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Malaurie P.16 juin 2019

J’ai deux galères pour m’évader de ma campagne : les transports… et ma mère

Depuis mon petit hameau près de Rambouillet, pour moi, bouger, c'est un parcours de la combattante ! Et ma mère n'arrange rien...

Par Malaurie P.16 juin 2019

J’habite un petit hameau près de Rambouillet, à l’ouest de Paris. Autour, on ne trouve que des champs, de la forêt, et un vieux terrain de basket qui ne demande qu’à être rénové ! Mon hameau n’est pas desservi par les transports, et la ville la plus proche pour prendre le bus est à 35 minutes à pied.

Pour aller au lycée, c’est un parcours du combattant : je dois prendre un taxi à 7h25, puis attendre 15 minutes à l’arrêt d’une petite ville pour prendre le bus jusqu’à Rambouillet. Quand je commence à 9h30, c’est ma mère qui m’amène, mais quand elle travaille, je suis obligée de faire le trajet à pied. Le soir, c’est la même histoire, mais le plus souvent, je rentre à pied. Pour aller à Paris, c’est pire ! Ma mère m’emmène carrément à la Verrière, une gare à 30 minutes de ma campagne en voiture, puis on prend le train jusqu’à Paris.

Mais en fait, le pire, c’est pas les transports. Le pire, c’est ma mère.

Ma mère joue un peu le rôle de garde du corps

À chaque fois que je demande une sortie loin de cet endroit paumé où j’habite, elle s’affole et pose des questions du style : « Avec qui tu y vas ? », « À quelle heure vous rentrez ? », « Comment vous y allez ? », « Tu prendras ton téléphone ? », « Y a t-il des parents avec vous ? » Ma mère joue un peu le rôle de garde du corps. Elle ne veut pas que je me retrouve seule dans un coin perdu d’une grande ville, de peur qu’il m’arrive quelque chose. Elle s’imagine des tas de choses… « T’imagines ce qui peut t’arriver si tu t’embarques là-dedans ?! » Parfois je n’arrive pas à la faire changer d’avis.

Parfois, elle craque car elle voit que j’y tiens vraiment. Et… c’est à ce moment-là que le problème des transports me rattrapent. Au moment où j’avais enfin réussi à convaincre ma mère ! J’ai deux batailles : réussir à sortir de ce coin paumé en ayant l’accord de ma mère puis essayer de prendre un train pour aller dans une grande ville comme Paris.

Impossible de se passer de voiture dans une ville où les transports en commun n’existent pas ! Thomas le sait bien, c’est l’éternel passager ! Mais ça va changer.

Quand je vois mes copines à Paris, je n’ai qu’une envie, c’est de me joindre à elle. Souvent, je pense à toutes les sorties que je rate à cause de ma mère et de cette foutue ligne de réseau urbain qui passe dans mon bled. Si j’habitais à Paris, je suis sûre que ma mère serait beaucoup plus indulgente. Même si elle fait des efforts : elle essaie toujours d’organiser une sortie avec moi le jour où mes amies avaient prévu de sortir. Mais entre elle et la galère des transports, elle restera toujours la numéro 1. En tout cas, jusqu’à mes 18 ans, et le permis qui me permettra de ne plus dépendre de ces foutus transports…

 

Malaurie, 15 ans, lycéenne, Mainguérin

Crédit photo Unsplash // CC Martin Reisch

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5 réactions

  1. Merci Malaurie P. et à ++

  2. Eh oui Malaurie, c’est normal que ta maman te pose toutes ces questions, tu n’as “que” 15 ans, elle se soucie de toi et de tes fréquentations. Car elle a eu aussi 15 ans, elle connait les tentations auxquelles tu peux être confrontée. Et quand tu auras un enfant tu seras comme ta maman, et c’est normal. Allez courage, moi aussi j’avais hâte d’avoir 18 ans, mais maintenant que je suis “grande” je comprends tellement mes parents.

  3. Je comprends parce que je suis du coin de Rambouillet à peu près, je suis a 20 minutes de la gare à pied et quand j’avais 15 ans ma mère voulait appeler les mères de mes potes pour les soirées.. Sur le moment je me demandais pourquoi elle me laissait si peu de liberté, surtout quand je comparais ma vie par rapport à mes potes qui habitaient à côté de la verrière, pour aller a paris ( où juste a Sky hein toi même tu dois connaître) c’était toujours une Galère monstre… Car elle ne voulait pas que je prenne les transports toute seul car mes potes n’habitaient pas à la même gare et vers chez moi alors rentrer toute seule était inenvisageable pour sa fille. Maintenant que j’ai 21 ans j’ai pu en discuter avec elle et on a pu parler de cette peur, peur avec qui je pouvais bien me trouver car elle ne connaissait pas tous mes potes mais surtout peur que je me trouve dans de mauvaises situations. Quand on a 15 ans aux yeux de nos parents on est des enfants, ils essaient de s’intéresser à nos vie et à ce moment-là on pense surtout que c’est pas forcément dans notre sens… Mes 15 ans ce n’était pas y’a si longtemps que ça mais avec le temps on se rend compte que pour eux c’est trop dur de voir des enfants sortir sans connaître leurs vie. J’arrive tout à fait à comprendre que ce soit difficile à comprendre mais 15 ans c’est si jeune pour eux, j’ai pas eu le droit d’avoir un scoot, c’était une horreur, j’avais que deux potes dans ma ville c’était trop limité pour moi… Mais finalement ça passe tellement vite que je ne m’en rends même plus compte maintenant, je rentre toute seule (et finalement c’est moi qui ai plus peur qu’eux xD) mais le temps passe si vite et essuie les blessures de mes 15 ans, quand j’étais encore persuadée que mes parents voulaient juste me garder pour eux, alors qu’ils avaient juste peur pour moi.

  4. Oh je crois que je commence à comprendre alors , et je suis si contente que mon histoire intéresse quelques personnes à écrire en commentaire et donner leurs avis sur ce qu’il m’arrive

  5. Je suis maman de 2 enfants de 2 et 13 ans et je comprends tellement ta maman. Dis toi bien qu’elle ne veut pas t’empêcher de vivre ou de t’amuser mais elle a peur qu’il t’arrive quelque chose.
    Tu as seulement 15 ans. Pleins de choses se passent dans ton corps et dans ta tête mais tu es encore très vulnérable. Ta mère veut te protéger et c’est une chance. Certains parents ne s’inquiètent pas assez de leurs enfants.
    Peut être que tu ne le perçois pas comme ça mais si ta maman fait ça c’est parce qu’elle t’aime et qu’elle ne veut pas qu’il t’arrive quelque chose.
    Je sais que mon fils de 13 ans va vouloir sortir et s’émanciper dans quelques années et j’en suis déjà malade. Ce n’est pas que je n’ai pas confiance en lui, c’est des autres dont j’ai peur.