchets, la pollution. On va aussi voir des personnes âgées pour discuter et faire des activités pour qu’elles ne sentent pas seules.

Moi aussi, j’ai peur d’être seule. À part ma mère, je n’ai personne. J’ai eu une adolescence pas facile mais j’ai réussi à me relever. Là, j’essaie de mettre de l’argent de côté pour passer mon permis après mon service civique, et pour avoir plus de chances d’avoir un emploi. J’ai peur mais j’espère avoir un bel avenir.

 

Laury, 19 ans, volontaire en service civique, Grande-Synthe 

Crédit photo Pexels // CC João Jesus

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1 réaction

  1. Les études ne font pas tout le courage la volonté peuvent aussi aider apres l experience aussi alors y a les stages les formations tout est possible .