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Kyllian D.7 septembre 2020

Un STMG en Staps, mon uppercut aux clichés

J’ai bien failli ne pas trouver de formation post-bac à cause de ma filière au lycée. Mais le déclic et le travail m’ont permis d'intégrer la Staps de Nanterre !

Par Kyllian D.7 septembre 2020

En seconde, je n’avais qu’un objectif : passer mon bac sans trop travailler et, surtout, jouer aux jeux vidéo et faire du sport. Au moment de faire un choix pour mon orientation, j’ai décidé d’essayer de suivre l’une de mes passions : l’informatique et les jeux vidéo, en choisissant STI2D (sciences et technologies de l’industrie et du développement durable). Mais à cause de ma non-implication en cours, ma STI2D m’a été refusée. J’ai donc dû aller en STMG (sciences et technologies du management et de la gestion), mon second choix, et abandonner le fait de faire de l’une de mes passions mon métier. Du moins, c’est ce que je croyais.

Un peu perdu, je me suis tourné vers des personnes qui ont toujours été bienveillantes avec moi : mes profs de sport. Je me souviens d’un moment en particulier qui m’a fait prendre confiance en moi. J’étais tout petit et du haut de mon mètre 45, pour 46 kg, le caïd de la classe m’a défié en boxe. Effrayé, j’ai évidemment refusé. Mais mon prof de sport de l’époque a insisté pour que je fasse ce combat, je l’ai écouté et le fameux caïd s’est retrouvé au sol devant toute ma classe. Ce prof m’a appris à avoir confiance en moi et à surpasser mes peurs. C’est lui et d’autres profs de sport qui m’ont poussé à aller en Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives). Ils m’ont donné l’envie de, à mon tour, partager ma passion du sport avec les générations futures. Je me suis dit que c’était une bonne idée de mettre à profit mon expérience en handball, badminton, boxe, ou encore football américain.

Pour les autres profs, Staps c’était mort

Je leur ai demandé quel parcours ils avaient fait pour accéder au poste qu’ils occupaient. Staps, je n’en avais jamais entendu parler. J’ai appris que cela se faisait à la fac et qu’il ne fallait pas faire de filière particulière, juste que la filière S préparait le mieux à cette formation. C’est bon, j’avais trouvé ce que je voulais faire de ma vie : prof de sport. Mais lorsque j’ai parlé de mon projet professionnel à mon prof principal et mes autres profs, ils ont tous eu la même réaction : que je ne pouvais pas aller en Staps avec un bac STMG, que les attentes n’étaient pas les mêmes…

En 2019, la spécialité Staps était la deuxième licence la plus demandée sur Parcoursup. Si toi aussi tu aimerais intégrer Staps, cours te renseigner sur le programme et les débouchés !

Au fil de l’année, les mentalités ont changé, ils m’ont encouragé dans ma démarche. Comment ? J’ai tout simplement fait une chose que je ne faisais pas avant : travailler. Cela peut paraître bête, mais je me reposais sur mes acquis. Alors que travailler un minimum chez moi m’a permis de passer de 10 à 13-14 de moyenne. Mes ambitions ont alors été prises au sérieux.

Je me voyais déjà travailler dans le BTP

Sur Parcoursup, je n’ai mis que deux vœux : Staps Rouen et Staps Nanterre. Mes profs et mes proches n’arrêtaient pas de me dire de mettre d’autres choix pour être sûr d’avoir quelque chose, mais je n’en faisais qu’à ma tête. Lors de l’ouverture des attributions Parcoursup, pas de refus, mais pas d’acceptation non plus. Nous étions plusieurs dans ce cas, à ne pas avoir d’école. Les jours ont passé, j’ai décroché mon bac avec mention assez bien. Une semaine après les résultats : toujours rien. J’étais le dernier de mon groupe d’amis à ne pas avoir d’affectation.

J’avais la pression. Je me suis fait à l’idée que je n’allais pas être pris et que j’allais donc devoir travailler avec seulement le bac. Je me voyais déjà sur les chantiers, dans le BTP, comme mon père faisait quand il était jeune. J’aime les travaux manuels, mais je ne me voyais pas du tout en faire mon métier.

La veille de la fermeture de la plateforme, j’ai reçu une notification de Parcoursup sur mon téléphone. J’ai failli ne même pas regarder, pensant qu’on allait me prévenir de la fermeture du service. Mais j’ai finalement ouvert l’application. L’UFR de Nanterre m’avait accepté pour 2019/2020 ! J’ai coché la case « oui » sans hésiter une seconde. Ça y est ! J’étais enfin pris en Staps, après de long mois de doutes et de pression constante.

Angélique aussi a dû prouver à ses profs qu’elle pouvait s’accrocher pour les études qui lui plaisaient. Sa réussite en bac techno, ses profs n’y croyaient pas.

Mais ce n’était pas fini. J’ai eu la fac que je voulais, mais maintenant, j’allais devoir travailler à fond pour mériter cette place tant attendue. Et, comme prévu, j’adore cette filière. Les sports qu’on pratique et les matières scientifiques étudiées sont vraiment intéressantes ! Le niveau sportif est assez haut, il faut tout donner pour avoir des bonnes notes. Je dois travailler sérieusement pour suivre mais ça me plaît : j’ai enfin l’occasion de faire de ma passion mon métier.

Deuxième année de Staps, direction prof d’EPS !

Ça a été une année un peu particulière : j’ai eu le droit aux grèves de décembre et à la Covid, mais j’ai validé mon année avec des partiels de second semestre en ligne. Je n’ai pas eu de difficultés particulières, il suffisait juste de rentrer dans le rythme de la fac et de travailler régulièrement. Il faut vraiment aimer ce qu’on fait surtout, c’est ce qui m’a le plus aidé cette année.

Je passe en deuxième année de Staps, et j’ai choisi la filière EM (Éducation Motricité) pour ensuite valider une licence EM et m’engager vers le Capeps (certificat d’aptitude au professorat d’éducation physique et sportive), diplôme qui me mènera vers le métier de professeur d’EPS je l’espère.

J’encourage toutes les personnes qui veulent tenter l’aventure Staps d’essayer, c’est une superbe expérience sportive et humaine. Je suis si fier d’avoir pu détruire tous ces préjugés et j’ai bien l’intention de le prouver encore en devenant professeur d’EPS.

 

Kyllian, 18 ans, étudiant, Mantes-la-Ville

Crédit photo Unsplash // CC Xuan Nguyen

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