Morgane B.

Morgane B.25 juin 2019

Je suis actuellement étudiante en DU PaRéO à Paris Descartes. Dans la vie, ce que j’aime, c’est le dessin, surtout les mangas.

Ma sœur se faisait harceler et avec ma famille, on n’a rien vu

Il a fallu que je surprenne ma soeur en train de pleurer pour qu'elle décide de tout déballer : le collège, les insultes, le harcèlement. Aidée par nos parents et par moi, elle a pu faire face.

Par Morgane B.25 juin 2019

J’ai toujours été proche de ma sœur. On se disait tout. Quand elle avait 10 ans, j’en avais 13. Quand elle était en sixième, j’étais en troisième.

Pendant ses années de CM2 et de sixième, elle a commencé à arrêter de manger, à être souvent énervée pour rien. Ça ne lui ressemblait pas. D’habitude, c’était une fille souriante, mais un peu chiante quand même, une sœur, quoi.

D’un coup, tout ça s’est arrêté : elle faisait des crises, elle faisait semblant d’être malade pour pas aller en cours, elle a aussi arrêté de travailler. Ah oui, j’ai pas précisé que c’était une très bonne élève, à la base. J’ai vraiment mal vécu cette période, on rigolait même plus ensemble, c’était triste dans la maison. On se posait tous des questions sur ce qui se passait dans sa tête. C’est à ce moment-là que mes parents ont essayé de lui parler, mais rien.

Un soir, alors que je traînais sur Netflix, je l’ai entendue pleurer dans sa chambre. Je suis allée la voir, elle m’a à nouveau dit que tout allait bien. Après lui avoir répondu que je l’avais entendue, elle a fondu en larmes, en me disant « j’en peux plus ». Vous imaginez, vous, votre sœur ou votre frère qui vous dit ça les yeux remplis de larmes ?

Elle avait honte de demander de l’aide

Elle a fini par me raconter tout ce qui lui arrivait depuis un an : ça avait commencé dans la cour de récré, simplement, avec des petites moqueries pas méchantes, des trucs d’enfants. Mais les moqueries se sont répétées. Puis, les deux ou trois filles qui se moquaient se sont transformées en un groupe d’une dizaine d’élèves qui se réunissaient en trouvant n’importe quel prétexte pour se moquer, ou encore la bousculer et la rabaisser devant tout le monde. Ensuite, ce qui se passait seulement au sein de l’école l’a suivie jusqu’à la maison, qui était jusque-là le seul endroit où elle pouvait s’échapper. Elle m’a montré certains messages d’insultes reçus sur les réseaux sociaux, anonymement, pour lui dire de « crever » par exemple. Elle m’a expliqué que c’était devenu habituel. Et forcément, au collège, j’ai rien vu : quand j’étais là, rien ne se passait et je ne la surveillais pas non plus.


Des élèves médiateurs pour lutter contre le harcèlement scolaire, c’est une nouvelle initiative et ça se passe à Saint-Ouen ! Un reportage France Info. 

J’ai tellement eu mal pour elle en l’entendant. Le pire, ça a été quand elle m’a dit qu’elle ne savait même pas pourquoi elle se levait le matin, qu’elle se sentait vide, seule. En fait, elle venait de me dire clairement que depuis un an, elle se faisait harceler sans jamais nous en avoir parlé. Quand je lui ai demandé la raison pour laquelle elle nous avait caché ça, elle m’a regardée, toujours en pleurant, en me répondant qu’elle avait honte, honte d’avoir besoin de demander de l’aide et peur que ça soit pire par la suite.

La voir comme ça, ça m’a fait vraiment mal

Forcément, j’en ai parlé à mes parents qui ont tout fait pour arranger les choses. Ils ont commencé par prévenir l’école de ce qui se passait. L’école a, à son tour, prévenu les parents des personnes qui la harcelaient. L’école a également interdit à cette bande d’élèves d’adresser la parole à ma sœur.

Dès que j’ai su ce qu’il se passait, j’ai pu surveiller et elle, elle savait qu’elle pouvait venir me voir s’il se passait le moindre truc. Avec ma famille, on a dû être là pour elle : lui parler, mais surtout l’écouter. Qu’elle sente qu’on était là pour elle et qu’elle n’était pas seule. C’était le plus important.

La voir comme ça, ça m’a fait vraiment mal, de voir à quel point on peut détruire une personne et la changer.

Après avoir subi du harcèlement tout au long de sa scolarité, Nour est tombée en dépression à la fac. Aujourd’hui, elle regrette d’avoir attendu si longtemps avant d’en parler. Le harcèlement scolaire, ça passe ou ça te casse…

Mais bon, au fil des mois, elle a commencé à aller mieux, à se reconstruire. Au début, elle avait toujours cette boule au ventre en allant à l’école. Au bout de quelques temps, elle a compris qu’elle n’était pas toute seule, qu’elle avait des amis, une famille pour l’entourer. De plus, le harcèlement ayant cessé, elle a pu retourner à l’école et recommencer à s’épanouir sans craindre de se faire humilier.

Par contre, je peux pas m’empêcher de me demander jusqu’où elle aurait pu aller si, ce soir-là, je ne l’avais pas entendue pleurer ?

 

Morgane B., 17 ans, étudiante, Guerville

Crédit photo Visualhunt // CC Send me adrift.

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3 réactions

  1. Moi aussi aux collège j’étais harcelée insultée et rackettée, m’a mère à pu voir lorsqu’elle m’a surpris en train de lui voler de l’argent. Quelle honte j’ai pu avoir. De là, je lui ai expliqué ce qui ce passait, elle a été voir le directeur mais sourdes oreilles. Ma mère a été à la police ils sont venus au collège pour gronder les enfants que si ils continuaient c’était là prison et du coup ça s’est calmé. J’avais 12 ans.

  2. C’est émouvant, et malheuresement très fréquent. J’ai moi même été harcelé, frappé et raqueté. Dû a ceci je n’avais plus l’envie de vivre plus rien n’arrivais à me remonter le moral je m’embrouillais toujours avec mes parents je pleurais tout les jours, jusqu’à craqué au collège. Ça a duré 1 et demi voir 2 ans là ça va mieux mais j’y repense sans cesse et cela a déclencher des choses qui ne serai pas arriver si j’avais agis plus tôt.

  3. Jai été harcelé en 4 ème 3 ème et mes 2 années de seconde.car j’avais défendu une fille tabassé dans les vestiaires.et ça m’a suivi les autres années.bousculades,jets e boulette en classe , menaces.je fuyais l école.les profs voyaient mais disaient rien.il à fallu que j’en parle à mes parents pour qu’il attrape le directeur qui menacent les filles d’exclusion pour q ça s’arrête