Valentin B.

Valentin B.30 mars 2018

Jeune diplômé en com', j'habite dans le nord-est parisien.

J’ai été dégoûté de mon parti politique

Encarté dans un parti politique pendant des années, Valentin s'est rendu compte que ça ne lui convenait pas. Il ne voulait pas jouer le bon militant, alors il a foutu le camp !

Par Valentin B.30 mars 2018

En m’engageant chez Voxe.org, j’ai souhaité participer à la chose politique sans prendre parti.

Intéressé par la politique depuis mes 15 ans, j’ai fini par m’encarter à 18 ans pour militer pour un mouvement dans les rues du Nord-Est parisien. La politique était, selon moi, un moyen de se montrer, de s’affirmer, de prendre confiance en soi. Cela s’est fait par les tractages, les échanges avec les militants des autres partis mais aussi les camarades avec qui on n’est pas d’accord. Les collages la nuit avec les risques des mauvaises rencontres, les manifestations, les meetings qui nous permettaient de nous retrouver…

Tout cela m’a permis de parler, de me renforcer, de discuter. Pour moi, militer en politique, c’est comme participer à un match de boxe intellectuel. Un combat d’idée avec les paroles. Il y a des stratégies à adapter selon les situations : dois-je l’écraser ? Dois-je y aller tranquillement ? A défaut de gagner, comment faire « match nul » ? Le but est de débattre, d’échanger des arguments comme des coups tout en étant constructifs et agréables. Je retrouvais dans le militantisme politique la volonté d’être dans l’arène, dans le ring pour combattre, m’améliorer, me dépasser… Au fond, pour moi, militer, c’était lutter !

Engagé mais plus jamais encarté !

Et puis, au bout de quatre ans de militantisme, je me suis intéressé à autre chose. Mes idées ont évolué et mes priorités aussi. Je ne voulais plus être encarté mais devenir un militant « anarchiste » : quelques meetings, manifs… Mais cela ne m’intéressait plus. Cette lassitude a pris racine dans le fonctionnement même du parti. Nous devions jouer les bons militants : calculer nos fréquentations pour ne pas être mal vus, avoir un look BCBG (alors que l’on visait un public plutôt populaire). Et je ne parle même pas des ragots (“Untel a dit ça, machin a fait ça…”), on était un peu éloignés du combat d’idées il faut l’admettre. L’ambiance devenait abjecte. Il fallait faire attention à tout : respecter les sujets tabous, ne pas dire les problèmes qu’il y avait au sein de l’équipe… et ne pas trop en demander au responsable !

Il nous rencontrait tous les samedis. Une fois, je lui ai posé une question sur le « vivre ensemble », sachant que dans le quartier où je vis, à très fort population immigrée, il s’agit plus de cohabitation qu’autre chose ! Par un tour de passe-passe assez costaud, il est passé d’un sujet qui n’est pas très agréable à traiter (soyons honnête) à la question du logement social. Il n’avait pas répondu à ma question. J’attendais une réponse qui traiterait des relations humaines et il me parlait de politique publique et d’administration ! L’humain, la question citoyenne, et même la République, tout ça n’était, pour lui, qu’une grosse question administrative !

Avant la présidentielle de 2017, William ne voulait pas attendre les politiques pour agir. Son engagement était aussi citoyen : à l’AFEV Toulouse !

Je ne voulais plus que mon nom soit associé à une couleur politique, je voulais retrouver une forme d’anonymat, même si je ne suis pas du tout connu sur la scène politique. Disons que c’est un anonymat personnel que je souhaitais retrouver. Mais mon intérêt pour la politique restait intact !

C’est en lisant un article sur la politique que j’ai pris connaissance de Voxe.org et de la Civic Tech. Ils font de la politique non-partisane et c’est ce que je recherchais : partager la politique sans prendre parti. Ne plus prendre parti pour un camp, mais présenter ce que j’ai vécu pendant des années.

 

Valentin, 28 ans, bénévole chez Voxe.org, Paris

Crédit photo Flickr // CC Ariel Aras

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