Naissa

Naissa22 décembre 2018

Il n’y a qu’un seul remède à l’échec : Tenter une nouvelle action.

À l’hôpital, je suis service civique et débordée

Volontaire en service civique dans un hôpital, Naissa pensait être accompagnée. Elle s'est en fait souvent retrouvée seule à gérer l'arrivée des patients. Et n'a pas reçu de soutien pour son projet professionnel. Une expérience rude mais enrichissante.

Par Naissa22 décembre 2018

En février 2018, j’ai décidé de m’engager. De faire un break dans ma vie. Je voulais tout reprendre à zéro. Nous sommes tellement programmés à travailler à l’école depuis petit, que je n’ai même pas eu le temps de me poser et de réfléchir à ce que je voulais faire dans ma vie. Ni de me mettre des objectifs et réfléchir à pouvoir les franchir.

Alors je me suis lancée dans un service civique, dans un hôpital de la région parisienne. Ce secteur m’attirait. J’allais voir le fonctionnement d’un hôpital. Et je me disais que mes tuteurs seraient là pour m’aider à construire mon parcours professionnel.

Je n’ai eu qu’une semaine de formation

Ma mission : accueillir les patients aux traitement externes, ceux qui ne dorment pas à l’hôpital. J’ai été formée pendant une semaine avec une autre service civique qui finissait le mois suivant. J’ai appris sur le tas parce qu’une semaine, ça ne suffit pas.

Très vite, je me suis rendu compte que, sans les services civiques pour accueillir les personnes, c’était n’importe quoi. Dans mon service, les patients attendaient au moins trente minutes entre le moment où je les accueillais et le moment où on s’occupait d’eux. Et moi, je devais continuer à m’occuper des nouveaux qui arrivaient.

La plupart d’entre eux restaient dehors, car il n’y avait pas de place pour les faire patienter à l’intérieur. Je me retrouvais seule à devoir gérer. Ce n’était pas facile tous les jours… Les patients étaient souvent sur les nerfs. Certains s’en prenaient à moi quand je leur demandais de patienter.

Seule pendant plus de la moitié de mon service civique

J’en ai eue de la patience pour ne commettre aucune faute en m’adressant à eux. Je restais debout toute la matinée pour maintenir une bonne organisation de la file d’attente, prendre les tickets et appeler les personnes par leur numéro. Dis comme ça, ces tâches ont l’air assez simple, mais lorsque dix personnes arrivent d’un coup, qu’il ne faut pas oublier d’appeler celles encore à l’extérieur… On est vite débordé. Mais je me débrouillais. Je demandais aux patients à quel numéro j’en étais pour ne pas me tromper dans la liste d’appel.

Le fait d’être seule pendant plus de la moitié de mon service civique m’a fait ressentir des moments de solitude. En revanche, ça m’a fait travailler sur ma confiance en moi. Au bout de deux mois, je savais complètement m’affirmer. Je ne dépendais de personne et j’avais le total contrôle des allers et venues du service.

L’impression d’apprendre sur le tas

Outre cette organisation désastreuse, mon projet professionnel n’a pas vraiment évolué pendant mon service civique. Pourtant, on m’avait beaucoup vendu le service civique pour ça et j’en suis un peu déçue. Au début de la mission, j’avais l’impression que c’était donnant-donnant. Mais en fait, même si j’ai été payée durant ma mission, je trouve qu’il manquait quand même cet encadrement pour le projet pro.

J’ai pu faire un stage dans un des laboratoires de l’hôpital, mais ça ne m’a pas plu. Et j’ai compris que je n’irai pas bosser là-bas. J’avais l’impression que ma tutrice avait beaucoup de travail alors je n’osais pas faire le premier pas. Elle n’a jamais pris le temps de s’intéresser à moi. On avait à peine le temps de se dire « Bonjour ». 

D’une mission en service civique à l’autre, c’est le jour et la nuit ! Naomi s’est portée volontaire à l’AFEV (Association de la fondation étudiante pour la ville) : elle y a été formée, accompagnée, et a eu l’opportunité de développer ses propres projets.

Malgré tout, je garde un très bon souvenir de l’hôpital. J’ai rencontré des professionnels, des autres volontaires. Mais aussi des patients très bienveillants qui ont souvent illuminé mes journées. Grâce à eux, je me suis sentie quand même utile. J’ai surtout compris que je veux vraiment faire un métier pour aider les personnes dans le besoin.

 

Naissa, 19 ans, étudiante, Paris

Crédit photo Adobe Stock // ©  LIGHTFIELD STUDIOS

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3 réactions

  1. Ce n’est pas normal du tout. Tu t’es fait exploiter. Un service civique ce n’est ni un emploi ni un stage déguisé. Tu n’es pas censée être “débordée” et certainement pas être seule à t’occuper du service. Soutenir ce genre de faux “service civique, ça revient à entretenir à la fois la précarisation des jeunes (le service civique tend à se transformer en emploi déguisé mais sous-payé) et la précarisation des hôpitaux. Car, je ne sais pas quel est ton parcours mais, de toute façon, un service civique est censé être accessible à des jeunes sans aucun diplôme. Donc, si on laisse un jeune en service civique s’occuper seul d’un service, ça veut dire que potentiellement, il y a un jeune sans aucune formation pour s’occuper tout seul des patients. C’est flippant, ce que devienne les hôpitaux.

  2. J’ai été moi aussi en service civique mais avec une association où les membres faisaient des assemblées générales de temps en temps et ma tutrice était la seule employée de cette association. Le fait est que ce n’est pas une professionnelle que l’orientation donc au niveau de mon projet professionnel, elle a essayé de me donner une ou deux pistes mais sans plus. Elle ne savait pas quoi faire pour m’aider et moi non plus. On ne savait pas jusqu’où on pouvait aller pour ça donc rien n’a été fait. Je pense que les associations ne sont pas assez informées eux mêmes sur le service civique, ni aidées ou orientées. Pour ma part, je n’ai pas eu besoin de cette aide pour le projet professionnelle, mais c’est dommage quand même. Je n’ai pas ressentie aussi cette relation donnant-donnant.

  3. https://www.engagement.fr
    Si tu as des questions, n’hésite pas à me contacter 🙂