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ZEP4 juin 2020

On compile, on interroge, on résume. Parce que, parfois, nous aussi on a des choses à vous dire !

Violences policières : du contrôle à la bavure, c’est notre quotidien

En banlieue, les jeunes subissent les violences policières de plein fouet. Malik, Yasmine et Jeremy sont tous les trois noir.e.s et ils nous racontent comment elles impactent leur quotidien.

Par ZEP4 juin 2020

À la ZEP, on relaie des témoignages, des histoires, des vécus, mais parfois on les compile ! Bienvenue sur Sample, le podcast qui mélange, superpose et confronte les voix des jeunes pour donner à entendre notre société. Aujourd’hui, on vous propose d’aller en voir une que l’on refuse trop de voir : celle des violences policières.

Car oui, c’est une société à elle toute seule, avec ses victimes, ses bourreaux, ses témoins impuissants et son système qui lui permet de se pérenniser. Moi, c’est Amadou. Et avec Jeremy, Yasmine et Malik, on va vous partager le quotidien de milliers de jeunes en France.

Toutes nos créations sont disponibles sur les plateformes de podcast : Spotify, Apple podcast, Deezer, SoundCloud, Acast et Youtube.

« Il y a un policier qui a essayé de m’intimider. Ça n’a pas marché et il m’a mis une gifle. Je n’ai pas compris pourquoi: Je lui ai demandé: “Monsieur, pourquoi vous me giflez ?” Il m’a dit : “Si tu continues encore à parler, je te ramène derrière le bâtiment et je m’occupe de toi.” » Jeremy

C’est exactement ce qui est arrivé à Sofiane, un habitant des Ulis, le 24 mars 2020. La police l’a tabassé sous un porche après un contrôle. Je me souviens encore regarder la vidéo de son agression de mon lit. D’autant plus que moi, ça ne m’est jamais arrivé : je n’ai jamais vécu dans une banlieue, ni vécu une bavure. J’ai déjà eu des baceux qui m’ont insulté et ont eu une attitude irrespectueuse, mais c’était juste une fois. Alors que pour un bon nombre de jeunes en banlieue, c’est toutes les semaines.

« Les policiers, je ne les ai jamais vus comme des héros ou des protecteurs. Quand Zyed et Bouna sont morts, assassinés par la police en 2005, j’avais 8 ans et j’ai vu mon quartier s’embraser comme jamais. Cette haine, cette soif de justice, sans la comprendre parce que je n’étais pas politisée à l’époque, je l’ai ressentie quand même. » Yasmine

Moi à 8 ans, je me préoccupais plus de qui m’avait volé mes billes… Je me suis toujours demandé pourquoi certains jeunes vivaient une enfance si différente de la mienne. Et pourtant, je n’ai jamais été très aisé. Mais peut-être que la problématique n’est pas tant celle de la richesse que celle du territoire, ou la couleur de peau.

« Si t’es musulman, noir, arabe, que t’es dans la rue et que tu vois les keufs, ça te passe, tu le sais, tu le sens. Alors que si tu viens de Paris, t’es un petit blanc, tu vois les keufs, tu ne calcules même pas. Un renoi, il va croiser trois fois les keufs, il va le savoir. Il va dire : “Aujourd’hui, j’en ai croisé trois.” » Malik

En 2017, le média Streetpress a sorti une enquête et a révélé qu’en dix ans, alors que 47 personnes sont mortes à cause des violences policières, aucun fonctionnaire n’a fini en prison. Des non-lieux, des classements sans suite, du sursis, mais jamais de la prison ferme. Alors que Amadou, Adama, Bertrand, Lamine, Pierre, Babacar, et beaucoup trop d’autres encore, eux, sont morts. Alors comment on fait ? Comment on brise le cycle ?

Ousmane a 16 ans et il a déjà subi quatre contrôles de police. La seule raison ? Il est noir. Pour lui, les contrôles au faciès, c’est déjà la routine…

Sample. Un podcast qui mixe la parole des jeunes pour une meilleure écoute de notre époque.

 

Merci à Malik, Yasmine et Jeremy, 17 ans, lycéens, Noisy-Le-Sec

Illustration © La ZEP // Yasmine Mady

Réalisation et interviews : Amadou Sall et Elliot Clarke

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