Farès F.27 janvier 2019

Je suis un jeune du 18ème qui fréquente une association du quartier (le LAI) qui m’aide pour mes futurs projets.

En mission humanitaire, j’ai pris conscience de ma chance

À 16 ans, Farès est parti, avec une asso de quartier, aider à bâtir un mur dans un petit village marocain. Cette expérience de l'entraide lui a fait prendre du recul sur son propre quotidien.

Par Farès F.27 janvier 2019

Hiver 2018. Je suis partie une semaine avec le LAI [Lieu d’Accueil Innovant] à Marrakech pour un chantier humanitaire. On était neuf de mon âge et deux animateurs. Je me suis préparé un mois à l’avance. Je ne faisais que parler de ça. Le jour J est arrivé. En arrivant, surprise : nous étions en banlieue, dans un Ryad à 40 minutes de la ville.

Le premier jour, nous sommes allés visiter le village et l’école que nous allions aider à rénover. On est montés à dix à l’arrière d’une Mazda. L’école était un peu au milieu de nulle part. Avec des profs bénévoles. Les élèves venaient de plusieurs villages, parfois loin. Ils étaient tous souriants. Pourtant, ils étaient à plaindre.

Pour aller à l’école, certains devaient marcher des kilomètres ! Ils ne mangeaient pas à leur faim. Ils partageaient à 26 élèves une salle de classe d’à peu près 20 mètres carrés. Ils jouaient avec des pierres, des canettes, des fils de fer. Les plus grands travaillaient aux champs avec leur père. Ils se nourrissaient tous de leurs récoltes.

J’ai vraiment eu l’impression de les aider !

On aurait dit que là et Marrakech, ce n’était pas le même pays ! Les villageois n’avaient pas d’argent, mais ils voulaient juste notre aide. Alors qu’en ville, ceux qui avaient déjà de l’argent n’en voulaient qu’à notre argent. Ils augmentaient les prix pour nous. Il fallait marchander.

Au village, c’était comme la même famille. Ils se parlaient tous. C’est sans doute le fait d’être dans la même galère. Et c’était un accueil chaleureux. Tous les jours, le chef du village, qui était aussi le directeur de l’école, faisait 30 minutes de mobylette pour amener de la nourriture cuisinée par sa femme.

En France aussi il y a des quartiers où les gens sont solidaires. C’est les quartiers pauvres. C’est ça en fait !

Ce chantier humanitaire m’a appris plus que prévu. J’ai pris conscience de la chance que j’avais. J’ai vraiment eu l’impression de les aider. Même si c’était dur. C’est ça la solidarité. C’est quand on s’entraide qu’on avance le plus.

 

Farès, 17 ans, lycéen, Paris

Crédit photo Flickr // CC Vince Millett

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